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28 mars 2026Instauré après le premier choc pétrolier, le changement d’heure est-il encore utile aujourd’hui ? – franceinfo
Analyse : Cette nouvelle fait l'objet d'une attention particulière de notre équipe éditoriale.
Un point rapide sur l'article « Instauré après le premier choc pétrolier, le changement d’heure est-il encore utile aujourd’hui ? – franceinfo » selon nos journalistes.
Récap des faits principaux
En raison des habitudes de consommation et des évolutions technologiques, le passage à l’heure d’été ne fait plus économiser autant d’énergie que dans les années 1970.
Publié
Temps de lecture : 5min
Dans la nuit du 28 au 29 mars, à 2 heures du matin, les horloges seront avancées d’une heure pour afficher 3 heures. Ce passage à l’heure d’été, répété chaque année en France depuis cinquante ans, marque le début de soirées plus longues. S’il reste un rendez-vous bien connu du calendrier, il suscite des critiques croissantes et certains remettent en cause son utilité ainsi que ses effets sur le quotidien.
Instauré en 1976 après le premier choc pétrolier, le changement d’heure visait à réduire l’usage de l’éclairage artificiel et la consommation d’énergie en alignant les activités humaines sur la lumière naturelle. Adopté progressivement par les pays européens dans les années 1980, il a été harmonisé en 2002 par l’Union européenne, qui a fixé un passage à l’heure d’été fin mars et un retour à l’heure d’hiver fin octobre. A l’heure où le monde est sous la menace d’un nouveau choc pétrolier en raison de la guerre au Moyen-Orient, ce changement d’heure est-il toujours pertinent ?
Selon une étude de l’Agence de la transition écologique (Ademe) publiée en 2010, le changement d’heure présentait encore des effets positifs sur la consommation d’énergie et les émissions de CO2, rappelle le portail officiel Vie publique. En 2009, il avait ainsi permis d’économiser environ 440 GWh, soit l’équivalent de la consommation en éclairage d’environ 800 000 ménages.
Les bénéfices économiques du changement d’heure sont toutefois relativisés aujourd’hui. Interrogée par franceinfo, Karima Delli, ancienne eurodéputée Europe Ecologie-Les Verts, qui a présenté en 2018 au Parlement européen une résolution visant à mettre fin au changement d’heure, souligne que « quand le dispositif du changement d’heure a été décidé, l’éclairage représentait une part importante de la consommation électrique, mais ça n’est plus autant le cas avec l’évolution des usages ».
Selon les dernières évaluations de l’Ademe, en 2018, les retombées bénéfiques du changement d’heure sont en baisse : il ne permettrait plus d’économiser que 351 GWh (soit 20% de moins qu’en 2009), représentant seulement 0,07% de la consommation totale d’électricité. Car avec le temps, les usages et les technologies ont évolué.
Selon l’Ademe, citée dans une réponse écrite du ministère de la Transition énergétique à la question d’un sénateur en 2023, ces bénéfices pourraient encore diminuer « à horizon 2030 en raison de la dynamique de déploiement des sources de production d’énergie décarbonée et de la pénétration de technologies plus performantes (LED, systèmes de climatisation et de chauffage…) ».
Malgré ces avantages initiaux, l’utilité du changement d’heure est aujourd’hui remise en question. Ses effets sur la santé sont régulièrement pointés du doigt. « Changer d’heure deux fois par an, c’est bouleverser notre horloge interne, explique l’élue écologiste. Cela entraîne des troubles du sommeil, de la fatigue, avec un effet particulièrement fort sur les personnes les plus vulnérables comme les enfants ou les personnes âgées. »
Autre conséquence mise en avant : la sécurité routière. « Le changement d’heure entraîne une fatigue accrue et une baisse de vigilance », poursuit-elle. « C’est assez peu connu, mais l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (Onisr) observe des pics pouvant aller jusqu’à 40% d’accidents supplémentaires dans les jours qui suivent [le passage à l’heure d’hiver]. Il est donc urgent d’agir », estime la militante.
Depuis plusieurs années, l’idée de supprimer le changement d’heure fait son chemin. Le Parlement européen s’était déjà prononcé en ce sens en 2018, et une consultation citoyenne avait recueilli 4,6 millions de réponses, un niveau de participation inédit. Pas moins de 84% des participants s’étaient prononcés pour la fin du changement d’heure.
Mais le projet s’est enlisé. En cause, les désaccords entre Etats membres sur l’heure à conserver. Certains pays, comme la France, l’Espagne ou le Portugal, penchent pour l’heure d’été, tandis que d’autres, notamment dans le nord de l’Europe, privilégient l’heure d’hiver. « Le blocage vient de là, il faut que les Etats se mettent d’accord, insiste Karima Delli. Puis la crise du Covid-19 a complètement interrompu les discussions, reléguant le sujet au second plan. »
Un regain d’intérêt est toutefois apparu récemment. En octobre 2025, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé vouloir mettre fin au changement d’heure, relançant le débat au niveau européen. « Cela remet le sujet sur la table, mais il faudra une coordination entre les Etats, ce ne sera pas pour tout de suite », prévient l’ancienne eurodéputée. En attendant, le changement d’heure reste donc d’actualité. Et ce dimanche, comme chaque printemps, il faudra encore avancer sa montre.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : L’analyse sera enrichie dès que de nouvelles données seront disponibles.

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