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30 mars 2026Pourquoi, en supprimant le drapeau européen du fronton de la mairie de Carcassonne, Christophe Barthès a aussi nié tout ce que l’Europe apporte au chef-lieu de l’Aude et à l’agriculteur Barthès Christophe
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Résumé rapide
Le dimanche 29 mars, quelques heures après son élection officielle comme maire de Carcassonne, l’élu Rassemblement national Christophe Barthès a enlevé le drapeau européen du fronton de l’Hôtel de Ville. Un geste qui revient à passer sous silence tout ce que l’Union européenne représente en matière de coopération, mais aussi pour les aides chiffrées en millions d’euros, qui ont permis à de nombreux projets carcassonnais d’aboutir.
Au-delà de la mesure toute symbolique et d’un buzz savamment orchestré, Christophe Barthès a aussi oublié un détail de taille en choisissant, le dimanche 29 mars, d’ôter le drapeau européen du fronton de l’Hôtel de Rolland. Car l’Union européenne (UE), ce sont aussi des aides. Le traditionnel argument d’un déséquilibre entre contribution française et aides perçues en retour a aujourd’hui du plomb dans l’aile. Sur la période 2021-2024, la France a « versé » 26,2 milliards d’euros par an à l’UE ; et reçu en retour 25,1 milliards, en intégrant le plan de relance. Coût de l’Europe par an et par Français : 15 €.
Sans oublier que la simple soustraction entre milliards versés et reçus est dénuée de sens. D’abord parce que l’Europe, c’est son principe, ne s’arrête pas aux frontières. Et que les Français – et donc les Carcassonnais – peuvent bénéficier de programmes d’échanges scolaires et universitaires comme Erasmus, largement développé au lycée Jules-Fil ; mais aussi d’infrastructures ferroviaires qui traversent le continent ; ou encore d’une lutte contre le terrorisme coordonnée à l’échelle continentale. Dernier exemple sans doute lourd de sens dans une ville qui a payé le prix cher en mars 2018. Sur la période 2021-2027, celle du cadre financier pluriannuel de l’UE, 16,8 milliards d’euros de Fonds européen de développement régional (Feder), de Fonds social européen plus (FSE +) et de Fonds de transition juste (FTJ) irriguent la France annuellement. Une somme qui permet 30 milliards d’euros d’investissements locaux. Car bien souvent, les aides européennes ont tout de la manne qui permet à des collectivités de boucler leur tour de table. Carcassonne en est un des exemples.
85 % des 2,35 M€ de restructuration des urgences de l’hôpital financés par l’UE
Depuis le dimanche 29 mars, Christophe Barthès est, en sa qualité de maire, membre du conseil de surveillance du centre hospitalier de Carcassonne. La santé, l’élu l’a évoquée dans son discours d’installation. Faisant de « l’attractivité médicale » et de « l’accès aux soins » une « priorité absolue ». Dans une ville où le nombre de patients sans médecin traitant explose, l’hôpital public et ses urgences sont devenus, par défaut et pour beaucoup, le premier accès aux soins. Et c’est justement « grâce au Fonds européen » que l’hôpital carcassonnais « a pu s’engager dans plusieurs projets d’envergure », l’établissement le dit lui-même. D’abord entre février 2020 et décembre 2022, avec 626 712 € financés à hauteur de 90 % (564 041 €) par le Feder, pour « des investissements matériels et d’équipements Covid pour une meilleure prise en charge des patients » ; ensuite avec 850 912 €, toujours du Feder, pour 80 % des 1 063 640 € dédiés à la « sécurisation […] face au risque d’inondation », entre juin 2021 et décembre 2022 ; enfin avec une enveloppe équivalente à 85 % des 2 353 552 € de « restructuration du service des urgences pour améliorer l’accueil des patients », entre septembre 2020 et décembre 2023.
