En Espagne, Vox trouve sa bande-son
2 avril 2026
Pâques – « Ce que j’aime c’est créer des recettes » : de la fève à la tablette, la cheffe de ce restaurant perpignanais dévoile sa marque de chocolat « Orle »
2 avril 2026Pourquoi le centre et la droite snobent la marche contre le racisme du maire de Saint-Denis
Analyse : Notre rédaction a examiné les faits et propose un résumé rapide.
Nos rédacteurs mettent en avant les points clés de « Pourquoi le centre et la droite snobent la marche contre le racisme du maire de Saint-Denis ».
Analyse rapide
GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Bally Bagayoko lors d’un entretien avec l’APF (Photo by GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
C’est l’histoire d’un maire qui, élu au premier tour comme 96 % de ses homologues, attire une attention médiatique aussi démesurée que malsaine. Depuis le 15 mars, cet élu a fait l’objet de propos racistes tenus à plusieurs reprises sur CNews, mais pas que. Il s’agit de Bally Bagayoko. Victorieux à Saint-Denis, il est devenu le premier maire noir d’une aussi grande ville. Une municipalité aussi chargée de symboles historiques que lestée de difficultés sociales.
Face aux multiples attaques dont il a fait l’objet, l’élu dyonisien a appelé à un « rassemblement citoyen » ce samedi 4 avril devant la mairie de sa ville. un incident qui vise à « défendre la République et ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité », à travers la lutte contre « la haine de l’autre », qu’il s’agisse du racisme, de l’islamophobie, de l’antisémitisme et de la xénophobie. « Il s’agit également de réaffirmer les valeurs humanistes qui nous rassemblent et notre volonté de faire vivre une véritable communauté de destin, quelles que soient nos origines, supposées, religieuses ou non », écrit Bally Bagayoko dans son appel relayé par l’association SOS Racisme.
Aurore Bergé absente
« J’espère que nous serons nombreux samedi, au-delà des rangs de la gauche, et que tous les républicains et démocrates sincères seront là », a fait savoir le sénateur communiste de Seine-Saint-Denis Fabien Gay sur Public Sénat ce jeudi 2 avril.
À première vue, il apparaîtrait effectivement naturel de considérer que la manifestation suscite l’intérêt du gouvernement, à travers notamment Aurore Bergé. Une ministre qui, rappelons-le, possède « la lutte contre les discriminations » dans son portefeuille. Mais il n’en est rien. « Non, elle n’y sera pas », évacue son entourage, symbolisant le refus du bloc central, comme de la droite, de s’associer publiquement à ce rassemblement citoyen, pourtant consacré à un combat théoriquement partagé par l’ensemble de l’arc républicain, comme cela avait été le cas contre l’antisémitisme en novembre 2023.
À l’inverse, les partis de la gauche ont relayé l’appel et plusieurs de ses responsables de premier plan ont prévu de s’y rendre. Selon nos informations, l’événement rassemblera, entre autres, tout l’état-major insoumis (Jean-Luc Mélenchon compris), mais aussi le socialiste Olivier Faure et l’écologiste Marine Tondelier. MoDem, Renaissance, Horizons et Les Républicains ? Sondés par Le HuffPost, divers responsables de ces formations sont aux abonnés absents.
« C’est très problématique »
À l’exception (relative) du parti présidé par Édouard Philippe, lequel laisse entendre qu’aucune décision n’a été prise à ce stade. « Je n’ai pas vu cet appel », a esquivé sur franceinfo la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, alors que de nombreux députés de gauche l’ont pourtant relayé et que le sujet a largement été traité dans les médias. « Vous m’apprenez qu’il y a une manifestation, je vais regarder », a-t-elle poursuivi, en se disant « résolument engagée » contre le « poison du racisme », tout en restant dans l’incapacité de se positionner sur ce rassemblement.
Une frilosité qui, au sein du camp macroniste, ne manque pas d’embarrasser « Je ne sais pas du tout pourquoi ils sont incapables de dénoncer ce racisme mais c’est très problématique, à commencer par la ministre supposément en charge », grince auprès du HuffPost un proche de Gabriel Attal, soulignant que le maire de Saint-Denis n’a pu compter que sur le soutien de Laurent Nunez, mais davantage en sa qualité de ministre de l’Intérieur garant de l’ordre public, que de représentant d’un courant politique.
Il faut dire que l’appartenance partisane du maire concerné, largement diabolisée par le bloc central et la droite, n’aide probablement pas les responsables de ce camp à faire acte de solidarité. Comment des élus LR, pourtant nombreux en Île-de-France, pourraient-ils se rendre aux côtés de Bally Bagayoko, quand leur chef, Bruno Retailleau, dépeint LFI en « parti séditieux » et juge la formation mélenchoniste plus dangereuse que les partis d’extrême droite ? Comment apporter son soutien à un élu qui réclame la fermeture de CNews pour y avoir été comparé à un singe, alors que cette même chaîne est choyée par la droite et une partie de la Macronie ?
Certains le font. Élu LR de Seine-Saint-Denis Geoffrey Carvalhinho indique au HuffPost qu’il ne sera pas là ce samedi, en raison « d’un cas prévu de longue date », mais précise avoir publiquement apporté son soutien au nouveau maire de Saint-Denis à l’occasion d’un passage sur Radio Orient. Reste que beaucoup dans cet espace politique partagent les paniques morales déversées sur CNews, notamment au sujet des intentions de la France insoumise. On y a vu récemment une ministre reprendre une expression de l’écrivain antisémite Charles Maurras. Elle accusait LFI d’être le parti de « l’anti-France ». Il s’agit d’Aurore Bergé. Cette même ministre qui, en charge de la lutte contre les discriminations, assume son absence à un rassemblement contre le racisme.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être suivis pour fournir une analyse complète.

9999999
