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30 mars 2026pourquoi Gabriel Attal et Édouard Philippe choississent deux stratégies opposées pour la présidentielle
Analyse : Notre rédaction met en lumière les points essentiels à retenir.
L'équipe éditoriale a étudié « pourquoi Gabriel Attal et Édouard Philippe choississent deux stratégies opposées pour la présidentielle » et partage son avis.
Résumé rapide
Le patron de Renaissance tente de reprendre la main et se montre prêt à plonger dans le grand bain pour 2027. Le maire du Havre, lui, choisit de se maintenir en retrait. En difficulté dans les sondages, Gabriel Attal n’a peut-être pas d’autre choix. Édouard Philippe compte bien, lui, profiter de son avance dans les intentions de vote.
Deux salles, deux ambiances dans le bloc central. À 12 petits mois de la présidentielle, Gabriel Attal a des fourmis dans les jambes et fonce en vue de 2027. Édouard Philippe, pourtant officiellement candidat depuis septembre 2024, compte bien prendre son temps.
« C’est un peu la métaphore du lièvre et de la tortue avec deux façons de faire assez différentes. Mais ils ne sont pas câblés pareil. Je ne les imaginais pas vraiment se copier l’un l’autre », observe un député Modem auprès de BFM.
Difficile de lui donner tort. Relativement discret ces derniers mois, le président des députés Renaissance et patron du parti présidentiel appuie sur le carburateur. Au menu des prochaines semaines: un livre sur son parcours qui contiendra aussi ses propositions pour l’Élysée, une tournée de dédicaces, des rencontres avec des maires macronistes après des municipales bien plus réussies que prévu et un grand meeting avant l’été en Île-de-France.
« Il va falloir mouiller le maillot »
Cap aussi sur de nouvelles « nuits de la République » sur le modèle de la soirée de débat organisée en janvier à Paris autour de thèmes comme « Faut-il tout faire péter? » et d’invités « disruptifs » comme le philosophe Alain Finkelkriaut et le patron du Medef Patrick Martin.
Très très loin donc d’Édouard Philippe, pourtant redevenu maire du Havre le 22 mars dernier – une condition sine qua none d’après lui pour totalement se lancer dans la course à l’Élysée. Le dévoilement de son programme présidentiel prévu pour le printemps depuis des mois? Il est reporté. Son meeting du 12 avril à Paris dans les tuyaux de longue date? Lui aussi aura lieu à un autre moment. La raison invoquée? Le marathon de Paris pourtant annoncé depuis des semaines.
« C’est étrange cette manie de freiner des quatre fers. Il veut ou il ne veut pas être candidat? Il va falloir mouiller le maillot à un moment. S’il a juste envie d’être président sans se faire élire, ça va être compliqué », se moque un député LR.
L’espoir d’être le plus puissant du bloc central dans les sondages
En attendant, le contexte fait les affaires de Gabriel Attal qui ne compte pas s’effacer dans les prochains mois, montrant bien qu’il compte se battre pour pouvoir être celui qui portera les couleurs du bloc central sur la ligne de départ.
90 personnalités, d’élus LR à des ministres Renaissance en passant par des députés Modem, ont lancé un appel dans La Tribune dimanche pour avoir un candidat unique du socle commun. Le but: dépasser « les querelles d’ego » et surtout avoir une chance de gagner la présidentielle plutôt que d’aligner trois ou quatre visages aux idées assez proches sur la ligne de départ.
Désignation par une primaire ouverte? Ou bien en observant qui est le plus haut dans les sondages? Ce texte, signé notamment par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon (Renaissance) et son collègue LR Vincent Jeanbrun en charge du Logement, se garde bien de trancher mais tombe à pic pour Gabriel Attal.
« Le but est clair pour lui: s’imposer dans les sondages, ce qui reste bien moins compliqué qu’une primaire à organiser et contraindre ses concurrents à se retirer à son profit en se disant qu’il faut mieux renoncer que faire gagner le RN à la fin », synthétise un député macroniste.
