
Un haut responsable de la CAF démissionne au milieu des réactions négatives de la CAN
30 mars 2026/2026/03/30/69cadbdb499e9240162400.jpg?w=150&resize=150,150&ssl=1)
comment éviter que certaines communes se transforment en désert bancaire ? – franceinfo
30 mars 2026“s’il y a un coupable, ça voudrait dire qu’on a tué mon bébé », témoigne la mère d’un nourrisson décédé
Analyse : Notre équipe propose une synthèse des points importants.
Notre équipe propose un aperçu rapide des éléments de « “s’il y a un coupable, ça voudrait dire qu’on a tué mon bébé », témoigne la mère d’un nourrisson décédé ».
Récap des faits principaux
TÉMOIGNAGE RMC. Le 23 décembre 2025, Camille perd son bébé Isis, alors qu’elle n’a que 27 jours. Sa mort est inexpliquée, c’est seulement quelques semaines plus tard qu’elle fait le rapprochement avec les lots de laits infantiles rappelés, que sa fille a consommés. En quête de réponses, elle témoigne aujourd’hui sur RMC.
Née fin novembre, Isis était un « bébé étoile filante », se souvient tendrement sa mère, Camille. « C’était un bébé très en avance, à trois semaines elle nous faisait déjà des sourires. » Isis grandit vite et bien, réglée comme une horloge. Elle prenait « un biberon toutes les trois heures » sinon gare à ses pleurs, déjà bien puissants.
Depuis sa naissance, Isis boit du lait infantile de la marque Guigoz. Le 22 décembre, Camille entame une nouvelle boîte. « À la suite de ce premier biberon, confie la maman, elle a eu des diarrhées, chose qu’elle n’avait jamais eue, parce que c’était un bébé constipé. » Camille ne s’inquiète pas pour autant: elle a déjà une première fille, elle sait que les nourrissons ont parfois des problèmes intestinaux. Isis prend deux autres biberons, à 22 heures, puis dans la nuit vers 2h30. C’est la dernière fois que Camille verra sa fille vivante.
« J’ai retrouvé mon bébé cyanosé, les yeux et la bouche bleus avec du sang qui sortait par le nez »
« Le 23 décembre, à 6h15 du matin, je me suis réveillée en sursaut. J’ai retrouvé mon bébé cyanosé, les yeux et la bouche bleus avec du sang qui sortait par le nez. » La femme de 27 ans pousse un cri d’effroi, puis dans l’urgence appelle la police, qui lui indique comment réaliser un massage cardiaque, le temps que les pompiers arrivent. « Arrivés au CHU d’Angers, on m’a dit que le cœur ne repartirait pas. J’ai perdu mon bébé le 23 décembre. » Alors qu’Isis avait à peine 27 jours.
S’ensuivent des semaines d’incertitude, de douleur, de doutes. Des premières analyses sont faites, pour tenter de comprendre ce qu’il s’est passé. Elles révèlent que Camille n’y est pour rien. Quelques semaines plus tard, on lui annonce qu’aucun virus ou bactérie n’est en cause. Seule certitude suite à l’autopsie: Isis a fait un œdème pulmonaire, et son cœur était légèrement trop gros. Jusqu’à son décès, le bébé n’avait aucun problème de santé, ses bilans de santé ne présentaient aucune inquiétude.
Ce n’est que mi-janvier que la grand-mère maternelle d’Isis fait le lien avec les laits infantiles, en voyant un parution à propos d’un bébé décédé à Bordeaux. Il a depuis été prouvé que dans ce cas, il n’y avait pas de lien avec le lait infantile Guigoz consommé. La mère de Camille lui conseille de vérifier la boîte de lait consommée par Iris quelques heures avant sa mort.
Une dose « anormale » de toxine céréulide a été retrouvée dans le lait
Camille retourne alors chez elle pour la première fois depuis la mort de sa fille. Elle retrouve la boîte de lait, mais aussi la couche contenant les selles d’Iris, et ses derniers vêtements. Des éléments précieux pour l’enquête. Le lait infantile qu’Iris a pris la veille de sa mort fait partie des lots rappelés. « Je contacte les autorités, je leur remets la boîte de lait, ils la mettent sous scellé et elle part en expertise », explique Camille.
Le 6 mars 2026, le parquet d’Angers, chargé de l’enquête « en recherche des causes de la mort » annonce qu’une dose « anormale » de toxine céréulide a été retrouvée dans le lait infantile consommé par le nourrisson. « On nous annonce une dose trois fois supérieure » à la normale, se souvient Camille. C’est cette toxine qui est à l’origine des rappels massifs de lait infantile.
Cette nouvelle étape est loin d’être un soulagement pour la maman: « Pour l’instant, je culpabilise toujours, je suis toujours dans l’attente de résultats. Je suis juste une maman qui attend, et qui a perdu son bébé. » De nouvelles analyses des selles d’Isis se font toujours attendre. « Sous quinzaine », précise le procureur d’Angers à RMC.
