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31 mars 2026Nous avons récupéré les pseudos » : quand le maire RN de Carcassonne intimide sur Instagram des lycéens décidés à se mobiliser « contre la montée de l’extrême-droite
Analyse : Notre rédaction met en avant les points essentiels à retenir.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « Nous avons récupéré les pseudos » : quand le maire RN de Carcassonne intimide sur Instagram des lycéens décidés à se mobiliser « contre la montée de l’extrême-droite ».
Points essentiels
Un groupe créé sur les réseaux sociaux appelait à une manifestation ce mardi 31 mars pour protester contre « la montée de l’extrême-droite à Carcassonne ». Le maire RN Christophe Barthès a publié sur ce même groupe un message aux allures d’avertissement. Les enseignants de Jules-Fil et Paul-Sabatier dénoncent le choix de « faire taire par la peur » et ce message dont l’élu a d’abord nié être l’auteur dans l’après-midi. Son 2e adjoint assure qu’il « fallait réagir tout de suite », et « rappeler la loi ».
De manifestation, il n’y a finalement pas eu. Mais ce sont bien les répliques autour d’une potentielle mobilisation lycéenne envisagée ce mardi 31 mars 2026 pour protester contre « la montée affligeante de l’extrême-droite à Carcassonne et partout en France et en Europe », qui interrogent. Et tout particulièrement le message posté par le maire RN à l’attention des lycéens sur le groupe Instagram créé pour l’occasion.
De quoi susciter, comme en prend décidément l’habitude Christophe Barthès depuis son élection, un intérêt national. Après le déluge d’articles, sujets radio ou télé suscités par son arrêté anti-mendicité et le choix d’ôter le drapeau européen du fronton de la mairie dès son 1er jour passé avec l’écharpe tricolore, c’est cette fois un message sur les réseaux sociaux qui fait le – bad ? – buzz.
Nous ne pouvons pas nous permettre de ne rien dire, de ne rien faire
Lundi 30 mars, c’est sur Instagram qu’un élève de Jules-Fil appelle à une manifestation qui a « pour but de faire valoir nos droits et défendre nos valeurs […] Cette montée à la fois du fascisme, du racisme, et des inégalités est totalement dangereuse pour nous. Nous ne pouvons pas nous permettre de ne rien dire, de ne rien faire. Alors allons dans la rue, allons leur faire comprendre que la jeunesse d’aujourd’hui ne veut plus de tout ça, protestons pour nos droits, nos valeurs et nos principes ». La mobilisation, sous forme de blocus des établissements, est envisagée le mardi 31 mars, journée choisie par les enseignants pour protester contre les coupes budgétaires, n’oublient pas de rappeler certains lycéens. Sur le groupe, les discussions vont bon train, et la capture d’une chronique de Street Press vient résumer « l’œuvre » du maire élu avec 40,40 % des voix le 22 mars. Un CV qui rappelle, entre autres, que l’élu a posé en 2024 devant la pancarte intimant « Va faire la soupe salope » à Sandrine Rousseau, est « connu pour ses prises de position climatosceptiques » et que, « comme treize de ses pairs », il a été « membre d’un groupe Facebook privé où se déversaient insultes racistes […] ».
Les services de police ont été prévenus. Bonne journée
Le post fait son petit chemin. Mais un membre a visiblement des affinités avec l’élu, qu’il invite dans le groupe. Et le maire s’adresse donc aux lycéens. Pression, menace, intimidation, faites votre lecture : « Bonjour, Nous avons récupéré les pseudos de chaque membre du groupe et si aucune manifestation n’est déclarée en préfecture ou si des dégradations sont commises, les services de police ont été prévenus. Bonne journée. » « Merci », lui répond son fervent soutien. La nuit passe, et ce mardi matin, ils ne sont finalement qu’une poignée d’élèves de « Sab » et de « Jules » à rallier la direction des services départementaux de l’Education nationale (DSDEN), où les enseignants sont mobilisés alors que doit se tenir un comité social d’administration consacré à la carte scolaire du 1er degré.
