
Les montres connectées pour enfants, vraie alternative au smartphone ou simple gadget?
28 mars 2026
Visite du pape Léon XIV à Monaco : comment le rocher s'est prépare à cet événement ?
28 mars 2026Municipales 2026 dans l’Aude : les coulisses d’un « coup de tonnerre » et l’histoire d’une semaine d’entre-deux-tours rocambolesque à Carcassonne
Analyse : Les rédacteurs ont identifié les éléments essentiels de cette actualité.
Voici ce que notre équipe pense de l'article « Municipales 2026 dans l’Aude : les coulisses d’un « coup de tonnerre » et l’histoire d’une semaine d’entre-deux-tours rocambolesque à Carcassonne ».
À ne pas manquer
La victoire de l’extrême droite, la guerre des droites après douze ans de règne à la tête de Carcassonne, le pari risqué et raté de la gauche. L’entre-deux-tours des municipales dans la ville préfecture aura été particulièrement agité avec son lot de rebondissements et de surprises. Alors que 419 communes du département connaissent déjà l’identité de leur maire dès le soir du premier tour, tous les regards sont donc tournés vers Carcassonne, seule commune du territoire où le Rassemblement national a des chances de l’emporter. Malgré la personnalité clivante de son candidat, le député Christophe Barthès apparaît comme le favori d’une triangulaire.
Une semaine après le verdict des urnes et le choix clair des Carcassonnais, la rédaction de L’Indépendant et ses journalistes reviennent sur cette semaine folle entre les dimanches 15 et 22 mars. Nous vous livrons les coulisses, le récit des retournements de situation, les raisons des atermoiements des uns et des certitudes des autres.
Dimanche 15 mars, le K.-O. de Gérard Larrat
Quand les résultats tombent ce dimanche 15 mars, à l’issue du premier tour des élections municipales, les jeux sont-ils déjà faits ? Le score du député RN Christophe Barthès (34,52 %) frappe les esprits. En sortant, vers 21 heures, du bureau centralisateur rue Aimé-Ramond, pour rejoindre sa permanence rue de Verdun, François Mourad, le candidat divers droite à la tête de la liste « Prendre soin de vous » ne s’en cache pas. « On s’y attendait un peu. On le ressentait dans nos portes-à-portes », confesse-t-il. L’écart de près de dix points avec le duo Mourad-Bardou (25,36 %) et Alix Soler-Alcaraz (23,27 %) assomme la campagne. Elle ne s’en remettra pas. Sonnés, les deux premiers challengers vont naviguer dans le brouillard de la guerre politique. Les boussoles s’apprêtent à s’affoler. Une semaine complètement dingo s’annonce.
Il y en a un qui est K.-O. debout, c’est Gérard Larrat. Le maire sortant, reparti pour un troisième mandat de suite afin de faire barrage à l’extrême droite, a perdu son pari. Il est loin, quatrième à 12,27 %. À 21 h 30, dans une ambiance de fin de règne, il prend la parole en petit comité, devant ses fidèles, dans son local de campagne qu’il a rejoint après avoir passé la soirée électorale au sein de son bureau de l’hôtel de Rolland. Il ne s’exprimera pas devant la presse. Ni le soir même, ni lundi. Distant jusqu’au bout. À peine croise-t-on, dans une rue Courtejaire déserte, Yazid Laredj, Marie-Aude Montussac et Gilles Icher, colistiers orphelins.
Alix Soler-Alcaraz le sait. Sa troisième place va l’obliger à jouer les contorsionnistes. Quand on le retrouve rue de Verdun, avec son équipe de Carcassonne Unie et ses supporters, il a le visage soucieux. Sa prise de parole est millimétrée. « Salut démocratique » à Jiyed Jihed Tayebi (Carcassonne Unité populaire), liste soutenue par LFI et le NPA, et à ses électeurs (4,58 %). Appel du pied à Gérard Larrat. « On partage les mêmes valeurs républicaines. »
À quelques mètres de là, chez François Mourad et Magali Bardou, on hésite entre fêter cette deuxième place ou se prendre la tête en comptes d’apothicaire. « Si on part sur une triangulaire, on fait passer Barthès », prophétise un sympathisant. Les alliances, les reports de voix, sont sur toutes les lèvres. « On a un programme qu’on a mis sur pied depuis trois ans. Il n’est pas question de fusionner », lâche François Mourad, droit dans ses bottes. « Ils devraient se méfier des analyses et paroles trop rapides », rétorque Alix Soler-Alcaraz.
