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3 avril 2026Nouvelles du monde | Dernières actualités | Reuters
3 avril 2026Analyse : Voici une vue d’ensemble des faits selon notre équipe.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « comment le scandale bouscule le monde du périscolaire ».
Ce qu'il faut retenir
Élu maire de Paris le 22 mars dernier, Emmanuel Grégoire doit faire des annonces ce vendredi concernant le périscolaire dans la capitale. Ces derniers mois, plusieurs enquêtes visant des animateurs soupçonnés des actes de pédocriminalité ont été ouvertes. Des faits notamment à Paris, mais qui touchent aussi d’autres communes.
C’est un dossier brûlant qu’Emmanuel Grégoire récupère à la mairie de Paris. Fraîchement élu, le nouveau maire a affirmé vouloir faire de la lutte contre les violences sexuelles dans le périscolaire l’une de ses priorités. Il doit communiquer en cette fin de semaine les chiffres de ce que représente ce fléau dans les établissements scolaires de la capitale, et proposer des mesures pour y remédier.
« C’est la priorité absolue de ce début de mandat », affirmait-il sur France Info lundi 30 mars.
• De quoi parle-t-on?
Le terme de « périscolaire » désigne le temps que passe un élève au sein de son école, et qui n’est pas dédié à l’enseignement. Il recouvre donc les temps d’accueil le matin et le soir, la garderie ou les temps de loisirs du mercredi, et n’est en principe pas assuré par les enseignants, plutôt par des animateurs et animatrices.
En 2025, un scandale éclate à Paris après une recrudescence de témoignages de parents d’enfants scolarisés dans des établissements de la capitale. Au mois de novembre, un premier chiffre tombe: depuis le début de l’année, 15 enquêtes ont été ouvertes, visant des animateurs soupçonnés de faits de pédocriminalité, selon la cheffe du parquet des mineurs de Paris, Lisa-Lou Wipf.
Si de très nombreux cas ont émergé dans la capitale, déclenchant des réactions en chaîne et devenant l’un des enjeux principaux des municipales, le phénomène n’épargne pas d’autres villes françaises. À Nice (Alpes-Maritimes), un animateur a été condamné à un an de prison avec sursis en 2023, accusé d’agressions sexuelles sur des élèves de CM2. La même année, à Cuincy (Nord), une animatrice avait, elle, été mise en examen pour « atteintes sexuelles » sur onze fillettes âgées de 7 à 10 ans.
Plus récemment, en janvier dernier, un ex-animateur périscolaire de Rezé (Loire-Atlantique), près de Nantes, a été condamné à 6 ans de prison pour des agressions sexuelles commises entre 2017 et 2019 sur 12 enfants, presque tous scolarisés en maternelle. Dans l’Essonne, un autre animateur a été mis en examen en novembre dernier après avoir reconnu des violences sexuelles sur au moins 10 enfants, entre 2021 et 2024, à Morigny-Champigny. L’homme a été placé en détention provisoire.
• Combien de signalements à Paris?
Interrogé lundi sur France Info à ce sujet, le nouveau maire de Paris explique être encore en attente des chiffres actuels et affirme qu’il les communiquera « le plus rapidement possible ».
« Il faut distinguer entre le nombre de plaintes et d’adultes concernés, entre les motifs de suspensions, certains le sont parce qu’ils crient un peu fort, d’autres le sont sur des suspicions d’attouchements sexuels, donc je présenterai de façon transparente les statistiques en fonction des cas », a-t-il ajouté au micro de nos confrères.
Au mois de janvier dernier, la Défenseure des enfants de la Ville de Paris affirmait avoir reçu quelque 150 saisines depuis son entrée en fonctions, à la mi-décembre, alors que les signalements se sont multipliés ces derniers mois. Parmi ces saisines, beaucoup rapportent des « inquiétudes sur des faits passés ». « Mais au moins, ce que l’on voit, c’est que les gens osent le faire, les parents osent le faire, parce que les enfants arrivent à parler », a-t-elle indiqué.
Emmanuel Grégoire doit donc encore préciser le nombre actuel de signalements effectués, mais aussi combien ont donné lieu à des enquêtes et à des suspensions d’animateurs ou d’enseignants.
• Comment expliquer la recrudescence de ces cas de violences?
Pour tenter d’expliquer comment de telles violences prospèrent dans le périscolaire, les collectifs de parents d’élèves dénoncent notamment des manquements au niveau du recrutement. En effet, aucun diplôme ni Bafa n’est réclamé aux personnes qui postulent à des offres d’emploi d’animateur.
En théorie, les recruteurs doivent demander aux candidats de leur fournir un extrait de leur casier judiciaire pour vérifier qu’ils n’ont pas été condamnés par la justice. En théorie seulement, comme l’a prouvé l’enquête d’une reporter de RTL en novembre dernier: postulant avec un faux CV et une fausse lettre de motivation, celle-ci avait passé un entretien d’embauche d’une durée de huit minutes à la mairie de Créteil avant qu’on ne lui propose une première mission. Son casier judiciaire n’avait pas été vérifié.
Ce manque d’effectifs prégnant dans de très nombreuses mairies a un réel impact sur les conditions de travail des animateurs, qui doivent souvent s’occuper d’un nombre important d’enfants pour un très bas salaire. Auprès d’ici Paris, le délégué CGT Affaires scolaires explique que les règles édictées sont très difficilement applicables en raison de ces sous-effectifs. « Ils ont inventé le ‘il faut être deux pour changer un enfant’, c’est une précaution élémentaire. Deux, il faut pouvoir l’être. Dans la réalité, au quotidien, les animateurs les changent seuls », témoigne Alexandre Herzog.
