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3 avril 2026Donald Trump limoge la ministre de la Justice Pam Bondi, deuxième membre de l’administration à perdre son poste
Analyse : Nos journalistes ont mis en avant les points essentiels à connaître.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « Donald Trump limoge la ministre de la Justice Pam Bondi, deuxième membre de l’administration à perdre son poste ».
Ce qu'il faut connaître
La ministre de la Justice n’a pas réussi à satisfaire les demandes du président de poursuivre ses adversaires, et paye sa gestion maladroite du dossier Epstein. Elle sera remplacée par Todd Blanche, ancien avocat de Donald Trump.
Sa gestion calamiteuse du dossier Epstein et son incapacité à poursuivre les adversaires politiques de Donald Trump ont fini par coûter son poste à Pam Bondi. La procureure générale s’est vue signifier jeudi par un message sur Truth Social la fin de ses fonctions. Moins d’un mois après la mise à pied de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, Bondi devient le deuxième membre du cabinet à être limogé par un président qui avait jusqu’à présent évité les remaniements ministériels.
« Pam Bondi est une grande patriote américaine et une amie fidèle», a écrit Trump dans son message. « Pam a accompli un travail remarquable en supervisant une vaste campagne de répression de la criminalité à travers notre pays, ce qui a permis de faire chuter le nombre de meurtres à son plus bas niveau depuis 1900. Nous aimons Pam, et elle va prendre de nouvelles fonctions très attendues et importantes dans le secteur privé, qui seront annoncées prochainement », a ajouté le président américain, tout en annonçant la nomination du numéro deux du ministère, le procureur général adjoint Todd Blanche, pour la remplacer.
« Diriger les efforts historiques et fructueux du président Trump pour rendre l’Amérique plus sûre et plus sécurisée a été l’honneur d’une vie », a écrit Bondi, « et sans conteste la première année la plus marquante du ministère de la Justice dans l’histoire des États-Unis ». Ses quatorze mois de fonction laisseront certainement des traces dans son ministère, transformé et affaibli par des purges et des démissions massives. Mais malgré son zèle à mettre au pas le ministère de la Justice, Bondi n’est pas parvenue à mener jusqu’au bout les poursuites judiciaires que Trump attendait d’elle contre ses adversaires. Et ses maladresses ont fait du dossier Epstein une source majeure d’embarras pour le président qu’elle était censée servir.
Une loyauté absolue mise à l’épreuve
Pam Bondi avait été un deuxième choix pour le poste de ministre de la Justice. Après l’échec de la candidature de Matt Gaetz, élu et provocateur MAGA tellement discrédité que même les sénateurs républicains avaient été réticents à le confirmer, Trump avait porté son choix sur cette ancienne procureure générale de Floride. Avec ses longs cheveux blonds, Bondi a le profil digne de l’agence Central Casting qu’affectionne Trump. Mais surtout, elle est une fidèle du président, qu’elle a soutenu dès le début de sa campagne en 2016.
Trump, élu malgré, et en partie grâce, aux poursuites judiciaires engagées contre lui par les démocrates, est déterminé à faire du ministère de la Justice un instrument à sa main, et un outil de sa vengeance personnelle. Il veut aussi éviter l’erreur de son premier mandat, quand il avait nommé au ministère de la Justice des républicains traditionnels. Il avait limogé son premier procureur, Jeff Sessions, pour avoir refusé d’enquêter sur les relations de sa campagne avec la Russie. Le second, Bill Barr, l’avait servi fidèlement, mais ne l’avait pas suivi dans la contestation du résultat de l’élection présidentielle. Bondi avait, en revanche, passé le test de loyauté en soutenant la thèse de l’élection volée aux côtés de Rudy Giuliani. En 2024, elle avait aussi accompagné Trump lors de son procès à Manhattan sur les paiements faits à la star du porno Stormy Daniels pour acheter son silence.
Une fois nommée, Bondi prend à cœur son nouveau rôle ministériel. Même si les relations entre les présidents américains et leurs ministres de la Justice ont souvent été très étroites, Bondi ne prétend même pas à une indépendance de façade.