Lundi 16 mars, le coup de poker de la gauche unie
Tôt le matin, Carcassonne digère lentement la nuit du 1er tour des municipales. Dans les bistrots de la place Carnot, on analyse les résultats qui placent le député Rassemblement national, Christophe Barthès, en tête des suffrages. Dans le camp de Gérard Larrat, c’est la gueule de bois. Arrivé à la quatrième place, le maire divers droite sort par la petite porte, loin de celle qu’il aurait espérée. S’il ne prend pas la parole devant la presse, son cabinet le donnée pour lui le lendemain de la défaite : le premier magistrat quitte la vie publique après deux mandats successifs dans le chef-lieu audois.
Que vont faire ses autres concurrents, François Mourad, en deuxième place, et Alix Soler-Alcaraz, à la troisième, au coude à coude ? Vont-ils trouver un accord ou le socialiste va-t-il se retirer de la course pour enclencher un front républicain contre l’extrême droite ?
Le 1er secrétaire fédéral socialiste réfléchit à une autre option. Il tente alors un coup de poker : créer les conditions d’une coalition républicaine avec les listes de Gérard Larrat et de François Mourad, en se posant en trait d’union entre ses deux adversaires du premier tour. Il faut dire que les relations entre le maire sortant et son ancien collaborateur ne sont pas au beau fixe. Les deux listes se sont écharpées à plusieurs reprises durant ces mois de campagne, tantôt sur les réseaux sociaux, tantôt à travers les médias. Le socialiste pense être le seul à pouvoir créer un lien et faire barrage au Rassemblement national.
En début d’après-midi, le leader du parti du poing et de la rose se rend à l’hôtel de Rolland pour expliquer sa démarche à l’édile déchu. Le deal est conclu. Quelques heures plus tard, direction la permanence de François Mourad et Magali Bardou. Même proposition qui se solde, cette fois-ci, par un refus des prétendants « co-maires » et de leur entourage. L’échange est âpre, chacun reste dans son couloir.
Le dépôt des listes doit se faire le lendemain, mardi 17 mars, avant 18 heures. Le temps presse. Alix Soler-Alcaraz compte bien maintenir la pression sur les leaders de la liste Prendre soin de vous. Il organise une conférence de presse en fin d’après-midi, square Gambetta, en expliquant sa démarche d’une coalition républicaine avec quelques fidèles autour de lui.
En coulisses, d’autres ténors locaux du PS échangent avec François Mourad afin de trouver un accord. Sans succès. Le conseiller départemental veut tracer sa route avec la même équipe, comme il avait pu l’exprimer le dimanche soir après les résultats.
La nuit s’annonce longue et mouvementée dans les permanences, notamment celles de Gérard Larrat et d’Alix Soler-Alcaraz. Les coups de fil et les réunions entre colistiers s’enchaînent. Qui se sent prêt à rejoindre son adversaire de toujours, celui que l’équipe du maire a tant combattu en conseil municipal et en campagne électorale ? Yazid Laredj, proche du premier magistrat, est cité, tout comme son adjointe Marie-Aude Montussac, susceptible de rejoindre la gauche unie.
Les contours d’un accord technique se dessinent. La gauche et une partie de la droite main dans la main contre le Rassemblement national. Un scénario inédit à Carcassonne, malgré le observation que cette alliance semble périlleuse et contre-nature. Chez les militants, on redoute l’incompréhension des électeurs, mais aussi celle des fidèles qui pourraient prendre cette fusion comme un affront tant les sphères de pensée sont opposées. Mais la question reste la même que celle de dimanche soir : comment faire basculer une élection alors que le député RN a dix points d’avance ? Fusion ou retrait ? Le choix est cornélien.
Au cours de la soirée, d’autres noms de l’équipe de Gérard Larrat émergent : Wilfrid Estève, Nadia Gleizes-Raya ou encore Philippe Thène. Les moins politisés et les moins marqués à droite en somme.
Mardi 17 mars, les doutes d’Alix Soler-Alcaraz
Ce jour-là, la campagne des municipales à Carcassonne change brutalement de dimension. En quelques heures, appels à l’union, pressions politiques et revirements s’enchaînent, jusqu’à faire vaciller, un temps, la candidature du socialiste Alix Soler-Alcaraz.
