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L'équipe propose un aperçu synthétique de « Mario, ou comment être à la fois plombier et star du jeu vidéo ».
Résumé des éléments principaux
Quand l’univers est menacé, qui faut-il appeler ? Pour les sujets du Royaume Champignon, un rempart se dresse toujours face aux agressions extérieures et aux rapts de princesses : Mario , épaulé par son frère Luigi. Le revoilà donc, ce 1ᵉ avril, appelé à sauver le monde sur grand écran dans Super Mario Galaxy – Le film, suite du blockbuster d’animation de 2023 au milliard d’euros de recettes. Derrière ces croisades extraordinaires se cache néanmoins un homme bien ordinaire, né dans une borne d’arcade.
Ni une fine lame comme Link de Zelda , ni une chasseuse de primes intergalactique comme Samus de Metroid … Mais un plombier new-yorkais. Contrairement à ses homologues avatars de jeux vidéo nés dans les années 1980, le design de Mario n’est pas particulièrement charismatique, sa ventouse dénuée de magie, ses capacités physiques basiques (sauf une détente que lui envierait même Armand Duplantis). Pourtant, au fil de ses quelque quarante ans d’aventures vidéoludiques, ce monsieur-tout-le-monde en salopette rouge puis bleue s’est changé en icône, avec son propre parc d’attractions à Osaka . La consécration d’un héros banal ?
Charpentier vs Donkey Kong
En 1981, ses premiers sauts s’échappent d’un plan C de chez Nintendo . La firme japonaise, pionnière dans le jeu vidéo, souhaite remplacer le programme de milliers de bornes de Radar Scope (shooter spatial à la Space Invader) qu’elle n’arrive pas à écouler aux États-Unis. Alors, après avoir essuyé un refus des ayants droit pour utiliser Popeye, le game designer Shigeru Miyamoto et l’ingénieur Gunpei Yokoi se rabattent sur un autre monument états-unien, King Kong. La trame tient en une ligne : le joueur fait voltiger un charpentier d’échafaudage en échafaudage pour secourir une femme enlevée par un gorille. Donkey Kong est né, et le petit sauveur ne répond encore qu’au surnom générique de “Jumpman”.
Sa moustache, sa salopette, sa casquette, son métier manuel… Tous les signes distinctifs de Mario sont quasiment déjà là. Mais sans intention d’en faire un justicier ordinaire. Cette allure ordinaire résulte avant tout des contraintes techniques des machines de l’époque, limitant sa silhouette à une poignée de pixels. La moustache précise le visage, la couleur de la salopette permet de distinguer ses bras, la casquette permet de ne pas animer les cheveux en mouvement : “C’est un personnage dont le design, dont tout l’univers est fondé sur le jeu. C’est la quintessence du jeu vidéo”, résume Olivier Bénis, journaliste pour France Inter, chez Blockbuster .
Même pragmatisme pour sa profession : s’il est charpentier dans Donkey Kong, c’est parce qu’il doit gravir un chantier ; et s’il revient en plombier dans Mario Bros. en 1983, c’est parce qu’il crapahute dans les tuyaux des égouts. En résumé, le personnage est pensé avant tout au service du gameplay. “C’est toute une démarche qui n’est pas du tout une intentionnalité où : on va créer Super Mario », estime Alexis Blanchet, maître de conférences au département Cinéma et Audiovisuel de la Sorbonne Nouvelle, dans Sans oser le demander . Mais ce sont des problèmes techniques, de distribution, des enjeux économiques et des solutions qu’on va essayer d’apporter à ces enjeux pour le marché américain”.
Et si Mario s’était appelé « Mr Video » ?
Aussi, pour ses premières opérations de sauvetage, le futur chevalier servant de la princesse Peach n’a même pas de patronyme. Pour les gamers états-uniens, il est tout simplement “Jumpman” (“l’homme qui saute”). Dans les studios de Nintendo, on le surnomme “Ossan”. “Quelque chose qui pourrait se traduire du japonais comme le gars entre deux âges, le quadrat, complète Alexis Blanchet. Un type quoi, sans qualité particulière. Ce qui veut dire qu’au départ, c’est vraiment quelque chose d’un peu annexe, ce petit personnage. Il n’est pas fait pour devenir l’emblème de la marque.” Son créateur Shigeru Miyamoto place pourtant déjà certains espoirs en lui, avec un autre surnom : “Mr Video”.
« Mon idée était d’utiliser le même personnage dans chaque jeu vidéo que je créerais, confie-t-il à l’ancien président de Nintendo Ouverture dans un nouvel onglet, Satoru Iwata, des années plus tard. (…) C’est pour ça que j’ai décidé qu’un nom fort et imposant comme ‘Mr. Video’ conviendrait le mieux. » Pour la seconde apparition de son avatar dans Donkey Kong Jr. en 1982 (pour son unique rôle de grand méchant), c’est finalement avec un prénom qu’il est baptisé : Mario, reprenant, selon la légende, celui d’un loueur des entrepôts américains de Nintendo, sosie approximatif de Jumpman. Un prénom banal donc, et plus latin que nippon.
