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28 mars 2026L’essentiel du procès libyen en appel de Nicolas Sarkozy : « C’est un piège de Ziad Takieddine »
Analyse : Notre équipe propose une lecture synthétique de cette actualité.
Selon nos experts, « L’essentiel du procès libyen en appel de Nicolas Sarkozy : « C’est un piège de Ziad Takieddine » » mérite une attention particulière.
Résumé à retenir
« C’est un piège de Ziad Takieddine, bien sûr. » Brice Hortefeux a persisté, lors de la deuxième semaine du procès en appel de l’affaire du financement libyen, devant la cour d’appel de Paris : sa rencontre fin 2005 avec un dignitaire libyen recherché par la justice antiterroriste française, était un « piège » et n’avait en aucun cas pour objet un financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy. L’ancien président et neuf coprévenus sont jugés en appel depuis le 16 mars et jusqu’au 3 juin.
En première instance, le 25 septembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris a déclaré Nicolas Sarkozy coupable d’association de malfaiteurs et l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme, 100 000 euros d’amende, l’interdiction de toute fonction publique pour cinq ans et une privation de ses droits civils et civiques pour la même durée, en raison d’une « corruption au plus haut niveau » d’une « exceptionnelle gravité ». Entré le 21 octobre à la prison de la Santé sous les caméras du monde entier, Nicolas Sarkozy a obtenu sa mise en liberté sous contrôle judiciaire trois semaines plus tard. C’est désormais un nouveau marathon judiciaire qui a commencé pour l’ancien président de la République qui espère ne pas retourner derrière les barreaux.
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Mardi 24 mars : Alexandre Djouhri s’explique sur la rocambolesque fuite de l’argentier de Kadhafi
Il l’assure, il ne s’agissait pas d’une « exfiltration ». L’intermédiaire Alexandre Djouhri, interrogé lundi et mardi, a réfuté que la France de Nicolas Sarkozy ait cherché à éloigner le grand argentier de la Libye pour l’empêcher de livrer ses secrets à la justice française.
Pour le premier interrogatoire de l’homme d’affaires franco-algérien, condamné en première instance à six ans de prison, la cour d’appel de Paris a choisi de se concentrer sur son rôle dans le départ précipité de France, en mai 2012, de Bechir Saleh, l’ex-directeur de cabinet du dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Le prévenu de 67 ans s’expliquera ultérieurement sur d’autres volets du dossier.
« Il a pas été exfiltré, M. Saleh », déclare sur le ton de l’évidence Alexandre Djouhri, en costume cravate, une écharpe sombre nouée autour du cou.
Les deux hommes se connaissent depuis 1986. À l’époque, Alexandre Djouhri était à la tête d’une « agence de presse euro-arabe-africaine » et le Libyen ambassadeur en Algérie. Ils nouent une amitié et au fil des ans, Alexandre Djouhri, qui s’est mué en intermédiaire, conseille celui qui devient progressivement le bras droit de Kadhafi, jusqu’à devenir le président du fonds souverain libyen.
Après la mort du dictateur et la chute du régime, Bechir Saleh est discrètement exfiltré une première fois de Libye vers la Tunisie, où Alexandre Djouhri le retrouve avant de l’acheminer, à bord d’un avion spécial, en France, en novembre 2011. « C’est un frère, on n’abandonne pas ceux qu’on aime », justifie ce dernier, qui affectionne les formules grandiloquentes.
Fin avril 2012, le site d’informations Mediapart publie une note sur un présumé financement libyen de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007, donnant le véritable coup d’envoi de cette affaire politico-financière explosive.
Quelques jours plus tard, alors qu’il est visé par une notice rouge d’Interpol, sur plainte de la Libye qui l’accuse de détournement de fonds publics, Bechir Saleh est vu à Paris et photographié par Paris-Match.
Le 2 mai, Nicolas Sarkozy assure à la radio que si une notice rouge a bien été émise, Bechir Saleh sera interpellé. Le 3, le Libyen quitte la France, seul à bord d’un avion privé décollant de l’aéroport du Bourget. Or, le nom du seul passager du vol est… Alexandre Djouhri.
« D’abord c’est pas une sortie du territoire comme elle est présentée, elle n’est pas précipitée », rectifie à la barre le prévenu. « C’est Bechir Saleh qui m’en avait parlé quelques jours avant », ajoute Alexandre Djouhri, expliquant que le dignitaire, issu d’une tribu puissante en Libye, voulait se rendre à une réunion au Niger pour régler la situation dans son pays. « C’est le seul motif », affirme-t-il.
Et concernant le nom du passager, « c’est Bechir qui m’a demandé de mettre mon nom et pas le sien, parce qu’il y avait un risque physique à son arrivée au Niger ».
« Il n’y a pas eu de contrôle de la police aux frontières ? », s’étonne le président de la cour d’appel, Olivier Géron.
« Ils m’ont vu, ils m’ont salué, ils ont reconnu Béchir, il est monté dans l’avion », répond avec une simplicité désarmante Alexandre Djouhri. « Souvent, au Bourget, on ne contrôle pas les passagers qui montent dans les avions privés », ajoute-t-il.
