
Pas ce qu’on méritait au bout de 17 ans
1 avril 2026L’embauche dans le secteur privé a été solide en mars, mais les inquiétudes concernant les perspectives du marché du travail américain persistent
1 avril 2026Pourquoi les jeunes multiplient les arrêts-maladies? « Du discrédit sur ceux qui ont de vraies pathologies »
Analyse : Nos journalistes ont mis en avant les points essentiels à connaître.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « Pourquoi les jeunes multiplient les arrêts-maladies? « Du discrédit sur ceux qui ont de vraies pathologies » ».
Ce qu'il faut connaître
Le nombre d’arrêts-maladies explose en France. Et depuis 2019, ce sont les jeunes de moins de 35 ans qui en font le plus. Au point que, pour certains, le marché du travail doit s’adapter à cette nouvelle génération.
Jamais les salariés français n’ont eu autant recours aux arrêts–maladies. Il y a 50% en plus depuis 2019, d’après une étude de l’assureur AXA. Aujourd’hui, on passe quasiment un jour travaillé sur 20 en arrêt maladie, ce qui est énorme. Et ceux qui ont de plus en plus recours à ces arrêts maladies, ce sont les jeunes.
Des salariés de moins de 35 ans de plus en plus absents quelques jours par-ci, par-là pour des raisons de santé. Et ils ne s’en cachent pas, multiplier les arrêts, c’est peut-être la clé du bonheur. C’est ce que certains expliquent dans les rues de Marseille.
“Si je sens que psychologiquement ou physiquement ça ne va pas, je n’ai aucun mal à me mettre en arrêt de travail même si ce n’est qu’un jour et que ce n’est pas payé. Cette année, j’ai compté, j’ai fait 10 arrêts-maladies en quatre mois”, indique une jeune femme.
“Moi 7 fois. Il y en quatre qui n’étaient pas justifiées. Mais après c’est la santé mentale. C’est un temps où je me repose et la prochaine fois, j’irai travailler. Je pense qu’il y a un changement générationnel aussi”, pointe un habitant.
Un avis partagé par cette autre jeune femme rencontrée dans les rues de Marseille: « Mon père est poissonnier, il a 55 ans, il souffre, mais il continue. Tous les jours, il rentre et il se plaint de son patron, mais ce n’est pas pour autant qu’il va arrêter. »
« Moi, au moindre manque de respect ou quelque chose qui ne me convient pas, c’est merci au revoir”, souligne-t-elle.
Un rôle important des réseaux sociaux
Depuis 2019, c’est chez les moins de 35 ans que le recours aux arrêts maladie progresse le plus vite. Beaucoup parlent de santé mentale. C’est une génération qui a souffert du Covid, on le sait. « Et on est en train d’en mesurer les conséquences », explique l’une des responsables de l’association nationale des DRH.
Les réseaux sociaux jouent aussi un rôle. Sur Tiktok, une femme avec 275.000 abonnés fait la promotion des bienfaits des arrêts-maladies. D’autres recensent des sites pour en obtenir facilement. On retrouve aussi des tutos pour poser son arrêt comme il faut. Des dizaines de comptes et des centaines de vidéos qui parlent aux jeunes d’arrêts-maladies sans aucun tabou.
« Le matin on se demande si on aura tout le monde »
Et tout ça représente de nouveaux défis aux chefs d’entreprises comme Laurent qui travaille dans le bâtiment. Lui assure qu’il pense arrêt maladie tous les jours.
« C’est une angoisse oui parce que le matin, quand vous allumez la lumière de l’entreprise, vous vous demandez si vous aurez tout le monde. C’est une totale désorganisation. J’ai trois structures et au total 17 salariés, donc à partir du moment où on a un absent, on doit réorganiser. Ça a des conséquences sur les plannings, sur les respects des délais. On est déjà dans un métier à flux tendu et là effectivement le élément d’avoir un ou deux absents, c’est un grand vent de panique dans l’atelier », assure-t-il.
Une adaptation nécessaire?
Une situation qui fait sortir de ses gonds, Vincent, gestionnaire de paie dans le Puy-de-Dôme. « Ça jette du discrédit sur les gens qui ont de vraies pathologies, de vrais problèmes, de vrais arrêts de travail. Et je commence à en avoir marre. Actuellement on voit une grande mode débarquer dans le monde du travail c’est un salarié qui demande une rupture conventionnelle parce qu’il va déménager. Et si elle est refusée, il se met en arrêt de travail », dénonce cet auditeur de RMC.
Il ajoute: « On a également des CPAM qui continuent pour des gens qui ont trois ans d’arrêt de travail pour des entorses de la cheville alors que dans le même temps, quand on gratte un petit peu, la personne joue au foot tous les week-end en amateur. Il faut plus de contrôle et plus de responsabilité”.
L’enjeu est tel que l’association nationale des DRH travaille sur la question depuis quelques années pour mieux répondre aux attentes des jeunes avec de vrais préoccupations en termes de management et de gestion de la reconnaissance des jeunes, indique à RMC une responsable de l’association.
« Il faut apporter davantage de souplesse »
Un marché du travail est donc en train de s’adapter à cette nouvelle génération. Et les entreprises n’ont pas vraiment le choix. Cette génération Z, ce sont les forces vives de demain. Donc il faut les faire sentir à leur place dans le monde du travail.
Il va donc devoir s’adapter explique Mathilde Forget, qui gère un organisme de reconversion, et voit beaucoup de jeunes se présenter à elle.
“Même si les employeurs ont fait énormément de progrès pour attirer les talents, le problème, c’est qu’ils n’arrivent pas à les garder. Notre marché du travail a besoin de faire un gros virage par rapport à ça, d’apporter davantage de souplesse, qu’on puisse travailler un certain nombre d’heures dans la semaine, mais certains sont plus du matin ou du soir. Et puis également il faut laisser la possibilité aux jeunes d’exercer d’autres activités parallèles parce que pour beaucoup, c’est une source d’épanouissement que de faire plusieurs métiers à la fois”, détaille-t-elle.
C’est un enjeu pour les entreprises et ça l’est aussi pour l’Etat qui veut faire la chasse aux arrêts de travail abusifs. Il y a une dérive très préoccupante, glisse Matignon. Des mesures doivent d’ailleurs être annoncées dans les prochains jours.
Source : rmc.bfmtv.com
Conclusion : Notre rédaction vous tiendra informés des changements importants.

9999999
/2026/04/01/69cd286dce041141674409.png?w=960&resize=960,750&ssl=1)