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28 mars 2026Mort d’Ali Khamenei, embrasement régional, déploiement du Charles de Gaulle… Retour sur un mois de guerre en Iran et au Moyen-Orient
Analyse : Notre équipe propose une synthèse des points importants.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « Mort d’Ali Khamenei, embrasement régional, déploiement du Charles de Gaulle… Retour sur un mois de guerre en Iran et au Moyen-Orient ».
Points clés à retenir
Cela fait un mois jour pour jour que les États-Unis et Israël ont conjointement engagé leurs forces armées contre la République islamique d’Iran. Avec la volonté première d’empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire, les deux alliés ont fortement affaibli le régime, en éliminant notamment le guide suprême Ali Khamenei dès les premières heures du conflit.
Ce samedi 28 février au matin, Donald Trump a semble-t-il fait le choix du style. Sans sa traditionnelle cravate rouge mais coiffé d’une casquette blanche arborant les lettres « USA », le président américain s’avance à son pupitre et prend la parole depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride. Dans une ambiance tamisée, il annonce que les États-Unis ont mené des « opérations de combat majeures » contre l’Iran.
Après des semaines de négociations difficiles entre Washington et Téhéran au sujet du programme nucléaire iranien, Donald Trump a donc mis ses menaces à exécution en attaquant plusieurs villes de la République islamique, pour, selon lui, « défendre le peuple américain » face aux « menaces imminentes posées » par le régime des mollahs.
• Déclenchement de l’opération « Fureur épique », entraînant la mort d’Ali Khamenei
L’offensive, nommée « Fureur épique », est conduite conjointement avec Israël. Elle vise à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, alors que Téhéran a toujours démenti vouloir se doter de la bombe atomique, expliquant simplement vouloir développer une filière nucléaire civile à des fins non-militaires, principalement utile pour la production d’électricité. Des arguments qui n’ont pas convaincu les États-Unis et Israël.
Les deux alliés historiques ont ainsi visé la capitale Téhéran avec force et précision au matin du 28 février, tuant le guide suprême Ali Khamenei, au pouvoir depuis 37 ans, à la suite d’une frappe sur sa résidence principale. La mort de l’ayatollah, à la fois adulé et contesté en son pays, a été officialisée par un présentateur de la télévision d’État iranienne en pleurs, après de longues heures d’expectative sur sa santé.
Dès l’annonce de sa disparition, les Gardiens de la Révolution ont promis « l’offensive la plus féroce de l’Histoire » et « un châtiment sévère aux meurtriers » américains et israéliens. Au surlendemain de l’attaque coordonnée entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu, des milliers d’Iraniens pro-régime se sont rassemblés à Téhéran pour pleurer la mort d’Ali Khamenei à l’âge de 86 ans, scandant notamment des slogans hostiles envers les États-Unis et Israël.
• Mojtaba Khamenei nommé nouveau guide suprême
Il aura fallu attendre près de dix jours avant que l’Assemblée des experts, chargée d’élire et superviser le guide suprême, n’officialise la nomination de Mojtaba Khamenei à ce poste à hautes responsabilités politiques et religieuses. Âgé de 56 ans, il succède ainsi à son père. Depuis, le nouveau guide suprême n’a fait aucune apparition publique ou télévisée. Seuls une déclaration écrite par ses soins, puis lue par une présentatrice de la télévision iranienne, et un message audio ont été diffusés par la chaîne d’État.
Donald Trump, lui, avait partagé son mécontentement à la suite de la nomination de Mojtaba Khamenei. Avant même de connaître le nom du nouvel homme fort de l’Iran, le président américain prévenait que le nouveau guide suprême « ne tiendrait pas longtemps » sans son aval.
