
le gouvernement prêt à des mesures d’économies d’énergie en cas de problème d’approvisionnement
1 avril 2026Reuters.com
1 avril 2026Analyse : Voici les points saillants relevés par nos journalistes.
Notre équipe propose un aperçu rapide des éléments de « Sans cap clair ni moyens, le gouvernement s’embourbe dans la crise de l’énergie ».
À ne pas oublier
ALAIN JOCARD / AFP
Sans moyens et plombé par les erreur, le gouvernement s’embourbe dans la crise energétique
Rien ne se passe comme prévu. Alors qu’il espérait axer son discours sur les enjeux régaliens après les élections municipales et avant une nouvelle saison budgétaire à hauts risques, Sébastien Lecornu est rattrapé par les conséquences en France de la guerre au Moyen-Orient.
Exit l’effort militaire, la sécurité ou la justice, relégués au second plan, ses ministres s’attachent surtout à répondre à la crise énergétique qui porte les prix du pétrole à un niveau inédit dans l’Hexagone et qui pourrait provoquer une profonde colère sociale. Parmi les secteurs particulièrement affectés, les transporteurs se mobilisent cette semaine pour maintenir la pression, tandis que les syndicats agricoles commencent à se faire entendre.
Le sujet est donc périlleux pour Sébastien Lecornu, qui a réuni ses ministres ce 1er avril pour une réunion partiellement dédiée à ces enjeux. « Il y a une vraie demande d’implication gouvernementale très forte de la part des uns et des autres », a encore martelé la porte-parole et ministre de l’Énergie Maud Bregeon au sortir de Matignon. Problème : sans grande marges de manœuvre et plombé par une communication difficile, exploitée par les oppositions dans un contexte de précampagne présidentielle, le gouvernement peine à convaincre.
Absence de leviers
Sur le fond, le Premier ministre a rapidement annoncé que l’état des finances publiques ne lui permettait pas selon lui de sortir le chéquier et de revenir à l’époque du « quoi qu’il en coûte. » Pour répondre notamment à la guerre en Ukraine et aux crises qui ont suivi, Emmanuel Macron et Bercy avaient débloqué une flopée d’aides, pour un coût évalué au final à environ 80 milliards d’euros.
À cette stratégie dispendieuse, Sébastien Lecornu oppose désormais la maîtrise du déficit « quoi qu’il arrive. » En ce sens, son ministre de l’Action et des comptes publics David Amiel a déjà prévenu que « toute dépense nouvelle qui pourrait être rendue nécessaire par la crise » entraînera « une annulation d’une dépense qui était prévue à l’euro près. » Par conséquent, les efforts consentis sont très limités, et jugés fort tardifs par les premiers concernés.
Après avoir refusé le principe d’un quelconque coup de pouce, misant sur une résolution rapide du conflit, le gouvernement a promis des aides « ciblées » afin de pallier les difficultés de trésorerie des secteurs les plus touchés, comme la pêche, l’agriculture ou les transports. Le coût de l’enveloppe ? 70 millions d’euros, sur le seul mois d’avril, loin des propositions formulées par l’opposition.
Depuis le début de la crise, le Rassemblement national et La France insoumise avancent leurs mesures phares : d’un côté la baisse des taxes sur le pétrole, de l’autre le blocage des prix à la pompe. Le Parti socialiste plaide, lui, pour des aides ciblées vers les petits ménages. Autant d’idées sans doute plus efficaces que la réponse gouvernementale, mais bien plus coûteuses pour les finances publiques. Pas question donc pour Sébastien Lecornu de les reprendre.
Épisode passager ou « choc pétrolier » ?
Droit dans ses bottes, le chef du gouvernement sait aussi que toute erreur coûte triple dans ce contexte contraint. En l’occurrence, ses ministres en ont fait quelques-unes, au risque d’alimenter les procès instruits par l’opposition.
Ainsi, Maud Bregeon a reconnu le 19 mars que le gouvernement avait sous-estimé, dans un premier temps, l’ampleur de la crise à venir et ses conséquences en France. Les prix se sont « envolés bien au-delà de ce que l’on pensait, et je peux faire mon mea-culpa devant vous », avait-elle reconnu sur BFMTV. Un carburant idéal pour le numéro 1 de La France insoumise Manuel Bompard, et son commentaire acerbe publié alors sur les réseaux sociaux : « qui aurait pu prédire ? ».
Dans le sens inverse, le ministre de l’Économie a rétropédalé, une semaine plus tard, après s’être montré trop alarmiste selon lui dans son diagnostic. Roland Lescure venait d’évoquer un nouveau « choc pétrolier » à l’Assemblée nationale, s’attirant les foudres de l’Élysée et Matignon, selon plusieurs récits. Pour cause, difficile d’utiliser un tel vocabulaire et de dramatiser les choses, sans apporter de réponse concrète. Une erreur rapidement utilisée par certaines voix de l’opposition, promptes à fustiger un gouvernement fluctuant et qui n’a toujours pas pris la mesure de cette crise. Mais ce n’est pas tout.
Lecornu et le « surplus »
Sébastien Lecornu semble contribuer, malgré lui, à ces attaques, ce mercredi, en faisant fuiter dans la presse son souhait d’utiliser le « surplus » dans les recettes fiscales sur le carburant pour œuvrer à l’électrification de l’économie. Problème, le gouvernement avait jusqu’ici régulièrement martelé que l’État ne tirait aucun profit financier de la situation. Un décalage, dans le choix des mots, au moins, rapidement souligné puis exploité par Marine Le Pen.
« C’était un mensonge. Il faudrait que le gouvernement arrête de les accumuler parce que ça crée une ambiance de défiance massive dans l’opinion publique », a tonné la cheffe de file d’extrême droite devant les caméras à la mi-journée, estimant que « la première des choses à faire quand on a un surplus de fiscalité en situation de crise (…) c’est d’y renoncer, en baissant la TVA. » De quoi accentuer, encore, la pression sur le gouvernement.
En témoigne le service après-vente difficile de la porte-parole au sortir de la réunion à Matignon. « Les éventuels suppléments de recettes issus de la TVA sont de toute façon compensés négativement par la baisse de la croissance, par la baisse de la consommation et par l’augmentation des taux », a indiqué Maud Bregeon, avant d’ajouter : « Pour autant, si nous devons face à cette crise, dépenser de l’argent public (…) alors il ne doit pas uniquement servir à des réponses de court terme, mais aussi servir à des réponses de long terme. » Décidément, rien ne se passe comme prévu.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les développements à venir permettront de compléter notre point de vue.

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