
Tentative d’attentat contre Bank of America à Paris : deux nouvelles personnes interpellées, la garde à vue du mineur prolongée
29 mars 2026
le député RN Jean-Philippe Tanguy voit en Édouard Philippe « le pire d’Emmanuel Macron »
29 mars 2026Analyse : L'équipe a relevé certains éléments clés de cette actualité.
Notre équipe propose un aperçu rapide des éléments de « L’affaire du Ritz-Carlton : déroulé d’une purge dans une prison dorée à Riyad ».
À retenir
Le 4 novembre 2017, 318 personnes de haut rang arrivent, dans des voitures de luxe, à la porte d’un grand hôtel : le Ritz-Carlton à Riyad en Arabie Saoudite. Une scène ordinaire dans un pays du Golfe, béni par la manne énergétique. Mais que font-ils tous là ? On sent bien qu’un piège est en train de se refermer. Ils scrutent anxieusement les issues de l’hôtel, barrées par de solides golgoths au regard de faucon.
Les nuits ruineuses au Ritz-Carlton
L’affaire du « Ritz-Carlton » est celle d’une épuration radicale et absolument implacable. Elle a pour décor un Royaume, aux allures de vitre sans tain, dissimulant son opulence derrière un rigorisme religieux et des intrigues de cour : vous aurez reconnu l’Arabie Saoudite !
Que s’est-il passé cette Nuit du Ritz-Carlton ? Les administrateurs de fortunes familiales liées à la famille royale, ayant répondu à l’invitation du Prince Mohammed ben Salman, ont subi le contrôle fiscal le plus épique de l’histoire, et sans doute l’épisode le plus Machiavélien de leur existence ! Sans pouvoir sortir, certains potentats ont eu à signer des chèques avec des suites de zéros qui donnent le tournis, et d’autres ont dû renoncer à l’intégralité de fortunes dont on connait mal les conditions d’acquisition…
Dans cette histoire, il n’y a pas vraiment de bons et de méchants. Juste beaucoup, beaucoup d’argent, et un monarque qui sait imposer son pouvoir, y compris auprès des Princes et célébrités de son pays. Le prince milliardaire Al-Walid ben Talal, milliardaire et investisseur mondial, le prince Miteb ben Abdallah, chef de la Garde nationale, des ministres en fonction ainsi que des hommes d’affaires comme Bakr ben Laden, patron du conglomérat de constructions qui porte son nom, tristement célèbre, vont en faire les frais.
L’omnipotent prince Mohammed ben Salman
Le brillant mais redoutable prince Mohammed ben Salman, dit MBS, a connu l’une des ascensions les plus spectaculaires de l’histoire moderne des monarchies. On ne lui refuse rien ! Il est passé de conseiller du roi Salman à ministre de la Défense, à 29 ans, avant, dès 2015, de contrôler les secteurs clés du pays : défense, économie, énergie et politique intérieure. Il est depuis l’homme fort du pays, son plan « Vision 2030 » veut définitivement tourner le dos à la dépendance du pays au pétrole, et il compte bien, dans les nuits qui suivent, confirmer cette montée en puissance. Cette nuit du Ritz-Carlton va le transformer en nouveau Cesar Borgia de l’Arabie Saoudite.
Une nuit d’insomnie dans un huis clos étouffant
Il est donc 21 heures, lorsque les portes de l’hôtel se ferment sur les plus grosses fortunes du Royaume. Leur vie de magnat est désormais à la merci de l’Etat, et à la bonne volonté du Prince. La prison 5 étoiles se referme sur eux… Dès 23 heures, les interrogatoires commencent. On n’en connait que l’objet : le patrimoine et ses irrégularités. Beaucoup des invités avouent des faits de corruption, et négocient sur place sans avoir recours à leurs conseillers. La privation de sommeil, l’isolement – même dans un lieu luxueux – fait son effet. Chaque accusé voit ses affaires exposées et sa fortune estimée. Les signatures se multiplient et l’on estime que vers 5 heures, au petit matin, on assiste peut-être à l’un des plus gros transferts d’argent privé de tous les temps.
Lorsque les puissants d’un pays sont recensés et rassemblés, c’est que leur sort s’apprête à changer, et le rideau protégeant leur puissance s’apprête à tomber pour les laisser nus… Le prince MBS a réalisé la première purge monarchique adaptée au capitalisme global. L’histoire du Ritz-Carlton ne marque pas seulement une nouvelle ère pour l’Arabie Saoudite, mais aussi une modernité politique inquiétante, dans laquelle les élites une fois enrichies se livrent à des rivalités féroces. Un effet de surprise associé à ce message cinglant : personne n’est intouchable.
A l’ère des prédateurs
La démocratie occidentale est-elle encore le meilleur régime du monde, ou faut-il admettre que le 21e siècle marque le retour des prédateurs ? Une société de contrôle nous préserve-t-elle des tours de vis imprévisibles des dirigeants autoritaires ? Les élites sont-elles destinées à faire la preuve de leur honnêteté ?
Mais une autre question est tout aussi préoccupante : Faut-il toujours se méfier des invitations ?
Pour en savoir plus
Bibliographie : Giuliano da Empoli, L’heure des prédateurs, Gallimard, 2025.
Générique
Avec la complicité du comédien Hippolyte Girardot
Extrait : L’ange exterminateur de Luis Buñuel
Musiques
- « Intro » de Sunny & The sunliners
- « Harem Silks from Bombay » de Les Baxter
- « New York ! New York ! » et « Isola Incantata » de Piero Piccioni
- « LudePre » de Francesco Tristano – Carl Craig
- « The club with no name » de Anne Dudley
- « Passion » de Pinkpantheress
- « Muftak Dansi » de Omri Smadar
- Élégie In C Minor Op.24 de Gabriel Fauré
- « Drifting Circles » de Anne Muller
- « Afro Misterioso » Klazz brothers & Cuba percussion
- Symphony In B-Flat, Op. 20 : III de Ernest Chausson
- « Vermeer’s Wife » de Spark
- « Tied Down » de Thom Hanreich
- « November Morning » de Stimming
- « I Put a spell on you » de Jay Hawkins
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

9999999