Conscient de la volonté des États-Unis et d’Israël de l’éliminer pour affaiblir davantage le régime, Mojtaba Khamenei se fait donc très discret, créant bon nombre de spéculations autour de son état de santé. Selon le Pentagone, le nouveau guide suprême aurait été « blessé et « probablement défiguré » par les frappes américano-israéliennes sur Téhéran. Pour autant, il serait bien « sain et sauf », rassurait le fils du président iranien Massoud Pezeshkian au début du mois de mars.
« Je crois qu’il est abîmé, mais qu’il est vivant sous une forme ou une autre », avait de son côté répondu Donald Trump dans une interview diffusée sur Fox News le 13 mars dernier.
Depuis, l’incertitude règne. Où se trouve Mojtaba Khamenei, qui se sait menacé par le président américain et Benjamin Netanyahu? A-t-il été évacué en Russie, alliée de l’Iran, pour fuir les bombardements? Qu’en est-il de son état de santé? Détient-il réellement le pouvoir? Si le guide suprême est la nouvelle cible des Américains et des Israéliens, les deux belligérants n’hésitent pas non plus à viser les dirigeants les plus influents de l’Iran.
Les États-Unis et Israël ont notamment annoncé avoir éliminé le chef d’état-major des forces armées, Abdolrahim Moussavi, le chef des Gardiens de la Révolution et le commandant de la marine de l’armée idéologique du régime, Mohammad Pakpour et Alireza Tangsiri, ou encore le secrétaire du Conseil suprême iranien de sécurité nationale, Ali Larijani. « Nous allons viser personnellement les dirigeants iraniens », a en ce sens réaffirmé Benjamin Netanyahu le week-end dernier.
• Un embrasement régional
L’attaque des États-Unis et d’Israël sur la République islamique a largement dépassé les frontières de l’Iran. En représailles à ces frappes, Téhéran a riposté en ciblant plusieurs pays du Moyen-Orient. Parmi eux, Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis, la Jordanie ou encore le Koweït. Tous ces territoires partagent un même point commun, celui d’abriter des bases militaires américaines stratégiques.
Face aux bombardements de toutes parts, le trafic aérien de la région s’est figé. Les avions cloués au sol par mesure de sécurité, impossible pour de nombreux touristes et habitants de fuir l’embrasement en cours au Moyen-Orient. En escale en Arabie saoudite avec sa famille et rapatrié à Paris le 3 mars dernier, Aurélien a raconté auprès de BFMTV avoir « entendu beaucoup de bombardements et vu l’hôtel trembler ».
Principale terre d’accueil des influenceurs français et pourtant réputée pour sa sécurité, Dubaï n’a pas été épargnée par les frappes. Sur les réseaux sociaux, des stars de la téléréalité ont témoigné de la situation sur place, à l’instar de Maëva Ghennam. La Marseillaise aux trois millions d’abonnés sur Instagram a partagé au début de la guerre une vidéo d’un missile éclairant le ciel depuis son jardin dubaïote. Elle explique aussi, dans une autre de ses « stories », avoir « crié comme une hystérique » en entendant une frappe iranienne, appelant la France à les « protéger » en planifiant des vols de rapatriement.
Une attitude qui a rapidement créé la polémique, certains internautes reprochant à ces influenceurs d’avoir quitté la France pour s’installer à Dubaï et profiter, entre autres, de sa fiscalité attractive et de ses luxueuses villas sécurisées. « On peut aimer Dubaï et aimer la France. Ce n’est pas incompatible. Ce n’est pas trahir », a ainsi rétorqué Maëva Ghennam.
Le 18 mars dernier, le ministre des Transports Philippe Tabarot a confirmé que 41.000 Français ont pu quitter le Proche et le Moyen-Orient depuis le début du conflit grâce à des vols de rapatriement.
Victime collatérale des frappes du Hezbollah sur Israël, le Liban a aussi été entraîné dans la guerre par le mouvement pro-iranien, qui a voulu venger la mort du guide suprême Ali Khamenei. L’État hébreu a contre-attaqué en frappant le sud de Beyrouth, un des bastions du Hezbollah, et a appelé à de nombreuses reprises les habitants à évacuer une partie de la capitale libanaise et le sud du pays.