Kent Nishimura / REUTERS
L’heure des purges et de la reprise en main
Dès son entrée en fonction, elle mène des purges massives dans son ministère. « Beaucoup de gens au FBI et au ministère de la Justice n’aiment pas Donald Trump, nous allons les débusquer », annonce-t-elle. Les procureurs ayant enquêté sur Donald Trump sont les premiers visés. Les bureaux d’enquête sur la corruption sont réduits, ainsi que ceux chargés de lutter contre les discriminations. Deux cents procureurs sont mis à pied, des milliers de fonctionnaires quittent leur poste volontairement. La purge sert aussi à intimider ceux qui restent. Mais le ministère perd aussi des juristes de haut niveau.
La nouvelle ministre de la Justice prend le parti du président quand celui-ci se heurte au pouvoir judiciaire. Bondi applique avec zèle les politiques de l’administration, y compris quand celles-ci s’opposent à la loi ou aux juges. Elle approuve les expulsions d’immigrés clandestins vers des prisons dans des pays tiers, et ignore les décisions de justice suspendant ces mesures. Elle applique l’élimination du droit du sol décidée par décret présidentiel, et approuve les nominations du président, y compris celles de candidats aux compétences juridiques limitées.
Le dossier Epstein, la goutte d’eau
Son zèle lui a fait commettre des erreurs. La première survient moins d’un mois après sa nomination. Lors d’une apparition sur Fox News, chaîne que regarde presque en permanence le président, elle annonce des révélations à venir sur l’affaire Epstein et affirme avoir sur son bureau une « liste de clients », qu’elle s’apprête à publier. La perspective de voir dévoilées les turpitudes des démocrates allèche le monde MAGA. La semaine suivante, Bondi invite à la Maison Blanche des « influenceurs » pour leur distribuer des classeurs portant l’inscription « Dossiers Epstein : Phase 1 ». Mais ceux-ci s’avèrent n’être qu’une compilation d’informations déjà rendues publiques. Les complotistes sont furieux. La Maison-Blanche aussi, qui n’avait pas été prévenue de cette opération médiatique.
Nathan Howard / REUTERS
Bondi a surtout gravement sous-estimé l’obsession des milieux MAGA pour l’affaire Epstein. Au lieu de dévoiler les compromissions des démocrates, ses promesses d’ouvrir le dossier se retournent contre elle, et surtout contre celui qu’elle cherchait à impressionner : Donald Trump. Celui-ci est moins pressé que quiconque que l’on rappelle son ancienne amitié avec Epstein, et de voir publiés des documents où son nom figure en bonne place.
Mais l’affaire Epstein échappe à tout contrôle. Bondi tente d’abord de l’étouffer en mettant fin aux attentes qu’elle a elle-même suscitées. Début juillet, le ministère de la Justice publie une note indiquant qu’il n’existe aucune liste de clients, et qu’aucune autre information concernant Epstein ne sera divulguée. Le résultat est encore pire. Son annonce soulève un tollé parmi les républicains. Dan Bongino, podcasteur amateur de théories complotistes devenu le numéro deux du FBI, a des échanges vifs avec sa ministre de tutelle. Les républicains du Congrès exigent des explications. Si Pam Bondi ne se soucie guère des attaques des démocrates, elle est fragilisée par les critiques de son propre camp, et, plus encore, par celles du président. Le vote par le Congrès d’une loi exigeant la bulletin de tous les dossiers Epstein oblige son ministère à éplucher des millions de pages.
