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Ce qu’il faut observer
Recruter s’avère parfois difficile pour les chefs d’entreprises. Et ce n’est pas à cause d’un manque de candidats, mais plutôt car ces derniers ont du mal à se loger. Alors certains décident d’investir dans des logements pour pouvoir les proposer à leurs employés ensuite.
La crise du logement touche aussi les entreprises qui n’arrivent plus à recruter. Près d’un patron sur cinq a vu des candidats refuser leur poste à cause d’un accès au logement difficile. Dans une tribune aux Échos début février, la Fédération des Promoteurs immobiliers donne elle aussi l’alerte, et appelle les politiques locaux à prendre la crise du logement au sérieux.
Mais en attendant, ce sont les patrons qui s’y collent. Ils prennent de plus en plus les devants pour loger eux même leurs salariés.
Certains n’hésitent pas non plus à construire et à rénover eux même les habitations. C’est le cas dans le Pays-Basque. À Hasparren, à 20 kilomètres de Bayonne. Dans une grande bâtisse blanche, avec de magnifiques colombages rouges, neuf chefs d’entreprises, dont certains font du fromage, d’autres de la sellerie, se sont rassemblés pour faire émerger ce projet.
“Cette bâtisse, quand on l’a acheté, il n’y avait que cette façade qui tenait debout. Donc on a gardé que la façade et on a refait toute la demi-toiture pour faire quatre appartements. On est sur un territoire très convoité qui n’est pas forcément accessible notamment à nos salariés. Donc, pour eux, c’est positif », assure Hubert Candelé, l’un des patrons.
« Économiquement, je ne vous cache pas que c’est assez tendu parce que c’est un investissement de près de deux millions d’euros. On ne fera pas de profit. Ce n’est pas non plus à perte parce que si nos entreprises n’ont plus la capacité d’accueillir des salariés sur le territoire, et bien elles n’ont plus lieu d’être”, explique-t-il.
Avantageux pour les salariés
Tous ces logements sont déjà pris, alors le groupement de sociétés s’est lancé dans un nouveau chantier de deux habitations et encore d’autres projets. Pour les salariés qui en profitent, c’est avantageux, car ils profitent d’un loyer qui est 15 à 20% moins cher que les prix pratiqués dans le Pays-Basque. Ludivine nous a ouvert la porte de son appartement de près de 80m2, elle est salariée d’une des sociétés, et cela fait 6 mois qu’elle habite ici avec son fils.
“J’ai commencé à chercher un logement et j’ai tout de suite constaté que c’était très compliqué. C’était soit pas accessible, soit trop cher. C’était bien 200 euros plus cher qu’ici donc ça m’aurait conduite à faire soit plus d’heures de travail, soit trouver un complément”, confie-t-elle.
Une initiative, qui n’est pas un cas isolé. Plusieurs exemples existent. Une société dans le Morbihan a construit 41 logements, une grande entreprise loue 27 studios meublés dans le même département, et d’autres projets sont en cours en Mayenne ou en Savoie, mais aussi au Pouliguen en Loire-Atlantique.
Une proposition de loi à l’étude
Alexandre Thiebaut héberge trois salariés à l’année. Le président de l’Umih en Pays de la Loire possède huit appartements pour loger employés et saisonniers. Et il voit cette initiative prendre de l’ampleur. “J’ai plein de confrères qui ont acheté des maisons et qui les découpent en trois ou quatre mini-appartements. On s’enlève du stress, on s’achète une qualité de vie et de management aussi. Mais c’est vrai que quand j’ai acheté mon affaire en 2019, je ne savais pas que je devais me créer un empire immobilier pour que mes affaires soient pérennes”, appuie-t-il.
Une situation que vit également Dominique Lamballe, président de FenêtreA, une entreprise qui fabrique des portes, des fenêtres ou encore des volets dans le Morbihan. Face à des difficultés de recrutements, il a choisi de construire un lotissement de 41 maisons pour loger ses salariés. Un choix contraint selon lui.
“Moi je ne voulais pas y aller, mais le principe de réalité c’est que pour lancer cette usine, si on n’a pas de logement on ne va pas arriver. Donc on a lancé des logements. On a une commune qui nous a proposé un terrain et à partir de là, on a dû tout créer à partir de rien”, explique-t-il sur RMC ce mardi.
Une proposition de loi est d’ailleurs à l’étude pour faciliter le logement des salariés avec, au cœur de cette proposition un “bail employeur”. Il permettrait de lier contrat de travail et contrat de location. Un lien risqué pour Catherine Sabbah, directrice de l’institut des Hautes Études pour l’Action dans le Logement.
“Qu’est-ce qui arrive quand le salarié perd son emploi? Il perd aussi son logement. Donc le risque, c’est de lier ces deux piliers de la vie des ménages que sont le travail et l’habitat et de les lier à un seul décideur qui est en fait l’employeur”, assure-t-il.
L’experte reconnaît que les entreprises font ce qu’elles peuvent, mais c’est pour elle un peu un retour en arrière, elle compare ce phénomène à l’époque des cités ouvrières où le patron logeait les ouvriers fin 19e début 20e siècle. Elle en appelle donc aux pouvoirs publics, selon elle, c’est à eux d’éviter cela.
Source : rmc.bfmtv.com
Conclusion : Cette information sera réévaluée à mesure que de nouveaux éléments apparaissent.

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