Un vent de panique s’est alors emparé de la population, formant d’énormes embouteillages sur les routes. Selon les chiffres du ministère de la Santé libanais, plus de 1.000 personnes ont été tuées et plus de 3.000 ont été blessées par les bombardements israéliens depuis le 2 mars dernier.
Cet affrontement entre l’État hébreu et le Hezbollah prend une dimension telle, que Benjamin Netanyahu semble prêt à poursuivre son combat contre le mouvement pro-iranien même en cas de cessez-le-feu avec Téhéran.
• Une « logique défensive » de la France
Dès les premières frappes américano-israéliennes, la France a adopté une approche prudente vis-à-vis de ce conflit, indiquant n’avoir « été ni prévenue ni impliquée, tout comme l’ensemble des pays de la région et nos alliés ». Emmanuel Macron a directement condamné cette « escalade en cours dangereuse pour tous », appelant à « cesser » la conflagration. Une précaution langagière balayée dès le lendemain sur RTL par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, selon qui Paris « ne peut que se satisfaire de la mort d’Ali Khamenei », même si « ce n’est pas encadré par la loi ».
Consciente de devoir réagir militairement face à la montée en tension régionale, la France a toujours prôné « une logique défensive » dans cette guerre. Invitée de BFMTV cette semaine, la ministre des Armées Catherine Vautrin a rappelé que l’objectif de l’État est « d’aider » les pays alliés à se défendre et contribuer à « la protection des ressortissants ».
Même son de cloche du côté d’Emmanuel Macron. « Nous devons être aux côtés de nos alliés dans la région, il en va de la crédibilité de la France », avait réaffirmé le président de la République dans une allocution solennelle sur la situation au Moyen-Orient prononcée le 3 mars dernier, durant laquelle le chef de l’État avait également annoncé que la France avait abattu des drones « en légitime défense », « dès les premières heures » du conflit. Une approche, comme expliqué, « purement défensive ».
Des avions Rafale « ont conduit des opérations de sécurisation du ciel au-dessus de nos bases et donc des Émirats arabes unis », confirmait également Jean-Noël Barrot, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, sur BFMTV-RMC trois jours après le début de l’offensive américano-israélienne.
Avec la volonté de peser dans la tournure de ce conflit sans pleinement s’y engager, Emmanuel Macron a pris la décision, après consultation du chef d’état-major des armées, de déployer le porte-avions Charles de Gaulle, ses moyens aériens et son escorte de frégates au plus proche du conflit, en Méditerranée orientale. Quelques jours plus tard, le président de la République se rendait à bord de ce symbole de la puissance maritime tricolore, la France étant le seul pays avec les États-Unis à posséder un porte-avions à propulsion nucléaire.
Malgré la volonté de se tenir à l’écart de la guerre, l’embrasement régional s’est tout de même répercuté sur la France. Le 12 mars dernier, l’adjudant-chef Arnaud Frion a été tué dans la région d’Erbil, au Kurdistan irakien, à la suite d’une attaque de drone imputée au groupe armé irakien et pro-iranien, Ashab al-Kahf, qui avait indiqué vouloir s’en prendre à « tous les intérêts français » dans la région pour protester contre l’arrivée du Charles de Gaulle dans les eaux méditerranéennes. Mais le groupe n’a jamais revendiqué directement cette attaque.
• Le détroit d’Ormuz bloqué, la guerre qui s’enlise…
Passage stratégique du commerce maritime mondial, le détroit d’Ormuz, par lequel transitent près de 20% des hydrocarbures mondiaux, est bloqué par les Gardiens de la Révolution depuis les premières heures du conflit. Dès lors, une baisse de 95% du trafic a été observée par la plateforme de suivi maritime Kpler.