Béchir Saleh, qui est parti se réfugier dans un premier temps en Afrique du Sud, ne reviendra plus jamais sur le territoire français. « Quand il est parti au Niger et qu’il a vu comment ça se passait en France, il a eu peur d’être extradé » vers la Libye, explique l’intermédiaire.
Pourtant, au cours de l’instruction, plusieurs protagonistes ont évoqué des pressions exercées sur le Libyen pour le faire taire. Ainsi, le fils du dictateur libyen, Seif al-Islam Kadhafi – assassiné le 3 février dernier dans l’ouest de la Libye – avait accusé Alexandre Djouhri d’avoir menacé de mort Béchir Saleh s’il parlait d’un financement libyen.
« Il ment », assène le prévenu. « Ça, ça a été un deal que la magistrature a proposé à Seif al-Islam », poursuit-il. « Tout ce dossier a été basé sur des compromissions ».
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Mercredi 25 mars : Brice Hortefeux assure avoir été « piégé »
L’ancien ministre revient à la barre pour se défaire de ce « label infamant d’association de malfaiteurs », qui lui a valu en première instance quatre ans de prison dont deux ferme, aménageables : il est soupçonné d’avoir ourdi, de concert avec Claude Guéant, un « pacte corruptif » avec les autorités libyennes, pour le compte de son ami Nicolas Sarkozy.
En cause notamment, sa rencontre occulte, le 21 décembre 2005, en Libye avec Abdallah Senoussi, beau-frère du dictateur Mouammar Kadhafi, pourtant condamné en France à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’attentat contre le DC-10 d’UTA (170 morts).
La justice soupçonne que le numéro 2 du régime aurait notamment tablé sur une présidence de Nicolas Sarkozy pour une amnistie ou une grâce : Claude Guéant est accusé d’avoir ourdi ce pacte lors d’une réunion similaire le 30 septembre, juste avant une visite officielle de Nicolas Sarkozy, et Brice Hortefeux était revenu le valider.
Alors ministre délégué aux Collectivités territoriales, Brice Hortefeux l’assure, il n’était « pas pressé » d’aller en Libye, ce sont les Libyens qui étaient demandeurs. Et ce déplacement était on ne peut plus officiel. Pourquoi alors ce dîner secret chez Senoussi, dont les autorités diplomatiques ne sont pas informées ?
Brice Hortefeux dit avoir été « piégé », conduit chez Senoussi où il aurait été attiré par Ziad Takieddine. Ce « piège tendu », le sulfureux intermédiaire franco-libanais l’aurait organisé afin de « se crédibiliser pour récolter de l’argent à son profit exclusif » avec des commissions. Ziad Takieddine, qui a beaucoup varié durant l’enquête et n’était pas venu au premier procès, est décédé à l’automne.
Le président Olivier Géron conçoit l’intérêt de Ziad Takieddine dans un tel guet-apens. Moins celui de Senoussi. Brice Hortefeux lui apporte la réponse avec cette définition d’un « intermédiaire » : « Celui qui ment à l’un et qui ment à l’autre ». Ziad Takieddine a « bien sûr aussi menti à M. Senoussi ».
« Si j’avais rencontré Abdallah Senoussi de manière délibérée, je le dirais. Je ne le dis pas », plaide l’ancien député européen qui affirme comprendre « la douleur des familles des victimes » de l’attentat. À cet instant, des parties civiles secouent la tête.
La réunion a « duré 40 minutes ». Une fois évacuées les formules de politesse, la santé de Jacques Chirac, l’antiterrorisme, les questions migratoires, trop court pour parler modalités de versements de fonds occultes : « Cela démontre l’inanité » des accusations, se défend Hortefeux. Senoussi « ne m’a rien demandé et je n’ai rien sollicité ».
D’ailleurs, avant son déplacement, il ne connaissait « rien » de la situation judiciaire de Senoussi, ne savait « pas la tête qu’il avait » et « pas une seule fois » son nom n’apparaissait sur les notes diplomatiques dont il disposait. Pas plus que le rendez-vous ne figurait sur le programme de la visite, preuve qu’il était « imprévu ».
Sur ce point, « compte tenu de ce que [la justice] suspecte, c’est normal… », modère Olivier Géron, perplexe sur la décision de Brice Hortefeux de ne pas informer Nicolas Sarkozy du « piège » dans lequel il était tombé.
« Pour deux raisons », répond Brice Hortefeux. D’abord, il était « vexé » et n’avait aucune envie de « fanfaronner » sur cette rencontre imposée. Et puis surtout, « il ne s’est rien passé ».
Olivier Géron insiste, il a « du mal » à comprendre le risque politique que ce silence de « l’ami personnel du ministre de l’Intérieur » lui faisait courir si le conciliabule libyen était révélé. Brice Hortefeux concède « une erreur », « pas une faute ».
« Quelqu’un me fait un coup » comme Ziad Takieddine, « je n’aurais plus de relations » avec lui. Or Brice Hortefeux l’a rencontré après le voyage, s’étonne encore Olivier Géron. Le prévenu relativise : une fois, juste après la présidentielle, sur insistance de Ziad Takieddine.
Quant à la Libye, il n’y est jamais retourné : « Je n’en avais jamais entendu parler avant et je n’en ai plus jamais entendu parler après ».
Avec AFP
Source : www.france24.com
Conclusion : L'équipe continuera de suivre cette situation et partagera les développements.

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