« Dans une telle circonstance, on se dit qu’on n’a pas su protéger notre enfant »
« Aujourd’hui, je me pose la question de savoir s’il y a un lien entre le lait et son décès? », s’interroge Camille. Tout ce que réclame la maman, c’est qu' »on fasse la lumière » dans cette affaire: « Je suis quand même la principale concernée. Je suis la maman d’Isis, et on ne me dit rien du tout. » Elle regrette de ne pas savoir ce qui se passe, ni où en est l’enquête. Depuis, ces journées sont toutes les mêmes: « Je dépose ma plus grande fille Olympe à l’école. Je vais au cimetière tous les jours. Et ensuite j’attends: des réponses, des résultats, des appels. »
Sans explication logique de la mort de sa fille, Camille ne peut s’empêcher de culpabiliser. « Si le lait est en cause, j’aurais empoisonné mon bébé sans le savoir. Dans une telle circonstance, on se dit qu’on n’a pas su protéger notre enfant », dit-elle tristement. « Pour l’instant, je n’ai pas de colère. Je pense que je suis trop faible pour avoir de la colère pour l’instant. »
Tout ce que cette maman veut savoir, c’est ce qu’il s’est passé ce 23 décembre. « Pourquoi est-ce que sur un bébé qui était en bonne santé, d’un coup le mécanisme corporel se dégrade totalement et qu’un processus de mort arrive? Ça me semble pas logique. Elle allait bien la veille au soir, il n’y a rien qui [laissait entendre] qu’elle décède dans la nuit. »
S’il y a un coupable, « ça voudrait dire qu’on a tué mon bébé »
S’il y a un coupable « et qu’elle aurait dû vivre, je veux me battre pour Isis », assure Camille. Même si elle préférerait « qu’il n’y en ait pas ». « Ce serait plus simple pour moi de me dire c’est la vie qui voulait ça et qu’elle devait pas vivre. « S’il y a un coupable, ce n’est pas juste rentrer chez soi et pleurer, c’est un combat à mener. S’il y a un coupable, ce serait terrible, parce que ça voudrait dire qu’on a tué mon bébé », souffle Camille.
« Elle aurait dû vivre et ne pas avoir une fin aussi brutale en pleine nuit, dit Camille, émue. « Je n’ai même pas pu lui dire au revoir. Je pense qu’on n’accepte jamais le décès d’un enfant. Mais s’il y a une tierce personne qui est intervenue dedans, c’est encore moins gérable. » « Après s’il y a un coupable, je lui ai promis sur sa tombe que je la défendrais. Mais encore une fois, ça reste à prouver. »
Foi en la justice
Pour cela il faut que l’enquête avance. De premières réponses ont été apportées après les analyses faites sur le lait infantile consommé par Isis. Mais les résultats de ses selles et d’autres examens n’ont toujours pas été rendus. Entre temps, la vie de Camille est en suspens. Isis « a toujours sa place à la maison ». « Elle a une étagère qui est une sorte de petit autel, elle a sa couverture sur le canapé… C’est comme si je l’attendais, parce que j’ai pas de raison à son décès. » « La seule chose qui n’est pas en pause, c’est le cimetière, qui est le seul endroit où je me retrouve, parce qu’Isis est là. »
Camille attend des réponses, et a « envie de croire en la justice ». « S’il y a un coupable, si c’est à cause du lait: il faudra aller plus loin et ne pas se taire parce que ce sont des multinationales. » Car selon Camille, « le lait a été rappelé trop tard ». Elle a d’ailleurs également porté plainte aux côtés de l’association Foodwatch et d’autres familles.
« Si j’avais vu qu’il y avait des lots rappelés, je n’aurais pas acheté le lait, et peut-être qu’elle serait encore là. » Camille a du mal à comprendre pourquoi il n’y a pas davantage de transparence: « Je me dis qu’on nous cache des choses, et j’aimerais bien comprendre ce qu’on nous cache. Si on ne veut pas dire les choses, c’est qu’il y a des choses à dire. »
“Nous sommes profondément touchés par les témoignages des familles concernées et présentons nos sincères condoléances aux familles endeuillées. À ce stade, et comme l’ont rappelé les autorités sanitaires, aucun lien n’a été démontré médicalement entre la consommation de nos laits faisant l’objet des rappels et une maladie ou le décès d’un nourrisson”, a indiqué un porte-parole Nestlé à RMC ce lundi 30 mars. Le groupe a, depuis les rappels, changé de fournisseur d’huile riche en acide arachidonique (ARA), qui contenait des traces de toxine céréulide.
Source : rmc.bfmtv.com
Conclusion : Cette information sera mise à jour dès que de nouveaux éléments apparaîtront.

9999999
