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Nos rédacteurs mettent en avant les points clés de « dans le Nord, des collégiens se forment au fact-checking sur TikTok – franceinfo ».
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Face au déferlement de contenus mensongers publiés sur cette plateforme prisée des adolescents, certains enseignants ont décidé d’aider leurs élèves à décrypter des vidéos.
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Chaque semaine, c’est le même rituel dans la classe médias du collège Turgot à Denain (Nord). Parmi les 21 élèves de 4e, celles et ceux qui en ont envie décrivent aux autres un contenu d’information qu’ils ont repéré et qui leur semble problématique. « J’ai vu sur TikTok que des adolescents envoyaient à Emmanuel Macron des vocaux pour lui dire de ne pas faire la guerre. Je me demandais : est-ce que c’est de l’IA ? », demande Salma. « Est-ce de l’intelligence artificielle ou est-ce que ce sont vraiment des jeunes ? », interroge Margot Charon, professeur d’histoire géographie.
Créée il y a cinq ans dans cet établissement classé en REP+ (réseau d’éducation prioritaire) pour initier les élèves au fonctionnement de la presse et des médias audiovisuels, la classe média s’est peu à peu ouverte aux réseaux sociaux. « Au départ, on faisait des exercices pour questionner l’actualité sur des JT, la radio mais on s’est rendu compte que ça n’avait pas de résonnance avec leur quotidien, explique Margot Charon. Quand on leur demande ‘qu’est-ce que vous avez vu cette semaine ?’, dans 95% des cas, ils parlent de TikTok ».
Selon une étude de l’association e-enfance, 70% des adolescents se tournent vers TikTok lorsqu’ils cherchent une nouvelle. Une plateforme sur laquelle près d’un quart des publications sont mensongères. Conscient de ce torrent d’images, de vraies et de fausses informations auxquelles leurs élèves sont confrontés, les enseignants du collège Turgot s’efforcent de leur donner « des outils pour décrypter l’information », résume Margot Charon. L’objectif n’est pas tant de démêler le vrai du faux en classe mais plutôt de les pousser « à questionner, à développer leur esprit critique », complète Michaël Sellier, lui aussi professeur d’histoire-géographie.
En sept mois, les élèves de la 4e B médias ont acquis certains réflexes. « Quand on regarde une vidéo, il ne faut pas direct croire, il faut chercher des informations, expose Islam avec assurance. Et, si on a une remarque forte, c’est souvent que le créateur de la vidéo l’a fait exprès pour que nous on ait cette réaction ». Sa camarade Maïna insiste sur la nécessité d’identifier l’auteur de la article. L’adolescente regarde « le contenu » précédemment publié, « les vidéos qu’elle fait, si c’est une personne fiable ou pas ».
Dans le doute, il ne faut surtout pas relayer le contenu car « le situation de partager, c’est alimenter la désinformation », insiste leur professeur d’histoire-géographie, Margot Charon. « A défaut d’identifier la source, on leur demande d’identifier aussi les motivations en leur disant ‘à votre avis quel est leur objectif ? Pourquoi est-ce que vous avez toujours ce genre de vidéo ? C’est parce que vous êtes les cibles’. On essaie de leur montrer tous les biais, les tentatives de manipulations pour qu’ils soient un peu plus alertés. »
Alertés, les élèves du collège Turgot l’étaient déjà beaucoup au sujet de l’intelligence artificielle. C’est eux qui, à partir d’information collectées sur des sites spécialisés, ont établi une liste d’indices afin de repérer les vidéos faites avec IA. Une sorte de boîte à outils. Salma repère d’abord « en bas de la vidéo, si c’est écrit ‘fait par IA' ». Il y a aussi « la date » de publication, de possibles erreurs d’orthographe dans les sous-titres, détaille Maïna. La qualité de l’image doit également être scrutée, les « arrière-plans s’ils sont floutés, s’ils bougent ».
Devenu en quelques sorte des experts au sein de leur établissement, les élèves de la classe média ont aussi créé un quizz audio sur le fact-checking qu’ils feront écouter à leurs camarades, dans l’espoir de les sensibiliser aux mécanismes de la désinformation. Le message de prévention se diffuse aussi à la maison. Islam a ainsi expliqué à sa maman que la vidéo de chat qui l’avait beaucoup émue était en fait un trucage : « Elle m’a dit qu’elle le voyait de ses propres yeux. Je lui ai dit non ‘c’est de l’IA, c’est un robot qui crée des images ».
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : La rédaction suivra cette actualité pour vous fournir un point de vue complet.

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