La disgrâce d’une «amie fidèle»
Bondi fait pourtant tout pour satisfaire Trump. Une immense bannière à l’effigie du président est tendue au-dessus de l’entrée du ministère. Mais Trump a commencé à se plaindre d’elle en privé. Il la qualifie de faible et d’inefficace et lui reproche sa lenteur pour engager des poursuites pénales contre ses adversaires. En septembre, il publie un message à l’attention de Bondi qu’il avait d’abord envisagé de lui envoyer en privé, où il désigne James Comey, l’ancien directeur du FBI, et la procureure générale de New York Letitia James et le sénateur de Californie Adam Schiff, comme devant faire l’objet de poursuites judiciaires : « Nous ne pouvons plus attendre, cela détruit notre réputation et notre crédibilité. »
Quelques jours plus tard, le ministère de la Justice inculpe Comey d’entrave à la justice et de mensonges au Congrès et démet aussi de ses fonctions sa fille, Maurene Comey, procureure fédérale de Manhattan qui travaillait sur l’affaire Epstein. Mais les dossiers sont vides, et à moitié bâclés. Un juge fédéral classe ces deux affaires, estimant que le procureur nommé par Trump qui a déposé ces poursuites avait été illégalement installé à ce poste. Elle essuie d’autres échecs, lorsqu’un grand jury fédéral rejette la mise en accusation par le ministère de six élus du Congrès pour avoir rappelé aux militaires qu’ils n’étaient pas tenus d’obéir à des ordres illégaux. Ces fiascos rendent la position de Bondi précaire au sein de l’administration. Mais elle conserve, contre toute attente, la confiance présidentielle. Trump, qui veut éviter à tout prix de paraître céder à la pression médiatique ne veut pas non plus donner de « scalps » à ses adversaires en limogeant des membres de son cabinet, comme il le faisait fréquemment lors de son premier mandat.
L’affaire Epstein reste la plus corrosive. Auditionnée par le Congrès, Pam Bondi perd son sang-froid. Le représentant démocrate Jamie Raskin lui reproche d’être aux ordres de Trump : « Il vous commande des poursuites judiciaires comme on commande une pizza, et vous les livrez à chaque fois… Rien dans l’histoire américaine ne se rapproche de cette corruption totale de la fonction judiciaire ». « Avocat raté ! » lui lance-t-elle, reprenant des insultes qu’elle a préparées par écrit. Elle élude les questions sur l’affaire Epstein, et refuse de regarder et de s’adresser à ses victimes présentes. À la place, elle exige que les démocrates présentent leurs excuses à Donald Trump pour avoir voté sa destitution au cours de son premier mandat. « Vous êtes assis ici et vous attaquez le président, et je ne l’accepterai pas. »
Un ministère transformé en cabinet d’avocats privé
Evelyn Hockstein / REUTERS
Bondi a jusqu’au bout multiplié les efforts pour satisfaire les demandes de Trump. Son ministère refuse d’enquêter sur la mort de Renée Good, tuée à Minneapolis par un agent d’ICE. Pour tenter de détourner les reproches du président, qui lui reproche de ne pas avoir poursuivi ceux qu’il accuse de lui avoir volé l’élection, elle fait aussi saisir par le FBI les registres électoraux de l’élection de 2020 en Géorgie, et aurait ordonné à la directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, de se rendre sur les lieux. Au cours des dernières semaines, elle a discrètement autorisé un procureur fédéral de Caroline du Nord à mener des enquêtes sur l’élection de 2020, Mais cet empressement n’a pas suffi.
Ses adversaires démocrates ont salué le départ de Pam Bondi. « D’innombrables enquêtes politiques sans fondement, des centaines de professionnels des forces de l’ordre purgés, une dissimulation massive des dossiers Epstein et un effort systématique pour transformer le ministère en un cabinet d’avocats pénalistes représentant la personne du président plutôt que le peuple américain », a écrit le sénateur Adam Schiff, qui avait mené la première procédure de destitution contre Trump, et que Bondi avait cherché à inculper. « Mais Pam Bondi n’était qu’un symptôme de l’allergie chronique de Donald Trump aux lois de notre nation. Et, au final, sa flagornerie n’a pas pu empêcher la chute inévitable qui finit par frapper la plupart des fidèles de Trump. »
Source : www.lefigaro.fr
Conclusion : Un suivi attentif permettra de compléter notre point de vue.

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