Fébrilité
Pour l’instant, le pari n’est pas gagné. Le trentenaire est très loin de faire la course en tête. Dans un sondage Elabe pour BFMTV et dans une configuration sans Édouard Philippe, Gabriel Attal ne récolte que 11,5% des intentions de vote au premier tour, derrière Raphaël Glucksmann (12,5%), Jean-Luc Mélenchon (12%) et Marine Le Pen (34%).
Faudrait-il voir dans l’accélération de l’ancien locataire de Matignon une certaine fébrilité?
« S’il était si sûr d’avoir ses chances, je pense qu’il attendrait septembre. Mais en même temps, personne ne sait où en sera le pays et la situation internationale à ce moment-là. Je comprends qu’il se dise qu’il faut y aller », reconnaît un député Horizons.
En attendant, Édouard Philippe peut se targuer de rafler la mise dans les intentions de vote. Dans le même sondage, Édouard Philippe récolte 20,5% d’intentions de vote, certes très loin derrière Jordan Bardella (35%). Mais ce score lui permet de se qualifier pour le second tour et de l’emporter face au candidat du Rassemblement national (51,5%).
« Le moins qu’on puisse dire, c’est que manifestement, la posture de ne pas parler pour ne rien dire séduit les Français », se targue l’un de ses soutiens.
Le risque de dévisser
En réalité, au sein d’Horizons, certains le pressent d’accélérer et ne pas tout miser sur les études d’opinion. Ces dernières décennies, de nombreuses figures de la vie politique qui caracolaient dans les sondages ont explosé en plein vol d’Édouard Balladur en 1995 à Alain Juppé en 2016 en passant par Lionel Jospin en 2002. Bref, les intentions de vote du printemps 2026 ne feront pas l’élection de 2027.
« Ne nous reposons pas sur nos lauriers en nous disant que le silence est forcément la meilleure stratégie. On peut se mettre à dévisser dans les sondages brutalement, sans comprendre pourquoi et là, ce sera peut-être très dur de remonter la pente », s’inquiète un maire Horizons.
En décembre justement, la cote de popularité du maire du Havre avait chuté selon le baromètre mensuel Ipsos BVA-CESI, publié par La Tribune Dimanche. Une baisse de six points par rapport au sondage de novembre, qui suivait une séquence où Édouard Philippe avait pris la parole à plusieurs reprises en plein chaos du vote du budget. Le patron d’Horizons avait plaidé pour un départ anticipé d’Emmanuel Macron de l’Élysée, défendant avec force « la seule décision digne qui permet d’éviter 18 mois d’indétermination et de crise« .
Ne pas s’abîmer « dans le catch et la boue »
Face à la profusion de candidatures à droite et au centre, déclarées comme celle de Bruno Retailleau en passant par David Lisnard et Xavier Bertrand et celle pressentie de Yaël Braun-Pivet, Édouard Phillipe reste convaincu qu’il faut rester au-dessus de la mêlée.
A la faveur de la dissolution-surprise de l’été 2024, le maire du Havre avait fait le choix de ne pas descendre dans la future mêlée de l’Assemblée.
« Il avait pressenti d’une certaine façon qu’il s’abîmerait dans le catch et la boue de cette nouvelle mandature. Et il a eu raison. ll fait le même pari cette fois-ci », avance l’un de ses proches.
« La présidentielle, c’est aussi une guerre d’usure. Qui craque le premier? Qui tient? C’est aussi ça qui se joue », décrypte un vieux routier du Parlement, qui en est convaincu, la situation politique se « cristallisera » après le 7 juillet.
Soit le jour du jugement de Marine Le Pen dans le cadre du procès du RN dans lequel elle pourrait être déclarée à nouveau inéligible, stoppant nets ses rêves d’Élysée. De quoi rebattre à nouveau les cartes.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Nous continuerons à partager nos observations sur cette actualité.

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