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Un regard éditorial sur « Hongrie : les enjeux des élections législatives du 12 avril 2026 » pour mieux comprendre l'article.
Ce qu’il faut observer
Premier ministre de 1998 à 2002, puis depuis 2010, Viktor Orbán est en mauvaise posture politique. Son adversaire, Péter Magyar, député européen de centre droit, le devance dans les sondages et il dénonce une corruption généralisée autour du cofondateur national-conservateur et de droite populiste du mouvement Fidesz-Union civique hongroise (Fidesz-MPSZ).
28 milliards d’euros de marchés publics ont été empochés par les proches de l’actuel Premier ministre, a révélé cette semaine le Financial Times. Et Viktor Orbán, qui fait campagne, lui, contre les risques de la guerre en Ukraine, n’arrive pas à remobiliser sa base électorale.
Entretien avec Paul Gradvohl, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Le Premier ministre ultra-conservateur joue donc sur la peur de la guerre en Ukraine. Pourquoi cet argument là ne fait-il pas mouche auprès des électeurs en Hongrie ?
Cet argument de la peur a été utilisé dans un contexte différent, notamment en 2022. Cela fonctionnait parce qu’Orbán avait réussi à faire croire que, grâce à la Russie, la Hongrie pourrait avoir accès à une énergie moins chère. Mais depuis 2022, il s’est avéré que la Hongrie n’achetait pas ses hydrocarbures à un prix plus bas. Or, Orbán est passé à une autre phase. Il évoque la menace de voir, demain, si Peter Maillart prend le pouvoir, des soldats hongrois intégrés à l’armée ukrainienne et combattant sur le front contre la Russie. C’est donc une propagande parfaitement mensongère. Mais ici, le mensonge est plus visible que lorsqu’on parle des prix des hydrocarbures. Il y a aussi l’usure. Cela explique cet échec.
Et la chute de popularité de Viktor Orban inquiète notamment Moscou et Washington. Comment la Russie, l’administration Trump, s’implique-t-elle dans la campagne pour les législatives du 12 avril en Hongrie ? Comment Moscou et Washington tentent de peser sur ce scrutin ?
D’abord, il existe des points communs entre Moscou et Washington, en lien avec Viktor Orbán. Des deux côtés, il est vu tout à fait officiellement comme un excellent chef politique, un modèle d’autoritarisme à saluer : un homme favorable au contrôle des médias, opposé au droit des femmes à disposer de leur corps, pour l’autorité masculine, bref, un modèle pour eux et quelqu’un qui travaille très bien avec eux.
Vous avez remarqué que la Hongrie est membre du fameux Haut Conseil de la paix, censé régler non seulement les affaires de Gaza, mais l’ensemble des conflits du monde, sous l’égide très personnelle de Monsieur Trump. Vous avez aussi remarqué que le ministre des Affaires étrangères hongrois a été pris la main dans le sac en communiquant des informations confidentielles liées au sommet européen. Donc, tant les États-Unis que la Russie de Monsieur Poutine sont très intéressés par le maintien de Viktor Orbán au pouvoir, d’autant plus qu’ils n’ont aucune prise sur son éventuel successeur.
Et a contrario, si le chef de l’opposition, Peter Magyar remporte effectivement les législatives du 12 avril, est ce que ce sera la fin d’une porte d’entrée de la Russie des conservateurs étasuniens au sein de l’Union européenne ? Ou bien existe-t-il d’autres pays qui freinent, par exemple l’aide à l’Ukraine au sein des 27 ?
Il faut répondre en deux temps. Premièrement, Monsieur Vance est attendu pour participer à la campagne électorale dans la dernière semaine aux côtés de Monsieur Orbán. Deuxièmement, l’engagement russe est telle qu’une nos experts russe, déjà intervenue dans les élections moldaves et dans les élections roumaines, a cette fois-ci été accueillie sur le sol hongrois. Il y a donc un tel engagement aux côtés de monsieur Orbán que, s’il perd, son concurrent, ne sera pas enclin à faire des faveurs, ni à Monsieur Poutine, ni à Monsieur Trump.
Quant à l’autre dimension de la question, jusqu’à présent, il y a bien sûr dans l’Union européenne des gens comme monsieur Robert Fico, aujourd’hui Premier ministre de la Slovaquie, qui sont très largement sous la coupe des Russes, mais que Monsieur Fico n’a pas, au sein de l’Union européenne, les capacités de nuisance qu’à monsieur Orban. Si Monsieur Orban tombe, vous avez compris qu’en France, le Rassemblement national et l’ensemble des Patriotes, ce groupe du Parlement européen, se retrouveraient en mauvaise posture.
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