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1 avril 2026Abdellah Taïa, écrivain : « L’écriture permet d’accéder aux voix plurielles de l’expérience collective »
Analyse : Voici l'avis général de notre rédaction sur les faits présentés.
Notre rédaction a sélectionné quelques points clés concernant « Abdellah Taïa, écrivain : « L’écriture permet d’accéder aux voix plurielles de l’expérience collective » ».
Résumé rapide
Abdellah Taïa est l’auteur de treize romans dont le dernier, Le Bastion des larmes, a paru aux éditions Julliard en 2024. Il est également l’auteur du recueil Nouvelles du Maroc aux éditions Eddif. Abdellah Taïa est aussi cinéaste, il a réalisé Cabo Negro ainsi que l’adaptation de son roman L’Armée du salut.
La mémoire d’une liberté d’enfant
Abdellah Taïa vit en France depuis 1999. Il revient sur son enfance dans la ville marocaine de Salé. « J’ai dû passer les deux premières années de ma vie dans cette bibliothèque générale de Rabat. Évidemment, je ne m’en souviens pas, mais pour l’écrivain que je suis devenu plus tard, c’était un signe annonciateur ! (…) L’odeur et la magie qui entourent les livres ont certainement influencé mon inconscient. » relate-t-il.
Huitième enfant d’une fratrie de neuf, Abdellah Taïa se souvient de ses figures féminines libres, irrévérencieuses et espiègles : « Je crois que ma carrière d’homosexuel flamboyant puis d’écrivain a commencé là, parce que j’ai imité ma mère et mes soeurs. (…) J’ai eu cette chance d’avoir été là, face à ce qui a été inventé : une parole libre qui décortiquait tout, détruisait les discours de Hassan II, des bourgeois marocains et des intellectuels qui parlaient de nous comme si nous n’existions pas ! Ma mère et mes sœurs se moquaient de tout ce monde et moi, j’étais leur confident ! C’étaient les héroïnes de mon monde à l’époque. » Abdellah Taïa raconte aussi la précarité et la pauvreté de sa famille nombreuse. « La pauvreté a été une manière d’affronter l’adversité. » explique-t-il.
Renouveler l’écriture, un écho aux mots transgressifs de la mère
À travers l’écriture, le romancier explore les voix multiples qu’il restitue dans leur singularité. Il interroge ainsi l’expérience collective. Abdellah Taïa évoque ses années d’apprentissage et son rapport à la langue française : « J’ai fini par maîtriser le français, mais je me suis toujours souvenu de cette infériorisation de nous, Marocains pauvres, dans cette langue utilisée contre nous. (…) Plus tard, j’attaquerai cette langue. » Pourquoi avoir choisi d’étudier la littérature française ? « Non pas par amour pour la langue française, mais parce que j’avais rêvé de devenir réalisateur pour raconter les histoires de ma mère et de mes sœurs, comme dans les vieux films égyptiens », répond le romancier. Il ajoute : « Le personnage d’Ahmed dans le roman ‘Celui qui est digne d’être aimé’ et moi aussi, on a eu besoin d’être décolonisé, tout en parlant et en écrivant en langue française.«
Abdellah Taïa revient sur sa fascination pour le cinéma égyptien d’Henri Barkat et les acteurs Omar Sharif et Zubaida Tharwat : « Au-delà de l’art pour l’art, il se passait quelque chose, ses films étaient produits pour notre réalité de pauvres (…) Nous entrions dans cette identification. » Il poursuit évoquant le roman de Mohamed Choukri, censuré au Maroc, Le Pain nu . Abdellah Taïa conclut : « Quand j’ai décidé que j’allais être écrivain, c’est cette perspective qui m’intéressait : écrire à partir de l’intérieur et être dans le même incendie« .
Écrire l’imposante responsabilité maternelle
Le romancier prolonge le portrait de cette mère puissante : « La mère n’avait pas le temps pour la démocratie ! Cette femme n’avait rien (…) et pourtant elle avait onze corps à nourrir tous les jours. Elle n’avait souvent pas d’autre choix que de ‘rougir les yeux’. Je lui donne toutes les excuses. » Abdellah Taïa ajoute : « L’écriture est là pour cela : dire tous les aspects de la vérité, même quand ils dérangent. » Il évoque plus loin la construction d’une identité et ses relations homosexuelles dans une société qui les interdit.
Pour en savoir plus
Bibliographie sélective d’Abdellah Taïa
- Le bastion des larmes, Julliard, 2024
- Vivre à ta lumière, 2022
- Celui qui est digne d’être aimé, Seuil, 2017
- Un pays pour mourir, Seuil, 2015
- Le jour du Roi, Seuil, 2010
- L’armée du salut, Seuil, 2006
- Mon Maroc, Séguier, 2000
- Nouvelles du Maroc, éditions Eddif, 1999
Générique
Un entretien mené par Julie Gacon, lors de la Masterclasse enregistrée, en public, à la Bibliothèque Nationale de France.
Avec le soutien du Centre National du Livre.
Remerciements
Un grand merci aux équipes de la Bibliothèque Nationale de France et du Centre National du Livre.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Nous restons attentifs à cette actualité et à son évolution.

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