
« J’ai vraiment été sonné, j’ai pris une claque dans la gueule », déclare Jordan De Luxe
27 mars 2026
L’Inde réduit les taxes sur les carburants pour protéger les raffineurs de l’impact de la guerre en Iran
27 mars 2026pourquoi les prix des carburants sont un dossier hautement inflammable pour le gouvernement – franceinfo
Analyse : Voici quelques points à considérer selon notre équipe éditoriale.
Selon notre équipe, l'article intitulé « pourquoi les prix des carburants sont un dossier hautement inflammable pour le gouvernement – franceinfo » mérite un regard attentif.
Points clés à connaître
Alors que les tarifs de l’essence et du diesel ne cessent d’augmenter depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, l’exécutif refuse de déployer des aides publiques généralisées ou une baisse de la fiscalité, comme le réclament les oppositions et certains professionnels.
Une hausse sans discontinuer. Depuis le début de la guerre au Proche-Orient le 28 février, le cours du pétrole ne cesse d’augmenter, et avec lui le prix des carburants à la pompe. Appelé à baisser les taxes ou à bloquer les prix par les oppositions, le gouvernement de Sébastien Lecornu est sous pression sur ce sujet sensible.
Depuis un mois, l’exécutif défend son choix de ne pas débloquer d’aides publiques, comme certains voisins européens, et de recourir à d’autres mécanismes, ciblés sur les filières professionnelles, pour tenter d’épargner le budget des Français. Une position difficile à défendre tant les effets concrets se font attendre.
A tel point que le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a fini par déclarer jeudi sur RTL que des aides pour les « gros rouleurs » seraient dévoilées dans « les tout prochains jours ». Le gouvernement doit ainsi préciser les détails de plusieurs mesures ciblées dans le temps et pour certaines filières vendredi 27 mars.
C’est que le dossier est géré comme le lait sur le feu par le gouvernement, dans un pays où la grogne des « gilets jaunes » est née d’un mécontentement face à la hausse des prix à la pompe, et alors que les questions liées aux transports sont considérées comme « socialement inflammables », selon les mots d’un ministre. « Avec ce sujet, Sébastien Lecornu sait très bien qu’il marche sur des œufs », glisse un membre du gouvernement. Des réunions avec les services du ministère de l’Economie et des Finances sont organisées tous les jours, rapporte une source gouvernementale à franceinfo. De nouveaux arbitrages des services de Matignon sont attendus pour la fin de semaine.
Selon un sondage pour BFMTV publié le 18 mars, 81% des Français se disent inquiets de la situation internationale, « dont 32% très inquiets ». Mardi après-midi, Roland Lescure a assuré qu’un « choc pétrolier » menaçait l’économie : « L’hypothèse d’une crise passagère n’est malheureusement plus d’actualité », a déclaré le ministre de l’Economie devant la commission des finances de l’Assemblée nationale. « Il a beaucoup énervé la présidence avec ses mots », relate une ministre.
« On doit rassurer et le ministre de l’Economie parle de ‘choc pétrolier’… A l’Elysée et Matignon, ils ne savent pas comment gérer le bordel. Il leur a tout bousillé, tu ne peux pas rattraper ça. »
Une ministre du gouvernement Lecornuà franceinfo
Mercredi matin, en Conseil des ministres, Emmanuel Macron a indirectement réagi aux propos de Roland Lescure. « En substance, il a dit de parler de la situation, de dire les choses, mais de ne pas les caractériser », raconte un ministre présent.
Dans la foulée de la réunion, le ministre de l’Economie a dit « regretter » ses propos, en soulignant que l’expression s’appliquait « à la situation internationale et en aucun cas à la situation française ». « La France, elle, est mieux préparée, moins exposée (…) que ses voisins européens, et, a fortiori, évidemment que les pays asiatiques, qui sont directement concernés », a-t-il mis en avant lors du compte rendu du Conseil des ministres.
Ce rétropédalage en forme de précision n’a pas calmé les oppositions, qui ne cessent de pilonner le gouvernement depuis plusieurs semaines. Mardi et mercredi, Sébastien Lecornu et ses ministres ont été chahutés sur la question du prix des carburants. Lors du débat sans vote organisé à l’Assemblée nationale sur la situation au Moyen-Orient, chaque groupe parlementaire a pu présenter ses pistes pour juguler la crise. A gauche, La France insoumise demande le blocage des prix, tandis que le PS est favorable à un geste sur la fiscalité. De l’autre côté du bloc central, Les Républicains veulent aussi diminuer les taxes, tandis que le Rassemblement national réclame une baisse de la TVA sur ces produits.
Face à ces pressions pour aider les ménages et les entreprises, le gouvernement se refuse à faire ce qu’il avait fait lors de la précédente crise énergétique. Un « quoi qu’il en coûte » sur les carburants n’est pas d’actualité. Entre avril et décembre 2022, il avait par exemple opéré des ristournes à la pompe, non ciblées, allant de 10 à 30 centimes d’euros par litre. Ces remises avaient profité davantage aux ménages aisés, qui sont les plus gros rouleurs, selon une étude de l’Insee parue en juillet 2023.
