
Conseil municipal : l’équipe des adjoints de Caux-et-Sauzens est installée
1 avril 2026Le « Jour de la Libération » un an plus tard : combien coûtent les tarifs douaniers de Trump à l’Amérique
1 avril 2026Inspecteurs, enquêtes de Urssaf, mises sur écoute… Comment l’État traque le travail dissimulé – franceinfo
Analyse : L’équipe éditoriale propose un résumé des informations principales.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « Inspecteurs, enquêtes de Urssaf, mises sur écoute… Comment l’État traque le travail dissimulé – franceinfo ».
Les éléments principaux
Il s’agit d’une fraude à 7 milliards d’euros par an : le travail dissimulé touche tous les secteurs, comme le commerce ou les aides à la personne, mais surtout le bâtiment. une la rédaction de France Télévisions a suivi des inspecteurs de l’État, qui luttent sur le terrain pour contrôler et débusquer le travail au noir.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Le jour se lève à peine près d’un magasin de bricolage, et une dizaine d’hommes, prêts à travailler sans être déclarés, sont déjà sur place. Certains acceptent de parler avec l’équipe de France Télévisions. « Tous les gens qui sont arrêtés, ils cherchent du travail. Au niveau du bâtiment, ménage, tout« , confie un homme, estimant le salaire à « 100 euros » ou « 90 euros » par jour.
Sur cette route en banlieue parisienne, des professionnels et des particuliers s’arrêtent pour les recruter. L’entretien d’embauche dure moins d’une minute, le temps de négocier le prix. « Le plus important c’est de travailler normalement, pas dans l’illégalité. Et là, c’est illégal. Mais quand tu n’arrives pas à travailler normalement, quand on ne te régularises pas, tu ne peux pas », observe un travailleur.
Le travail dissimulé touche divers secteurs : commerces, services à la personne et surtout le BTP. À Lyon (Rhône) ce jour-là, Mathéo Chazalet et Sophie Chermat, inspecteurs du travail en région Auvergne-Rhône-Alpes, contrôlent tous les ouvriers présents sur un chantier. Un homme dire être en CDI, et prendre une pause à midi d’une heure. Les deux menuisiers sont en règle, mais pas un autre homme, embauché par une entreprise de nettoyage, né au Nigeria. « Quand il ne sait pas nous dire quel est le nom de son employeur, depuis quand il a commencé, ou quand on sent qu’il est un peu fébrile sur les réponses et qu’il ne veut pas non plus mettre à mal son employeur, en tout cas celui qui l’a embauché… Effectivement, on peut sentir qu’il va avoir du travail dissimulé dans cette situation-là« , signale Mathéo Chazalet.
Pour tenter d’y voir plus clair, Sophie Chermat, la responsable du département de lutte contre le travail illégal en région Auvergne-Rhône-Alpes, appelle son employeur. Il se dit déclaré, mais l’inspectrice doute, car l’homme a déposé une demande d’asile. « C’est probablement un salarié qui n’a pas le droit de travailler en France. Et peut-être, mais à creuser, une situation de traite d’êtres humains, puisqu’on a affaire à une personne dans une situation extrême de vulnérabilité qui vit dans la rue avec sa famille, dont au moins un enfant en bas âge« , observe-t-elle. Vérification faite, il n’est pas déclaré. L’employeur a été convoqué par les inspecteurs. Une procédure est en cours.
Dans le bâtiment, certains patrons ne fonctionnent que comme ça, en recourant au travail dissimulé. France Télévisions en a rencontré un dans le sud de la France. Il enchaîne les chantiers. « Je suis en entreprise, artisan, et je suis dans le bâtiment, dans la couverture. Je travaille beaucoup pour du particulier, pour les communes« , décrit-il. Il emploie cinq personnes. Aucune n’est déclarée, raison pour laquelle il préfère rester discret. « Le problème est qu’ici, en France, déclarer un homme n’est pas rentable. On a trop de charges, et le personnel fait défaut. J’en suis conscient des risques, j’ai eu un contrôle fiscal. J’en suis tout à fait conscient. C’est angoissant, très, très angoissant. Mais je ne changerai pas mon fusil d’épaule« , assure-t-il.
Il atteint 800 000 euros de chiffre d’affaires par an, sur lesquels il ne paye pas de cotisations sociales. Cela veut donc dire pas d’assurance, et pas de retraite assurée pour ses employés.
Cette fraude coûte cher : 7 milliards d’euros en 2025. Un pactole que l’État tente de récupérer. Direction l’Urssaf, l’organisme chargé de collecter les cotisations sociales et de contrôler les entreprises. Quand ils ne vont pas sur le terrain, les agents passent au crible des centaines de fichiers. Catherine Vanderriest est responsable du département contrôle en Île-de-France. Elle s’intéresse à une société qui présente plusieurs signaux suspects. « le réalité d’avoir déjà été en situation de travail dissimulé, le action que le salaire journalier soit très bas, ce sont des signaux d’alarme qui vont modéliser un profil d’entreprise à risque susceptible de frauder« , explique-t-elle.
En 2025, l’organisme a ainsi redressé un milliard et demi d’euros de cotisations sociales, mais n’a récupéré que 150 millions d’euros, soit à peine 10%. Car certaines entreprises épinglées vident aussitôt leur compte, et disparaissent. Face à ces pros de la fraude, la justice muscle son jeu. Au tribunal de Nice (Alpes-Maritimes), ce jour-là, plusieurs employeurs suspectés de travail clandestin sont jugés.
Pour mieux les traquer, le parquet déploie désormais les mêmes moyens que dans les dossiers de stupéfiants. « On peut accéder à des techniques spéciales d’enquête, par exemple des sonorisations, des mises sur écoute, des mises sous surveillance vidéo. Des surveillances aussi physiques par des enquêteurs, pour voir concrètement ce qui se passe. Autant de moyens d’enquête qu’on appelle des techniques spéciales d’enquête, qui sont réservées à la bande organisée », détaille Etienne Moreau, le vice-procureur du tribunal judiciaire de Nice.
Et les fraudeurs risquent gros. « Le travail dissimulé n’est pas un simple manquement administratif. C’est un délit passible d’une amende de 45 000 euros et d’une peine d’emprisonnement de trois ans, voire six ans en cas de bande organisée« , indique la chroniqueur Catherine Rougerie. Si la fraude sociale pèse lourd, elle reste largement inférieure à la fraude fiscale, qui vise à ne pas payer d’impôts. Elle est estimée, elle, entre 80 et 100 milliards d’euros par an.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Notre équipe continuera à fournir une analyse régulière.

9999999/2026/04/01/69cd7c813d077661669047.png?w=1200&resize=1200,480&ssl=1)
