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L'équipe met en lumière les points essentiels de « « L’esprit critique » théâtre : le cirque et la politique ».
Ce qu’il faut observer
Une transposition circassienne d’un grand classique de la littérature française, un récit polyphonique et documenté d’un massacre commis dans un camp palestinien du Liban au milieu des années 1970, et un seule en scène déchaîné qui entend regarder et dénoncer de front les dynamiques fascisantes.
On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de Bovary Madame, que donne en ce moment le cinéaste et metteur en scène Christophe Honoré au théâtre de la Ville-Sarah Bernardt à Paris, de la proposition intitulée Silence, ça tourne des Libanais·es Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr, qui était récemment visible au théâtre de la Bastille à Paris, et enfin de Patatas fritas falsas du duo catalan Agnés Mateus et Quim Tarrida, à l’affiche de ce même théâtre de la Bastille.
« Bovary Madame »
Bovary Madame, d’après Gustave Flaubert, est le titre du spectacle de Christophe Honoré que présente en ce moment le théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt après avoir été visible à Lausanne, Clermont-Ferrand, Brest, Rennes, La Rochelle, Évry, Annecy, Lyon, Arras, Angers, Nantes, Anglet et Nice.
Pour mettre en scène l’histoire d’Emma, le réalisateur et metteur en scène a choisi un décor de cirque et un rythme de cabaret, agrémenté de cinéma et de vidéo puisqu’une partie des scènes se déroule dans les coulisses et que nous ne les voyons qu’à l’écran.
Emma Bovary, jouée par l’actrice Ludivine Sagnier, est ainsi entourée de toute une troupe dans laquelle les personnages de Flaubert sont aussi des figures de l’univers circassien, depuis l’acrobate jusqu’à Madame Loyal.
Costumes et musique, nudité et numéros, grand spectacle et dimension littéraire, classique et modernité ; dialogues reconnaissables et pauses « barbe à papa » et tartes à la crème invitant des membres du public à monter sur scène : comme souvent, Christophe Honoré entend proposer, ici en deux heures et demie, un spectacle capable d’embrasser les contraires et de toucher un vaste public.
En inversant le titre original de Flaubert, le metteur en scène propose-t-il alors un spectacle renversant ou sens dessus dessous ?
Bovary Madame de Christophe Honoré est visible jusqu’au 16 avril au théâtre de la Ville à Paris.
« Silence, ça tourne »
Silence, ça tourne est le titre d’un seule en scène signé Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr, interprété par cette dernière, dans lequel elle poursuit son travail de mémoire collective autour du Liban, débuté avec des pièces comme Beirut Sépia, Titre provisoire, Augures ou Ordalie.
Elle retrace ici l’histoire du camp de réfugié·es palestinien·nes de Tel al-Zaatar, dont les habitant·es furent assiégé·es et massacré·es par les milices de la droite chrétienne libanaise en 1976, avec un bilan estimé à 2 000 morts, 1 500 disparu·es et 6 000 blessé·es, dont une large majorité lors de la seule journée du 12 août.
Sur scène, un poste radio transistor et des bandes magnétiques reconstituent peu à peu l’atmosphère du siège en mêlant archives sonores et témoignages, notamment celui d’une infirmière suédoise communiste du nom d’Eva Ståhl, que les auteurs de la pièce ont retrouvée et enregistrée, mais aussi d’un reporter de guerre suédois et de l’ancien responsable de la Croix-Rouge internationale.
Dans un décor sobre, Chrystèle Khodr déroule des bandes magnétiques qu’elle accroche à des mâts, construisant ainsi une forme de maison ou d’abri, comme elle déroule son histoire, sans nœuds ni effets, avec une volonté de tisser les récits pour en refléter les réalités implacables et construire un lieu de mémoire.
Silence, ça tourne, de Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr, était récemment au Théâtre national populaire de Villeurbanne, à la Maison de la culture de Seine-Saint-Denis à Bobigny, au théâtre Joliette à Marseille et au théâtre de la Bastille à Paris.
« Patatas fritas falsas »
Patatas fritas falsas est le titre de la pièce des Espagnol·es Quim Tarrida et Agnés Mateus, créée en Catalogne et montrée au théâtre de la Bastille à Paris. Ce seule en scène, interprété avec grande énergie par Agnés Mateus, entend regarder le fascisme en face et prendre le public à partir d’un texte très frontal, de quelques coups de feu, d’une lumière stroboscopique, d’une marionnette de Franco, de nombreux lustres qui parfois se détachent pour tomber violemment sur scène, de musiques de boîte de nuit de la Costa Brava, mais aussi d’une machine à laver.
Après une première pièce sur les violences policières, puis une seconde sur les violences faites aux femmes, c’est à la violence politique que s’attaque le duo catalan dans ce spectacle, qui s’ouvre sur la vision d’un gigantesque drapeau franquiste occupant tout l’espace habituellement occupé par les rideaux de scène.
Avec :
- Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre » ;
- Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux ;
- Vincent Bouquet, dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb.
« L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé chaque semaine par les équipes de Gong.
Source : www.mediapart.fr
Conclusion : Cette situation fera l’objet de mises à jour régulières par nos journalistes.

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