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3 avril 2026Analyse : Notre rédaction met en avant les points essentiels à retenir.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « Emmanuel Macron, « l’ami » de Donald Trump devenu sa cible favorite ».
Éléments essentiels
Le président français a été visé mercredi par une nouvelle pique de son homologue américain, qui s’est cette fois moquée de sa relation avec son épouse Brigitte Macron. Une remarque déplacée qui révèle la détéroriation de la relation entre les deux hommes.
Une remarque qui ne passe pas à l’Élysée. Donald Trump s’en est une nouvelle fois pris ce mercredi 1er avril à Emmanuel Macron, sur fond de remontrances contre les dirigeants de pays de l’Otan accusés de ne pas le suivre dans sa guerre contre l’Iran.
« Macron, dont la femme le traite extrêmement mal… il se remet encore du coup de poing qu’il a pris à la mâchoire », a blagué le président américain lors d’un déjeuner privé mais dont la vidéo a été postée brièvement sur la chaîne YouTube de la Maison Blanche.
Le président américain faisait vraisemblablement référence à une vidéo virale montrant furtivement Brigitte Macron porter les deux mains au visage de son mari alors que l’avion présidentiel venait d’atterrir à Hanoï au Vietnam, en mai dernier.
Ces propos « ne sont ni élégants ni à la hauteur », a réagi l’intéressé, estimant que cette pique « ne mérite pas de réponse ».
« Absolument inacceptable »
Emmanuel Macron n’est pas le premier dirigeant à subir des remarques déplacées, voire humiliantes de la part de Donald Trump. Jeudi 19 mars, il a suscité la gêne de la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, avec une allusion stupéfiante à Pearl Harbor« , l’attaque surprise qui a déclenché l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1941. « Qui connaît mieux les surprises que le Japon? Pourquoi ne m’avez-vous pas parlé de Pearl Harbor? », avait-il lâché devant une dirigeante nippone interdite.
Vendredi dernier, le président américain s’est aussi moqué du prince héritier et homme fort de l’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, se félicitant qu’il lui « lèche le cul ». « Il doit être gentil avec moi. Dites-lui qu’il a intérêt à être gentil avec moi », avait-il ajouté au forum d’investissement FII Priority, soutenu par Ryad.
En s’en prenant à l’épouse du chef de l’État, Donald Trump semble toutefois avoir franchi une ligne supplémentaire. Même les adversaires politiques du président français s’en sont émus.
« Vous connaissez l’ampleur de mes désaccords avec le président de la République, mais que Donald Trump se permette de lui parler comme ça et de parler comme ça de son épouse, je trouve ça absolument inacceptable », a réagi sur BFMTV, le coordinateur de la France insoumise Manuel Bompard.
Une relation en dents de scie
Entre « bromance », fâcheries et réconciliations devant les caméras, la relation entre les deux hommes a toujours été en dents de scie depuis leurs premiers contacts en 2017. Mais celle-ci a connu un net refroidissement depuis le début de l’année 2026, alors que Donald Trump fait feu de tout bois sur la scène internationale.
Le président français est en effet devenu l’une des cibles favorites du républicain, qui lui reproche de se mettre en travers de ses ambitions. Une première crise a éclaté en janvier, quand Donald Trump martelait sa volonté de s’emparer du Groenland. La réponse des Européens, Paris en tête, est alors un « non » ferme et définitif.
Déstabilisé, Donald Trump répond par la moquerie, en raillant les lunettes de soleil d’Emmanuel Macron, qui, selon lui, a « joué au dur » au sommet de Davos. Sur son réseau Truth Social, il se venge en publiant, sans l’en avertir, un SMS envoyé par le président français.
Au même moment, le président américain se vexe aussi qu’Emmanuel Macron refuse de rejoindre son « conseil de paix », pensé comme une alternative à sa main de l’ONU. « Personne ne veut de lui, parce qu’il sera bientôt sans mandat », tance alors Donald Trump, qui joue du règne finissant d’Emmanuel Macron qui quittera l’Élysée en 2027. Piqué au vif par le refus français, il menace aussi Paris de « 200% de droits de douane » sur les vins et les champagnes français.
Tensions ravivées par la guerre contre l’Iran
Si les menaces de Donald Trump sont restées lettre morte, quelque chose semble s’être brisée entre Paris et Washington, relève à l’époque le New York Times. « Pendant des années, Emmanuel Macron a utilisé le pouvoir de l’amitié pour tempérer les décisions les plus impulsives du président Trump. On ignore si cette stratégie est encore efficace », s’interrogeait le quotidien.
Les tensions se ravivent un peu plus le 28 février, quand Donald Trump déclenche unilatéralement, avec Israël, une guerre contre l’Iran. S’il espérait embarquer ses alliés avec lui de l’Otan, Donald Trump se retrouve en fait isolé au Moyen-Orient.
« La France, qui n’a pas été consultée et qui ne fait pas partie de cette offensive militaire lancée par les États-Unis et Israël, n’y prend pas part », a insisté Emmanuel Macron mercredi.
La France n’a ainsi pas répondu à l’appel de Donald Trump à « débloquer » le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite un cinquième du pétrole brut mondial. L’opération est jugée « irréaliste » par Emmanuel Macron, qui propose plutôt une mission d’escorte des navires « après la sortie de la phase la plus chaude du conflit » au Moyen-Orient.
Une prudence raillée par Donald Trump, mercredi, en offrant à ses convives une nouvelle imitation d’Emmanuel Macron. « Non, non, non… On ne peut pas faire ça, Donald. On pourra le faire une fois la guerre gagnée », a-t-il mimé en prenant l’accent français du président de la République.
Le président américain reproche aussi à la France d’avoir interdit son espace aérien aux « avions (américains) chargés de matériel militaire à destination d’Israël ». « Les États-Unis s’en souviendront », a-t-il menacé sur son réseau Truth. Mais comme l’a appris BFMTV auprès d’une source militaire, la France n’a pas restreint le survol de son espace aérien aux avions militaires américains.
L’humiliation, une arme à double tranchant
Tourner en ridicule ses adversaires, et même ses partenaires, fait partie de la panoplie de Donald Trump pour s’imposer sur la scène internationale, relève sur France Culture la doctorante Marie Durrieu. « D’un critère de vue international, Trump va essayer de réimposer la posture dominante des États-Unis et au niveau de la politique intérieure, ça va satisfaire son électorat », explique l’autrice de la thèse Une étude empirique de l’humiliation: ses manifestations, rôles et usages stratégiques.
Mais comme le montre l’échec du président américain à s’emparer du Groenland ou à embarquer ses alliés dans la guerre au Moyen-Orient, l’arme est à double tranchant. « L’humiliation est instrumentalisée, autant du côté de l’humilié que de l’humiliant », souligne la chercheuse. « C’est souvent contre-productif, notamment parce que l’humilié peut réutiliser l’humiliation à des fins stratégiques et l’auteur de l’humiliation va en perdre le contrôle », développe-t-elle.
En ce qui concerne l’Iran, par exemple, « toutes les humiliations ont été récupérées par la République islamique pour légitimer un régime extrêmement dur » et se poser « en porte-drapeau de la résistance aux humiliations occidentales ».
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Les développements à venir permettront de compléter notre point de vue.

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