Le chef de file de la gauche joue alors une partition à haut risque : se maintenir, avec le soutien de la liste du maire sortant Gérard Larrat, ou se retirer pour tenter de faire barrage à l’extrême droite.
Dès les premières heures de la journée, les appels se multiplient, dans toutes les directions. Le président socialiste de Carcassonne Agglo, Régis Banquet, appelle publiquement à une coalition républicaine lancée par le patron des socialistes de l’Aude. Dans le même temps, François Mourad et Magali Bardou prennent position dans une lettre ouverte : ils demandent le retrait de la liste Carcassonne Unie. Quelques heures plus tard, c’est au tour de l’association Carcassonne Citoyenne Écologique et Sociale (CCES), qui poussait depuis de longs mois pour une liste unique à gauche, d’appeler au retrait du candidat socialiste.
À 16 heures, François Mourad et Magali Bardou déposent officiellement leur liste. Pas question pour eux de fusionner : « Des écologistes à la droite la plus conservatrice, c’est-à-dire aucun sens politique », tacle François Mourad, dénonçant un « mariage de la carpe et du lapin » après le rapprochement entre les listes Soler-Alcaraz et Larrat.
La rupture est donc officiellement consommée et Carcassonne se dirige vers une triangulaire au second tour des municipales. Pendant ce temps, les événements s’accélèrent du côté de la gauche.
La liste Carcassonne Unie est bien déposée en préfecture. Mais une conférence de presse prévue à 18 heures sur le square Gambetta est brutalement annulée au dernier moment, alors que tous les colistiers et soutiens présents sont invités à se rendre en urgence rue Fédou, au siège du Parti socialiste.
Sur place, l’atmosphère est tendue : personne ne comprend réellement ce qui se passe et tout le monde est invité à entrer en réunion. L’événement n’est pas ouvert à la presse, mais lors d’une pause dans les échanges, les mines se font défaites et les visages se ferment, alors qu’une élément commence à circuler : Alix Soler-Alcaraz pourrait choisir de ne pas se maintenir, malgré le dépôt de la liste, ce qui impliquerait qu’il renonce à faire campagne et ne pas distribuer les bulletins de vote. Il en informe même quelques cadres du Parti socialiste de l’Aude.
Car à l’échelle de l’agglomération, du département, de la région, et même jusqu’à Paris, la situation inquiète. Dans les rangs socialistes, beaucoup redoutent qu’un maintien, et donc une triangulaire, ne conduise qu’à offrir la mairie au RN. Mais cet entre-deux-tours a réservé bien des surprises et la séquence de la rue Fédou en a fait partie : après plusieurs heures de discussion, Alix Soler-Alcaraz sort du siège du PS entouré d’une large partie de sa liste, parmi lesquels plusieurs colistiers issus de l’équipe de Gérard Larrat, dont Philippe Thène, Myriam Bellabiod, Wilfrid Estève et Nadia Gleizes-Raya.
La décision est prise : Carcassonne Unie reste dans la course. Face à la presse, le candidat socialiste assume une décision « collective » et « réfléchie ». S’il reconnaît avoir eu « des doutes » face au risque d’une victoire de Christophe Barthès, il revendique un autre objectif : proposer « un vote d’adhésion, pas seulement un vote contre ».
Au terme de cette journée, l’union totale espérée n’aura pas eu lieu. La coalition républicaine esquissée se sera limitée à un rapprochement avec les membres de la liste de Gérard Larrat, mais sans François Mourad et Magali Bardou. Le sort en est jeté : dimanche, les Carcassonnais devront trancher dans une triangulaire des plus incertaines, mais dans laquelle le principal adversaire bénéficie de dix points d’avance sur son poursuivant le plus proche.
Mercredi 18 mars, boules puantes
La nuit fut certainement courte pour Alix Soler-Alcaraz. Quatre anciens colistiers de Gérard Larrat viennent donc se greffer pour une fusion technique. Les Carcassonnais découvrent ce terme. En conférence de presse, square Gambetta, ils s’expliquent. En cas d’élection, ils formeront un groupe autonome au sein du conseil municipal. Mais ils disent partager les valeurs de « vivre ensemble », « de dialogue », « d’intelligence collective » dont on se demande si elles sont bien audibles quand, dans le même temps, Christophe Barthès parle sécurité et propreté.