Fin 2022, la visite de chantier du nouvel IUT installé en centre-ville est l’occasion de resituer le projet dans le cadre de la redynamisation du centre-ville. Ce n’est pas autre chose qui est dit sur la fiche Feder du dossier : « L’implantation d’un campus universitaire en centre-ville constitue un enjeu majeur pour la commune de Carcassonne car le mouvement de son offre étudiante et l’accueil de nouveaux venus va également dynamiser son centre-ville et son économie. » De quoi apprécier, aux côtés de 40 % pris en charge par l’État, les 38,26 % financés par l’Europe pour un dossier à près de 3 M€.
Aides directes à la Ville, mais aussi à l’Agglo, aux entreprises, aux associations
Et les exemples pourraient continuer. La liste exhaustive des associations, bailleurs sociaux, entreprises, chambres consulaires ou syndicats agricoles, qui ont, un jour ou l’autre, bénéficié d’une aide européenne pour une action ou un projet carcassonnais, serait trop longue. Entre 2007 et 2013, 14,5 M€ de Feder ou de FSE ont été perçus pour 49,9 M€ de projets portés par des organismes basés à Carcassonne : avec, notamment, 188 logements sociaux réhabilités par Alogea au Viguier, les ateliers d’insertion cuisine du Trenel, ou l’extension de la pépinière d’entreprises Creaude à Carcassonne. Sans oublier que, lorsque l’Europe ne finance pas directement Carcassonne, elle est souvent aux côtés de l’Agglo. Comme avec le programme d’intérêt général (PIG) post-inondations d’octobre 2018, pour « aider les ménages sinistrés à mener les travaux nécessaires à la réhabilitation de leur logement », avec 120 945 € de Feder sur 302 418 €. Ou la construction, avec 19,5 % de financement UE, d’une unité de méthanisation des boues : un équipement destiné à diminuer la quantité de boues produites d’environ 30 %, à réduire les nuisances olfactives et à produire du biométhane. Un équipement destiné à la station Saint-Jean… de Carcassonne.
Une politique agricole commune qui a bénéficié à Christophe Barthès, l’agriculteur
Carcassonne, où, en 2024, 53 bénéficiaires de la politique agricole commune (PAC), géant qui pèse pour 25 % du budget de l’UE, étaient recensés. Des exploitants, bien sûr. Mais aussi des établissements scolaires, comme le lycée agricole de Charlemagne ; des collectivités, avec 10 845 € du programme de l’UE en faveur de la consommation de fruits, de légumes et de lait à l’école versés à la Ville. Au total, plus d’1 M€ d’aides. Une PAC précieuse. Un adjectif que ne reniera sans doute pas un certain Barthès, Christophe, agriculteur trébéen. Un métier cité par le député Christophe Barthès dans sa déclaration d’intérêt et d’activité modificative déposée le 10 octobre 2024 auprès de la haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATPV) : il y citait au chapitre des activités professionnelles donnant lieu à rémunération ou gratification celle d’agriculteur, avec l’exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Barthès pour employeur, et 0 € net perçu de 2019 à 2024. Une EARL créée en 1978, spécialisée dans « la culture de céréales, de légumineuses et de graines oléagineuses », dont le dirigeant enregistré au registre national des entreprises (RNE) est Christophe Barthès. Une EARL qui, au titre des PAC 2023 et 2024, a perçu 18 413 € puis 14 498 €.
Des sommes au coeur de l’interrogation formulée par le ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, auprès de l’Agence France-Presse, en réaction au retrait du drapeau européen par trois maires RN, dont Christophe Barthès : « Vont-ils aussi refuser les fonds européens que touchent nos agriculteurs, nos entreprises pour la réindustrialisation, nos territoires ? Vont-ils rendre leurs indemnités du Parlement européen ? » L’opération serait douloureuse. Car pour les années 2010, 2011 et 2012, l’EURL Barthès a ainsi perçu 42 698,25 €, puis 50 356,46 € et 50 226,51 € pour un total de plus de 143 000 € sur trois ans. Coquette somme à laquelle s’ajoutent près de 150 000 € pour la dernière décennie.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Un suivi régulier permettra de mieux comprendre cette information.

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