« A l’époque, quand le gouvernement a fait la politique des chèques, tous les économistes s’accordaient à dire qu’il fallait répondre de manière puissante et massive, car l’économie était encore convalescente après le Covid-19 », retrace un conseiller de l’exécutif. Il rappelle également qu’après le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022, il y avait une « vraie rupture d’approvisionnement en gaz, en plein hiver, avec un parc nucléaire au ralenti ». « Aujourd’hui, la situation est totalement différente », poursuit la même source.
La situation dégradée des finances publiques est l’un des facteurs qui a poussé le gouvernement à rester mesuré. « On est sur une ligne de crête, entre une gestion rigoureuse des finances publiques et des aides ciblées à ceux qui en ont besoin », résume le même conseiller.
« On ne peut plus faire le ‘quoi qu’il en coûte’. »
Une ministre du gouvernement Lecornuà franceinfo
Hasard du calendrier, le chèque énergie sera versé aux ménages les plus précaires à partir du 1er avril. Cette aide annuelle ne concerne pas le carburant mais elle allègera les factures de gaz et d’électricité des plus modestes, souligne une source gouvernementale. Mais les oppositions voient d’un très mauvais œil la point de vue de l’exécutif. « L’Etat, en ce moment, profite de cette hausse de prix, l’Etat s’en met plein les poches » grâce à la fiscalité en vigueur sur le carburant, a estimé le député Sébastien Chenu, vice-président du RN, sur franceinfo.
Pour le moment, l’exécutif a privilégié le dialogue avec les distributeurs. Dès le 5 mars, il leur a demandé de faire des efforts sur leurs marges. Cette semaine, les ministres de l’Economie, de l’Energie et de la Transition énergétique ont écrit aux raffineurs pétroliers pour les inciter à augmenter leur production dans l’espoir de baisser les prix à la pompe. Le gouvernement a également misé sur le déblocage de 400 millions de baril de pétrole issus des stocks stratégiques de l’Agence internationale de l’énergie pour « détendre les prix ». « Mais ce n’est pas suffisant », déplore une ministre, deux semaines plus tard.
Puis l’exécutif a annoncé lundi des aides sectorielles indirectes, pour soulager la trésorerie des agriculteurs, des pêcheurs et des transporteurs routiers, dont l’activité professionnelle est particulièrement touchée par cette flambée des prix du pétrole. Concrètement, les professionnels de ces secteurs pourraient échelonner le paiement de leurs cotisations sociales et obtenir des délais de paiement ou des prêts.
« Des mesurettes », ont déjà réagi deux organismes de représentants des pêcheurs. « Pour l’instant, nous ne voyons aucune efficacité », a réagi la Fédération nationale des transporteurs routiers auprès de franceinfo. Le syndicat agricole FNSEA doit quant à lui exprimer son mécontentement lundi, lors d’un rendez-vous à Matignon. « On met peut-être un peu plus de temps à faire des annonces, car il faut réfléchir à de nouvelles solutions, plus adaptées », défend une conseillère ministérielle.
Dans ce contexte, la question de déployer des mesures plus efficaces se pose alors que l’incertitude demeure sur la durée de la flambée des prix à la pompe. Un casse-tête se profile pour le gouvernement qui planche déjà sur le budget 2027, après avoir très péniblement fait adopter le précédent.
« Evidemment, cette situation ne doit pas durer car sinon il faudra baisser les taxes et il y aura un effet dévastateur pour le budget : tenir la barre des 5% de déficit sera impossible. »
Une source gouvernementaleà France Télévisions
« Il faut remettre à plat la fiscalité des énergies, mais ça ne peut pas se faire en pleine crise, d’autant qu’à plus long terme, on doit sortir des incitations aux énergies fossiles », abonde la députée macroniste Olga Givernet, ancienne ministre chargée de l’Energie. « Dans un second temps, on pourra identifier si la hausse des prix du carburant a réellement entraîné un excédent de recettes fiscales pour l’Etat et voir comment le redistribuer. »
Quant à la durée du blocage du détroit d’Ormuz, l’exécutif se prépare « à tous les scénarios », selon une source gouvernementale. « Chaque tweet de Donald Trump peut faire fluctuer les cours du pétrole, le marché est très volatil. » « On ne sait pas combien de temps ça va durer et jusqu’où ça va aller. C’est anxiogène, mais ça a un côté honnête », assure un ministre interrogé par franceinfo. D’où la nécessité pour Sébastien Lecornu de ne pas griller toutes ses cartouches trop rapidement.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : L'équipe continuera de fournir des mises à jour régulières.

9999999/2026/03/26/69c562160bc23692682083.jpg?w=1200&resize=1200,480&ssl=1)
