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28 mars 2026Rifles et bingos dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales : Marlène et Jackie, la même passion pour annoncer les tirages
Analyse : Nos journalistes proposent quelques éléments à retenir de cette actualité.
Voici notre analyse rapide sur « Rifles et bingos dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales : Marlène et Jackie, la même passion pour annoncer les tirages ».
Ce qu'il faut connaître
Autrefois réservé aux hommes, truculents de préférence, le tirage des numéros au loto, annoncés par des expressions imagées, s’est féminisé dans les pays audois et catalan. Paroles de Marlène de Salles d’Aude et de Jackie de Peyrestortes dans les Pyrénées-Orientales. Rifles et bingos sont leur spécialité. À qui le tour…
Femme de chiffres et de lettres, Marlène incarne la passion du jeu. Professeure de maths et physique au collège, elle a appris, enfant, à compter à la rifle. « J’ai commencé à l’âge d’un an et demi grâce aux parties de loto ou m’emmenaient mon arrière-grand-mère, puis ma grand-mère. Aujourd’hui encore, à 32 ans, je continue d’y aller souvent. »
L’Audoise, « fana » des salles, y croise en 2023 des organisateurs en quête de recrutement. Une nouvelle aventure l’appelle. Elle crée son autoentreprise et s’engage « dans le métier. Au début, c’était compliqué de nommer. Il faut garder un certain rythme, bien accentuer les mots, connaître les petites expressions qui font rire les gens et leur permettent de passer une bonne soirée. L’ambiance est primordiale », estime-t-elle, en se lançant. Elle anime des après-midi et des soirées à Montredon et Lézignan, pousse parfois jusqu’à Béziers, dans l’Hérault. À raison de trois bingos minimum par semaine.
Marlène a le loto dans la peau. Nommer et dénommer, autrement dit contrôler les cartons gagnants, devient un mode de vie. Difficile à suivre à temps complet. Payée dans les 50 à 60 € les 6 heures, elle pratique bénévolement pour les petits bingos de village et d’associations à Salles-d’Aude où elle demeure, à Coursan ou encore à l’école de rugby de Fleury. « J’aime le contact avec les gens, les voir heureux. » Marlène garde un sourire imperturbable. Depuis un an, elle a cessé l’activité rémunérée pour se consacrer pleinement à sa profession d’enseignante. « Je dépanne au tirage par-ci, par-là, gracieusement. » Son seul gain, c’est « le camionnage ». La pièce ou la bonne humeur des gagnants.
Le secret des numéros qui sortent très souvent…
Entre des loteries de 150 à 450 places, la nommeuse s’adapte. « J’essaie de trouver des expressions originales, inédites. J’en ai une rien qu’à moi sur le numéro 30. » Marlène annonce « ni toi ni moi (pour Nîmois). C’est un jeu de mots », précise-t-elle aussitôt dans un éclat de rire. Sinon, elle privilégie des rimes avec la région. Dans l’Hérault, j’associe le 7 au Zézettes de Sète. Dans les Pyrénées-Orientales, le 66 c’est les rousquilles, dans l’Aude, c’est chez moi… » Des numéros qui reviennent souvent parmi la gamme de 1 à 89 ? « Ce n’est pas moi qui les choisis, c’est le boulier », s’empresse de rappeler la jeune femme. Elle possède le secret. « La façon de tirer les boules n’est pas si aléatoire. Quand c’est au sac, pas de problème, les chiffres sortent « par hasard et doublonnent très rarement dans une même soirée ». Par contre, au boulier, « ils se mélangent mal à cause d’un filet intérieur. On a beau brasser les jetons, ils reviennent« , révèle-t-elle.
Jackie, la reine des blagues
Suspens. À Peyrestortes, soudain, Jackie se penche vers le micro et entonne à haute voix le « douuuzzze, en Aveyron où on se lave les pieds sans savon ! » La salle explose de rire, hilare. Pas de « halte » retentissant en guise d’écho, elle enchaîne son tirage rythmé, truffé de blagounettes. « Au moins, si les gens ne gagnent pas, ils passent un bon moment de rigolade« , s’amuse la bénévole du comité des fêtes du village. Elle adore entraîner son public à chanter « 51 je t’aime », ou à reprendre en chœur « Les lolos à Margot », « Elle est en haut, elle est en bas », parmi toutes ses expressions mille fois entendues ou inventées.
« J’ai étudié la carte de France pour pouvoir dire des bêtises », confie l’animatrice, âgée de 76 ans. Heureuse de semer de la joie depuis tant d’années. « Mes parents sont morts quand j’étais jeune, la rifle c’est n’est pas du tout une tradition familiale, c’est une passion », s’emballe la retraitée. Une ancienne salariée d’EHPAD où, durant 22 ans, elle a organisé des bingos pour les personnes âgées. « Moi, je n’aime pas jouer, je ne gagne pas », avoue Jackie qui préfère monter sur scène, prendre le boulier. « Je ne suis pas timide. J’ai toujours nommé un peu partout dans la région, je ne balance pas des galéjades à chaque numéro, les joueurs se lasseraient, mais je plaisante beaucoup », invite-t-elle.
En accueillant toujours la pause avec un immense plaisir. « À la pause, je me repose ! Je bois un coup et c’est reparti pour un tour. » Jackie va rejoindre sa remplaçante, Cécile.« On est deux au pupitre pour changer de mains quand les râleurs s’échauffent. Ça calme les esprits. » Surtout à l’heure de la boom à 1 000 €.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Notre rédaction vous tiendra informés des changements importants.

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