La liste Prendre soin de vous de François Mourad et Magali Bardou, elle, fait bande à part. En milieu d’après-midi, une des nombreuses boules puantes de cette campagne parvient jusqu’à notre rédaction par l’intermédiaire de cette caisse de résonance parfois nauséabonde que sont les réseaux sociaux. Un rassemblement serait organisé, on ne sait pas trop par qui, pour appeler au désistement de la liste d’Alix Soler-Alcaraz devant la Fédération du Parti socialiste, rue Fédou.
À 17 heures, une dizaine de personnes au sein desquelles on reconnaît des sympathisants de François Mourad et Magali Bardou, se regardent en chiens de faïence. Aucune prise de parole. L’agit-prop à la sauce carcassonnaise fait pschitt ! Interrogé là-dessus, François Mourad niera être à l’origine de ce mouvement.
Jeudi 19 mars, conférences de presse et dernier meeting
À trois jours du second tour, la campagne des municipales à Carcassonne entre dans sa phase décisive. Ce jeudi 19 mars, chaque camp tente de convaincre les indécis, et particulièrement les 40 % d’abstentionnistes, dans une triangulaire où, en tout cas les candidats l’espèrent, rien n’est encore joué.
François Mourad et Alix Soler-Alcaraz le savent : l’espace pour l’emporter est étroit. En début d’après-midi, devant l’ancienne mairie, la liste Carcassonne Unie prend la parole une dernière fois avant la fin de la campagne. Autour d’Alix Soler-Alcaraz, les colistiers affichent l’unité.
Aux côtés des soutiens historiques, plusieurs nouveaux visages issus de la liste du maire sortant Gérard Larrat sont présents, symbolisant la coalition scellée entre les deux tours. Le candidat socialiste se veut à la fois grave et enthousiaste. Il évoque « une force collective qui n’a cessé de croître », tout en insistant sur la nécessité de rassembler au-delà des clivages.
Sans nommer directement François Mourad et Magali Bardou, il adresse un message clair à ceux qui ont refusé l’union : « Ceux qui n’ont pas souhaité tendre la main auront leur part de responsabilité face à l’histoire. » Dans cette dernière ligne droite, il faut élargir le socle, en mobilisant les abstentionnistes et en mettant en garde contre une victoire du Rassemblement national, qu’il accuse de « semer la discorde » dans les villes qu’il dirige.
Quelques heures plus tard, François Mourad et Magali Bardou tiennent à leur tour leur dernière conférence de presse. Le ton se fait plus offensif. Le duo, crédité de 25,36 % au premier tour, mène une double attaque : contre le candidat RN, mais aussi contre Alix Soler-Alcaraz, accusé de faire le jeu de son adversaire. « Voter Soler-Alcaraz, c’est donner une voix à Barthès », martèle François Mourad, qui qualifie l’attitude du socialiste de « kamikaze ». Et eux aussi en ont bien conscience : dans cette triangulaire, le salut résidera peut-être chez les abstentionnistes, « pas une voix ne doit manquer ».
Pour crédibiliser leur position, ils mettent en avant plusieurs propositions, comme la réduction de la masse salariale municipale, la baisse de la fiscalité ou encore la création d’un centre médical. Magali Bardou insiste, elle, sur la méthode : « On ne peut pas gérer une ville en se coupant des agents et des associations. Il faut de la proximité ». Avant de conclure par un appel direct aux électeurs : « Un seul bulletin pour éviter le RN ».
Arrivé largement en tête au premier tour, le candidat RN Christophe Barthès continue, lui, de mener sa campagne en retrait, plutôt sur les réseaux sociaux. Une stratégie de discrétion qui lui permet d’éviter les faux pas, mais aussi de rester en dehors des affrontements directs.
Jeudi soir, tout de même, le RN conclut la journée par une démonstration de force : Christophe Barthès tient un meeting aux halles Prosper-Montagné, avec le soutien du député et vice-président du parti, Sébastien Chenu, venu spécialement à Carcassonne, comme l’avait fait avant lui son collègue de la Somme, Jean-Philippe Tanguy, une semaine plus tôt. Un signe, aussi, que cette campagne dépasse largement les frontières de la ville.
