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31 mars 2026Plus de 60 heures par semaine, un salaire inférieur au smic… Trois chiffres pour comprendre la pénibilité du travail des livreurs de repas à domicile – franceinfo
Analyse : L'équipe a relevé certains éléments clés de cette actualité.
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Résumé pour le lecteur
Une étude menée pendant plusieurs mois et publiée mardi par Médecins du monde documente les conséquences des conditions de travail de ces livreurs sur leur santé.
Publié
Temps de lecture : 4min
Canicule, neige, intempéries, pic de pollution… Quelle que soit la météo, des milliers de livreurs de repas à domicile sillonnent chaque jour les rues pour fournir des repas commandés sur des plateformes numériques comme Uber Eat ou Deliveroo. Le tout, pour des revenus qui baissent d’année en année.
« Pour la première fois », une étude publiée mardi 31 mars par Médecins du monde, l’Institut de recherche pour le évolution (IRD) et l’Institut national d’études démographiques (Ined) documente les conséquences des conditions de travail des livreurs sur leur santé. Pour obtenir ces résultats, 1 004 livreurs ont été interrogés dans l’espace public ou dans des lieux associatifs (519 à Paris et 485 à Bordeaux) via des entretiens individuels d’une moyenne de 44 minutes, de janvier à juillet 2025. Voici trois chiffres à retenir pour mieux comprendre qui sont ces travailleurs.
1 Plus de 63 heures travaillées par semaine
Parmi les livreurs interrogés, huit sur dix déclarent être sur leur deux-roues « au moins six jours par semaine », pour une moyenne de 63 heures de travail hebdomadaire. Cette charge a des conséquences lourdes sur leur santé. De nombreux livreurs disent avoir ressenti des « troubles musculo-squelettiques », essentiellement dans le dos (36% en bas, 30% en haut), mais aussi aux épaules (22%), aux poignets, aux mains ou aux genoux (20%).
Le manque d’accessibilité à des toilettes sur de longues périodes entraînent également un nombre « particulièrement élevé de troubles génito-urinaires », notent les auteurs de l’étude. Près d’un tiers des travailleurs interrogés (32%) assurent avoir présenté des troubles urinaires réguliers au cours du mois précédant l’enquête.
L’étude souligne par ailleurs que les accidents de la route « sont très répandus » chez ces livreurs, qui roulent à des cadences folles pour satisfaire les exigences des plateformes. Qu’ils soient à vélo ou en scooter, 59% d’entre eux affirment avoir déjà subi au moins un accident dans le cadre de leur activité. Parmi ceux qui ont déclaré avoir un accident à vélo, 78% rapportent avoir été blessés.
2 Un salaire moyen de 6 euros de l’heure
Malgré ce volume horaire important, les salaires, eux, demeurent très bas. En moyenne, les livreurs gagnent 1 480 euros brut par mois, ce qui revient à un revenu horaire moyen inférieur à 6 euros. Soit la moitié du salaire minimum actuel, fixé à 12,02 euros brut de l’heure, ou 1 823,03 euros, rappelle le site gouvernemental Service public. « Cette faiblesse des revenus est d’autant plus significative que 93% des livreurs interrogés n’ont pas d’autre activité rémunérée », souligne l’étude.
Ces faibles revenus ont poussé plus d’un livreur sur deux (56%) à passer une journée entière « sans prendre de vrai repas, faute d’argent » pendant l’année écoulée, rapportent les auteurs de l’enquête. La faute également à des dépenses indispensables pour exercer leur métier, comme l’achat et l’entretien du matériel, qui ne sont pas pris en charge par les plateformes de livraison. Ce à quoi il faut ajouter le paiement des cotisations à l’Urssaf (si le livreur peut travailler comme indépendant) ou le coût de la location d’un compte, soit près de 530 euros en moyenne par mois s’il est contraint de sous-louer un compte de manière informelle à une autre personne. Or, trois quarts des livreurs, en raison de leur situation administrative, sont contraints de s’y résoudre.
3 Les livreurs sont à 98% des travailleurs immigrés
La quasi-totalité de ces travailleurs pour des plateformes en ligne (98%) sont des personnes immigrées. Parmi eux, 68% n’ont pas de titre de séjour. « La précarité statutaire des travailleurs semble donc être au cœur du modèle économique des plateformes : le recours structurel à des travailleurs sans titre de séjour stable, sans autorisation de travail et sans statut de salarié », conclut l’étude.
Parmi les livreurs interrogés, près de six sur dix affirment avoir déjà subi des discriminations dans le cadre de leur travail, à la fois de la part des clients (83%) et des employés de restaurants (80%). Parmi eux, 57% estiment qu’elles étaient dues à leur couleur de peau, 45% à leur origine ou leur nationalité, et 32% à leur accent ou façon de parler.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Un suivi attentif permettra de compléter notre point de vue.

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