Sauf que la réponse de l’élu n’est pas passée inaperçue. L’initiateur a certes « supprimé » Christophe Barthès du groupe sur Instagram. Mais le message suscite l’intérêt, une fois de plus, de la presse nationale, L’Humanité en tête. Dans un échange avec un chroniqueur du quotidien fondé par Jean Jaurès, le maire carcassonnais assure qu’il n’est pas l’auteur du message : « Ce n’est absolument pas moi. Je ne fonctionne pas comme ça. » Cohérent avec la réponse que nous apportera Christophe Barthès par SMS. Une réponse lapidaire : « Faux compte. » Etonnant, cependant, puisque le message renvoie bien vers son compte personnel aux 4 446 followers et 1 519 publications, celui du « maire de Carcassonne », « député de l’Aude », « conseiller régional d’Occitanie » et « agriculteur ».
« Faux compte » dit le maire, avant que son 2e adjoint ne confirme qu’il est bien l’auteur du message
Florent Ghisi, délégué départemental du Rassemblement national de la jeunesse de l’Aude, son directeur de campagne pour les municipales, prend la suite, avec un appel. Un échange, avec celui qui est devenu le 2e adjoint carcassonnais ce dimanche 29 mars, qui permet d’abord de rétablir la vérité. Le maire, alors en direct sur le plateau de CNews, est bien l’auteur du message. « Ce n’est pas un faux compte. Mais il a énormément de dossiers à traiter, il a dû confondre », tente d’expliquer Florent Ghisi. Voilà pour la forme. Sur le fond, celui qui a notamment en charge la délégation du « développement des actions en faveur de la jeunesse » – ça ne s’invente pas –, assure que, « au vu des menaces, il fallait réagir tout de suite ». Quelles menaces ? « Des messages à caractère violent, avec un appel à faire « sauter » le maire, et un emoji dynamite employé en parlant de la préfecture », précise l’élu, pointant l’action en sous-main de forces « d’extrême-gauche ». Si l’on n’a jusqu’à aujourd’hui jamais vu un emoji exploser, Florent Ghisi persiste et signe : « C’était nécessaire de calmer les choses, de rappeler la loi, ni plus, ni moins. D’ailleurs il ne s’est rien passé ce matin », assure l’élu, convaincu d’avoir tué dans l’œuf la sédition. Et de conclure : « Mais ce n’était aucunement des menaces. »
Une lecture qui ne fait pas l’unanimité. Tout particulièrement dans le monde de l’éducation, outré par cet épisode que le 2e adjoint accepte de resituer dans ces 48 heures premières de mandature hautement agitées. Visiblement pas un problème pour le RN : « C’est très positif, ça fait parler de la ville de Carcassonne. » Pas certain que l’office de tourisme ait validé la campagne de promotion.
Une lettre des enseignants de Jules-Fil et Paul-Sabatier pour dénoncer une « logique d’intimidation »
Le courrier, directement adressé à « Monsieur le maire », est signé par « des enseignants mobilisés et non syndiqués », les personnels enseignants et de vie scolaire élus au conseil d’administration du lycée Paul Sabatier, les sections SNES-FSU des lycées de Jules Fil et de Paul-Sabatier, la section SUD-Education du lycée Jules-Fil, la section UNSA Education du lycée Paul-Sabatier, et la section CGT-Education du lycée Jules-Fil. La preuve qu’en moins de 24 heures le maire RN a réussi à faire l’unanimité… contre lui. « Nous […] souhaitons réagir au message que vous avez adressé à un groupe de lycéens mobilisés à l’occasion de la journée de grève du 31 mars. Ce message nous semble inacceptable. Évoquer la “récupération des pseudos” et prévenir la police alors que des élèves s’organisent pour exprimer collectivement des revendications relève d’une logique d’intimidation. Ce n’est pas ainsi que l’on s’adresse à des jeunes qui exercent un droit fondamental : celui de s’exprimer et de se mobiliser. Nous rappelons que manifester, débattre, s’engager fait partie de l’apprentissage démocratique que l’École défend chaque jour. Notre rôle n’est pas de faire taire les élèves par la peur, mais de les accompagner dans l’exercice éclairé de leurs droits. Oui, le cadre légal doit être respecté. Mais agiter la menace policière face à des lycéens engagés est une faute politique. Nous refusons que s’installe un climat de pression sur les jeunes qui étudient à Carcassonne. »
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

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