L’armée idéologique a prévenu que chaque bateau qui oserait franchir le détroit pourrait se voir attaquer. Plusieurs navires ont d’ailleurs déjà fait les frais de ces menaces lorsqu’ils tentaient de traverser ce couloir de 280 kilomètres de long et 33 kilomètres de largeur. En France, les consommateurs ressentent de plein fouet les effets de ce blocage, avec une forte augmentation des prix des carburants pour la troisième semaine consécutive.
En début de semaine, l’Iran a fait preuve d’indulgence, indiquant que les « navires non-hostiles » pouvaient désormais emprunter le détroit d’Ormuz. Néanmoins, les États-Unis comptent bien débloquer complètement ce passage ô combien stratégique. Et depuis quelque temps, Donald Trump exhorte ses alliés de l’Otan à participer à ses côtés à la réouverture du détroit. Plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ont dit être prêts à y contribuer. Mais Emmanuel Macron a toujours répété ne pas vouloir recourir à la force. Une inertie collective ayant provoqué la colère du président américain, pour qui les membres de l’Otan sont devenus des « lâches ».
Si Donald Trump enchaîne les déclarations vantant les mérites de son offensive contre l’Iran, il a tout intérêt à ce que cette guerre ne s’enlise pas, à quelques mois des élections de mi-mandat aux États-Unis. Le républicain, qui avait dans un premier temps assuré que cette guerre durerait « quatre semaines ou moins », a finalement élargi ce délai à six semaines. Récemment, Washington a certifié que les opérations étaient « extrêmement » en avance sur le calendrier. Pourtant, la guerre s’éternise. Début mars, les Gardiens de la Révolution iraniens, eux, affirmaient être prêts à « six mois de guerre intense, au moins ».
D’après un sondage publié par CNN, près de 6 Américains sur 10 ont déjà désapprouvé l’intervention militaire lancée en Iran. Beaucoup gardent en souvenir l’interminable offensive de 2003 en Irak, laquelle avait duré sept ans au lieu des quelques semaines initialement prévues. À l’époque, plus de 4.000 soldats américains avaient péri dans les combats. Bien loin, certes, des 13 militaires tués au total depuis le début de l’attaque contre la République islamique.
Dès les premières pertes humaines au sein de son armée, Donald Trump s’est d’ailleurs empressé de préparer l’opinion publique. « Malheureusement, il y aura probablement d’autres victimes avant la fin » de l’opération militaire sur la République islamique, avait-il avancé le 1er mars.
En Iran, ce sont près de 1.500 personnes, dont au moins plus de 220 enfants, qui ont perdu la vie dans les attaques américano-israéliennes, révèle l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).
Alors que le président américain multiplie les prises de contact avec Téhéran pour mettre fin à cette guerre coûteuse et impopulaire, la République islamique semble peu ouverte aux négociations, même si Washington ne cesse d’affirmer que l’Iran souhaite trouver un accord de paix. En fin de semaine, Donald Trump a écrit sur son réseau Truth Social repousser jusqu’au 6 avril, « à la demande du gouvernement iranien », son ultimatum avant d’éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran. Coup de bluff ou sincère volonté de Téhéran de négocier?
De son côté, Israël fait tout pour garder son allié impliqué dans le conflit. Car aux yeux de Benjamin Netanyahu, cette offensive lancée conjointement avec les États-Unis est une réelle opportunité d’affaiblir son pire ennemi iranien. Et pour cause, pouvoir compter sur la première puissance militaire mondiale est un atout majeur.
En juin 2025, déjà, la « Guerre des 12 jours » contre le programme nucléaire iranien n’avait vraisemblablement pas permis de se prémunir de toutes les menaces de Téhéran. Cette fois, l’État hébreu envisage bel et bien de mener l’opération à son terme. Mais à quel prix? Donald Trump, lui, ne veut pas avoir sur la conscience le délitement du Moyen-Orient, cette région du monde toujours plus déstabilisée par les affrontements successifs qui s’y produisent.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : La rédaction suivra cette actualité pour vous fournir un point de vue complet.

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