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31 mars 2026Totalenergies : Après être remonté sur le podium, Totalenergies peut-il détrôner LVMH et redevenir l’action la plus importante du CAC 40 (et donc de la Bourse de Paris)?
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Faits marquants
(BFM Bourse) – Le groupe pétrolier connaît un bond de son action de près de 45% qui lui a permis de grimper à la troisième place des plus fortes capitalisations boursières de l’indice parisien. LVMH reste loin devant. Totalenergies peut-il dépasser le groupe de luxe ? Difficile mais pas impossible, selon les analystes.
Pendant longtemps, Totalenergies dominait de la tête et des épaules le CAC 40. La major pétrolière a occupé durant des années la place de première capitalisation boursière – c’est-à-dire l’entreprise dont la valeur des actions est la plus importante – de l’indice et donc de la place de Paris.
Puis les avancées de la fracturation hydraulique aux États-Unis ont entraîné le boom des pétroliers de schiste américains. L’offre de pétrole a subitement augmenté à partir du début des années 2010 et les cours du brut ont chuté, entraînant avec eux l’action du groupe français.
Sanofi a commencé à contester le titre de Totalenergies en 2012. Surtout, au même moment où le secteur pétrolier tanguait, le luxe bénéficiait d’une forte croissance alimentée par le progression des classes aisées dans les pays émergents. LVMH dépasse Totalenergies une première fois en 2017 et creusera l’écart dans un deuxième temps.
Évoluant au sein d’une industrie souvent critiquée pour son impact environnemental et son manque d’attrait ESG (environnemental social gouvernance, les critères extra-financiers), Totalenergies a depuis vu de nombreux groupes lui passer devant. Hermès, L’Oréal, Airbus, Essilorluxottica, Schneider Electric ou encore Safran sont autant de société qui pesaient davantage en Bourse que le groupe pétrolier en début d’année.
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Remontada
L’éclatement du conflit en Iran et l’envolée des cours des hydrocarbures qui en découle ont changé la donne. Le Brent est passé d’un peu moins de 73 dollars le baril à 107,24 dollars actuellement. Le Dutch TTF, référence européenne du gaz, bondit de son côté de près de 70% depuis le commencement de cette guerre.
Ces évolutions portent nécessairement en Bourse les majors pétrolières. Leurs prix de marché grimpent en flèche alors que les coûts de production et d’extraction ne progressent pas énormément, l’industrie pétrolière restant une industrie de coûts fixes.
L’action Totalenergies prend en conséquence 17% sur un mois et surtout 35,5% depuis le 1er janvier, signant la plus forte hausse du CAC 40 et la troisième plus importante du SBF 120.
Le groupe pétrolier est fortement remonté dans la hiérarchie de la Bourse de Paris. Lundi, l’entreprise de La Défense a désormais dépassé Hermès (176 milliards d’euros de capitalisation boursière contre 169,6 milliards pour le sellier-maroquinier), grimpant sur le podium du CAC 40. L’Oréal, deuxième avec 188 milliards d’euros, est clairement dans sa ligne de mire.
Mais est-ce que Totalenergies peut aller encore plus haut, combler l’écart de plus de 50 milliards d’euros qui le sépare de LVMH (228,7 milliards d’euros de capitalisation) ? Et donc reprendre sa couronne de première capitalisation boursière, près de dix ans après l’avoir perdue ?
« En l’état actuel des choses, il est évidemment difficile de faire un pronostic. Toutefois tout est possible. Le secteur énergétique a plutôt le vent en poupe alors que le luxe est ‘challengé' », répond Vincent Juvyns, directeur de la stratégie d’investissement d’ING Belgique.
« Or on a vu des changements conséquents dans les grands indices en l’espace de quelques années. Avant 2008, le secteur financier était le plus important à Wall Street. Puis, en moins d’une dizaine d’années, la tech a totalement supplanté ce secteur », rappelle-t-il.
« On peut imaginer que des secteurs beaucoup plus stratégiques que le luxe, comme l’énergie et donc le pétrole, reviennent sur le devant de la scène », explique encore le spécialiste de marché.