Vendredi 20 mars, les soutiens du dernier jour de campagne
Dernier jour officiel de la campagne des élections municipales. Les esprits, qui s’étaient échauffés la veille, redescendent d’un cran. La journée de ce vendredi 20 mars se résume à des soutiens aux différentes listes. Le patron des Républicains dans l’Aude, Bernard Tondereau, appelle à la mobilisation derrière la candidature de François Mourad et Magali Bardou. Pléthore d’élus de majorité et proches d’Isabelle Chesa en font de même, notamment Jean-Louis Bès, Lelis Blasquez ou encore l’ancien colistier de Gérard Larrat, Lucien Flamant.
Le président d’Horizons, Édouard Philippe, adresse également quelques mots à François Mourad, qui est le délégué départemental de son parti, Horizons. Celui qui s’est déclaré candidat à la présidentielle se remémore ses années passées dans la ville préfecture de l’Aude, mais aussi pourquoi il faut éviter que le RN s’empare du chef-lieu du département.
À gauche, des acteurs du monde culturel et économique se mobilisent derrière la candidature du socialiste Alix Soler-Alcaraz. Mais à gauche, les soutiens officiels à cette nouvelle liste intégrant des proches du maire sortant se font rares. Hormis le sénateur socialiste Sébastien Pla sur ses réseaux sociaux, les autres figures de la gauche locale auront brillé par leur absence dans cet entre-deux-tours. Le signe d’un désaccord profond avec la décision de la tête de liste de se maintenir dans cette triangulaire à haut risque dans une campagne où le front républicain aura volé en éclats.
Dans quelques heures, la campagne arrivera à son terme avec l’incertitude sur le scrutin de dimanche.
Dimanche 22 mars, l’extrême droite s’empare de Carcassonne
Les bureaux de vote sont ouverts depuis ce dimanche matin 8 heures. Ils le resteront jusqu’à 18 heures. On attend les premiers chiffres de la participation. Y a-t-il eu un rebond de la mobilisation par rapport au 1er tour et à ses 40,66 % d’abstention ? À 10 heures, les premiers chiffres tombent. La participation est en hausse de plus d’un note par rapport à la semaine dernière. Un signal sur les résultats du scrutin ?
La suite de la journée démontre que la participation augmente seulement de 4 %. Pas suffisant pour imaginer un inversement des rapports de force.
Dans les bureaux de vote, on voit que le député RN continue de progresser. Ses adversaires aussi, au point que les deux se neutralisent. François Mourad devance Alix Soler-Alcaraz d’une courte tête. Christophe Barthès comprend rapidement qu’il va remporter cette élection. À 20 heures, les résultats sont sans appel. Le parti d’extrême droite s’empare de Carcassonne en arrivant en tête de cette triangulaire dans la grande majorité des bureaux de vote. Une première dans l’histoire de la ville préfecture et de l’Aude.
Devant la permanence du viticulteur, on commence à se rassembler, drapeaux tricolores en main et sous le rythme de classiques de la chanson française. Un enthousiasme rapidement douché par la pluie battante de la soirée. Fraîchement élu, celui qui deviendra maire ce dimanche 29 mars a le temps d’annoncer sa première mesure : un arrêté antimendicité. Et « nettoyer les quartiers » sans plus de précision, mais la phrase paraît suffisamment explicite.
Rue de Verdun, les troupes de François Mourad et Magali Bardou se sont amassées à l’extérieur comme à l’intérieur de la permanence. L’heure n’est pas à l’euphorie des grands soirs. Pour autant, on partage un verre, voire plusieurs, avant de se projeter sur le coup d’après : entrer au conseil municipal, mais dans l’opposition. On rejette également la faute sur le maintien du candidat socialiste, Alix Soler-Alcaraz, qui, selon les militants, a empêché le tandem départemental d’arriver à l’hôtel de ville.
Ce dernier s’est retranché à la fédération du Parti socialiste, rue Fédou. Après avoir baissé le rideau de la permanence de campagne, rue de Verdun, ses supporters et colistiers, la mine défaite, le rejoignent. Il n’y aura pas de prise de parole publique (elle aura lieu le lendemain). Juste un communiqué. La pilule est dure à avaler.
Dans une élection suivie nationalement de près, tout s’est joué dans cet entre-deux-tours et les rapports de force du premier n’auront finalement pas été bouleversés.
Ce dimanche 29 mars à 10 heures, le nouveau conseil municipal se réunira et élira Christophe Barthès.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Cette situation sera suivie de près par notre rédaction.

9999999