Le collectif SOS Périscolaire, qui recueille des témoignages et propose d’accompagner les familles de victimes, pointe lui aussi du doigt un manque de formation créant un problème systémique ainsi qu’une « loi du silence » dans ce milieu.
« Il n’y a aucune formation, ce n’est pas considéré comme un métier, et en plus il y a des gros problèmes de dysfonctionnement dans les chaînes de remontées », explique Élizabeth Guthmann, membre du collectif, à BFMTV. Et lorsque certains animateurs et animatrices signalent eux-mêmes des faits dont ils ont été témoins, ils ne sont pas toujours entendus, ajoute une autre bénévole: « C’est pour ça que souvent, ça ne peut venir que des parents, in fine, une fois qu’il y a eu des victimes. »
Même lorsque des cas de violences sur des enfants sont remontés, la réponse n’est parfois pas adaptée à la situation. En février dernier, les parents d’un petit garçon de 3 ans scolarisé dans une école maternelle du 15e arrondissement de Paris ont porté plainte pour « viols », pour des faits qu’un animateur périscolaire aurait fait subir à leur fils. Or, cet homme venait tout juste d’être transféré dans cette école après des accusations de violences psychologiques et de maltraitances le visant ainsi que d’autres animateurs dans un précédent établissement.
« Le scandale absolu c’est que le suspect a été muté, exfiltré et déplacé le 15 décembre dernier depuis une autre école, l’école Saint-Dominique. Car c’est la même CASPE, (la Circonscription des affaires scolaires, échelon local géré par la mairie centrale, NDLR) qui gère le périscolaire dans le 7e et 15e arrondissement », dénonçait l’avocat des parents, Me Louis Caillez, sur RMC, le mois dernier.
• Que demandent les représentants de parents d’élèves?
Lundi 30 mars, dans un courrier adressé au nouveau maire de Paris, près de 700 parents d’élèves scolarisés dans les 7e et 15e arrondissements, formulent diverses demandes afin de mettre fin au phénomène.
D’une part, ils réclament un audit indépendant et transparent concernant les procédures de recrutement des animateurs, mais aussi sur leur formation et leur encadrement. Ils souhaitent également qu’un protocole de protection et d’écoute soit mis en place dès lors qu’un enfant rapporte des violences perpétrées à l’école. Enfin, ces parents demandent un « engagement clair » de la part de la Ville de Paris, qui gère le recrutement et l’organisation du temps périscolaire, afin de mieux identifier les défaillances internes et y mettre fin au plus vite.
Le même jour, Emmanuel Grégoire a reçu les membres de deux collectifs ainsi que la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE). Rencontre dont ces derniers sont sortis satisfaits, dans l’attente des annonces d’Emmanuel Grégoire en fin de semaine.
De leur côté, les représentants des parents d’élèves des 23 écoles publiques du 11e arrondissement ont également formulé 40 propositions de mesures le 27 mars dernier. Dans un communiqué, ils regrettent que celles-ci soient restées lettre morte: « Aucune réponse, ni même le moindre accusé de réception n’a été reçu de messieurs Grégoire ou Belliard, ou de la Dasco (Direction des Affaires Scolaires, NDLR). L’incompréhension et la colère sont intactes face à ce qui pourrait être perçu comme du mépris. »
• Pourquoi craignent-ils des classements sans suite?
Malgré les signalements qui affluent ces derniers mois, souvent face à des mis en cause qui nient les faits, certains parents craignent le classement sans suite de la plupart des enquêtes qui en découlent. Plusieurs y ont déjà été confrontés et relatent auprès de France Info les conditions intimidantes dans lesquelles ont pu se dérouler les auditions de leurs enfants par la police.
Au commissariat, « notre fils s’est complètement refermé, caché derrière nous, il ne voulait pas y aller », décrit Grégoire, père d’un enfant de 4 ans ayant dénoncé des violences sexuelles perpétrées par des animateurs.
« Là-bas, tout est très minuté donc quand il a voulu parler, il ne restait que 30 minutes. Il a raconté des choses pas forcément cohérentes avec ce qu’il avait dit avant », raconte le père du petit garçon, témoignant du difficile équilibre qu’il faut atteindre pour pouvoir recueillir la parole de l’enfant dans ce type d’enquêtes, sans le braquer, ni lui faire prononcer des mots qui ne sont pas les siens.
• Comment à Paris Emmanuel Grégoire compte s’attaquer à ce problème?
Si Emmanuel Grégoire souhaite prendre ce problème à bras le corps, c’est qu’il prend la mesure d’un fléau dont il a lui-même été victime, étant enfant, a-t-il révélé en pleine campagne pour les élections municipales. « Je suis quelqu’un qui porte une plaie intérieure depuis très longtemps, une plaie silencieuse. (…) Cette histoire, c’est celle d’un enfant qui, en CM1, a subi des violences sexuelles pendant plusieurs mois dans le cadre d’activités périscolaires, dans une piscine municipale. »
Il déclare désormais vouloir prendre le problème à la racine, à la fois en s’appuyant sur l’expertise des collectifs de parents d’élèves, dont souhaite « écouter les doléances », mais aussi en faisant appel à un « conseil extérieur » afin de mieux évaluer d’où viennent les dysfonctionnements. Il devrait donc préciser ces mesures lors de ses annonces prévues en fin de semaine.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : La rédaction reste attentive et continuera à observer les faits.

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