“En avalisant ce nom, c’est aussi peut-être dire les ambitions de Nintendo de pouvoir imposer ce personnage au monde occidental, extrapole Alexis Blanchet. Probablement qu’il n’est pas conçu avec cette intentionnalité, mais il a les moyens d’être exporté. Et il le sera très largement.” En 1983, Nintendo lui offre donc son premier jeu éponyme sur arcade, Mario Bros., et son diplôme de plombier pour nettoyer les égouts infestés de monstres. Pourquoi le préférer à l’autre mascotte en puissance, Donkey Kong ? “Je pense aussi que c’était plus simple techniquement d’animer un petit personnage comme Mario, que Miyamoto voulait le réutiliser partout, qu’animer un gros singe”, considère le reporter Florent Gorge pour Clique Ouverture dans un nouvel onglet. Pari réussi : deux années plus tard, la Mario-mania va gagner toute la planète avec Super Mario Bros.
« La vraie impression que le jeu n’a pas de limite, c’est Super Mario »
L’expérience de jeu est aussi novatrice que son histoire est classique. Mario doit sauver la princesse “Champignon” (future “Peach”), enlevée par le roi tortue-dragon Bowser. Et, à cette fin, le joueur doit le guider dans un jeu de plateformes qui va populariser les bases du genre. “La vraie notion de scrolling [défilement du paysage vers la droite pour suivre le personnage], d’aventure, de warp zone [passages secrets], la vraie impression que le jeu n’a pas de limite, c’est Super Mario”, récapitule le DJ et grand fan Teki Latex pour À la régulière . Plus de 40 millions de cartouches vont s’écouler, pour des consoles de salon d’abord : le sympathique moustachu et son univers enchanteur charment nombre de foyers.
Arrive un paradoxe selon le éditeur Daniel Andreyev, toujours sur France Inter : “Shigeru Miyamoto a toujours dit : ‘On ne fait pas des designs pour qu’ils soient aimés, on fait surtout des designs pour qu’ils soient efficaces’. [Pour lui] la fonction et le gameplay précèdent l’histoire racontée.” Mais si Mario peut redéfinir la 3D dans Super Mario 64 (1996), explorer l’espace dans Super Mario Galaxy (2007), concourir en course automobile , au golf, aux Jeux olympiques… c’est autant parce qu’il est passe-partout que parce qu’il est apprécié. “En développant toute une gamme de jeux depuis le début des années 1990 autour de son personnage devenu un peu emblème de la marque, Nintendo répond aux différentes aspirations des joueurs”, analyse Alexis Blanchet sur France Culture .
Nintendo a trouvé sa mascotte. Le banal avatar du charpentier-plombier avait été modelé pour des besoins techniques, pourtant, plusieurs générations de gamers s’y sont retrouvés et même attachés. « Mario est un personnage cosmopolite, mais aussi un personnage un peu moyen finalement, détaille Loup Lassina-Foubert, co-auteur de l’ouvrage Générations Mario, pour France Culture . C’est une figure qui est plus un anti-héros qu’un héros. Ce n’est pas un grand bonhomme musculeux qui va se battre contre des monstres […] C’est un petit bonhomme auquel, finalement, chacun peut s’identifier.” Et un bon copain autour duquel le studio de jeu vidéo va pouvoir tisser tout un univers ludique.
Un « lore » pour les petits et les grands
Son frangin Luigi , son double maléfique Wario, son fidèle compagnon Yoshi… L’entourage de Mario s’agrandit en même temps que les mondes merveilleux qu’il explore se diversifient. Nintendo arrose progressivement le “lore” (mythologie interne) autour de cette clique, et leur popularité grandissante leur ouvre toujours plus de portes. “Mario Kart, au départ, n’est pas du tout pensé pour être autour de Mario, rappelle Alexis Blanchet. C’est une simulation de course produite chez Nintendo, puis d’un coup quelqu’un dit que ça pourrait être intéressant de mettre les personnages de Mario dedans et d’utiliser la popularité qu’ils ont pour valoriser ce jeu, et probablement lui donner un aspect un peu plus convivial et sympathique.”
Cette sympathie, la firme japonaise la cultive. Quand la mode penche vers le réalisme dans les graphismes des jeux vidéo, le bonhomme en salopette continue à explorer des mondes colorés, cartoonesques et accessibles de 7 à 77 ans. “On retrouve l’enfant qu’on était ou quelque chose de poétique, de joli, de mignon, de sans danger, affirme Olivier Bénis. On peut y jouer avec son enfant à côté sans aucun problème. Et c’est ça aussi qui fait que ça fonctionne encore, en plus de l’extrême qualité des jeux”. 45 ans après son premier périple, la retraite n’est pas encore à l’horizon pour Mario, désormais aussi étoile montante du grand écran. Et Nintendo n’a pas l’air prêt de brider cette polyvalence, car comme on peut lire dans sa biographie sur leur : “Il est plombier de profession, mais il est vraiment bon à tout faire”.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Les prochaines informations permettront de mieux comprendre les enjeux.

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