Une fonction de la durée du conflit
Gérant chez Mirabaud, Frédéric Rozier note que la bascule peut s’opérer assez vite. Si Totalenergies progresse encore de 15% en Bourse et que LVMH recule encore de 15%, la major pétrolière passera devant.
« Tout va dépendre de la durée du conflit. Si le conflit s’arrête d’ici une semaine ou deux, je ne pense pas que Totalenergies repassera devant LVMH. Dans ce cas il y aura une reprise du marché et le luxe rebondira. Cependant, s’il s’étend encore trois semaines et surtout un mois, je pense que Totalenergies prendra la tête », explique le gérant.
« Plus cette guerre dure, plus les infrastructures pétrolières seront touchées et plus on puisera dans les réserves stratégiques et plus il y aura besoin de les reconstituer, ce qui tirera la demande et les cours du pétrole », poursuit-il.
« Le baril de Brent pourrait alors se situer sur un niveau autour de 75-80 dollars post-conflit ce qui soutiendrait l’action Totalenergies. Même si cela dépendra aussi de la capacité du groupe à protéger ses sites au Moyen-Orient », conclut Frédéric Rozier.
Alexandre Baradez, chef de l’analyse France d’IG Markets, se montre prudent. Le spécialiste de marché évalue à moins de 50% la probabilité que Totalenergies remonte à la première place, sauf « à ce que le pétrole monte subitement à 150 dollars le baril, ce qui constituerait alors un pic ». Et même dans ce cas de figure, « la hausse des cours du pétrole serait probablement accompagnée d’une récession qui pénaliserait ensuite l’action Totalenergies« , ajoute-t-il.
Par ailleurs, « je n’ai pas de boule de cristal mais j’ai quand même l’impression que le luxe a mangé son pain noir en Bourse et se situe dans une phase de stabilisation. À l’instar de ce secteur, les actions et indices chinois sont en retard. Or si ces actions repartent, le luxe se reprendra », développe Alexandre Baradez.
LVMH vers un rebond?
Certes, plusieurs bureaux d’études ont récemment refait leurs comptes sur Totalenergies et relevé leur objectif de cours. Morgan Stanley a porté sa cible à 88,3 euros, Barclays à 94 euros. Ces objectifs accordent un potentiel de 10 à 17,5% à l’action de la société de La Défense.
« Il est peu probable que le marché pétrolier revienne à la situation qui prévalait avant le récent conflit », justifiait Morgan Stanley.
« Quelle que soit la tournure que prendront les événements à partir de maintenant, les quatre dernières semaines ont modifié la façon dont les investisseurs doivent envisager le détroit d’Ormuz, les capacités de production de réserve et l’importance d’un approvisionnement pétrolier sûr », poursuivait Morgan Stanley.
Pour autant, la capacité de rebond de LVMH ne doit pas être sous-estimée. Le numéro un du luxe chute de 28,5% sur l’ensemble de 2026. Mais les analystes voient le groupe repartir de l’avant.
Citi écrivait mi-mars que l’action présentait un observation d’entrée pour se positionner sur l’accélération de la croissance et l’amélioration des résultats attendue cette année. La banque américaine a un objectif de cours de 621 euros, qui accorde un potentiel de plus de 30% à l’action.
UBS est sur la même longueur d’onde, voyant le groupe de luxe « en bonne voie pour une reprise de ses bénéfices en 2026 ». La banque suisse voit le titre monter jusqu’à 640 euros, soit près de 40% de potentiel.
« LVMH n’est pas une société comme les autres. Elle est parvenue à exceller dans le luxe alors que tous les acteurs n’ont pas réussi. Le management a réussi à retirer de la valeur dans un secteur où cela n’était pas toujours facile. Maintenant est-ce que cela lui permettra de conserver sa place de première capitalisation boursière? », s’interroge Vincent Juvyns.
Julien Marion – ©2026 BFM Bourse
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Source : www.tradingsat.com
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