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Selon notre équipe, l'article intitulé « Esclavage en Méditerranée, nouveaux regards historiques » mérite un regard attentif.
Ce qu’il faut observer
À l’entrée de l’exposition « Esclaves en Méditerranée, 17ᵉ-18ᵉ siècle » de l’Institut du monde arabe à Paris, une voix égrène des noms de captifs et captives. Cette exposition, consacrée à l’esclavage dans le monde méditerranéen, invite à suivre la vie quotidienne des femmes et des hommes captifs, de leur débarquement à la reconquête de leur liberté, et à leur conférer individualité et humanité. Il s’agit de l’une des premières expositions consacrées à un objet d’étude resté à la marge de l’historiographie, comme de la muséographie. Pourtant, en Méditerranée, les pratiques d’esclavage et de captivité se développent dès l’Antiquité. Au 17ᵉ-18ᵉ siècle, l’esclavage procède de razzias menées par des corsaires chrétiens ou barbaresques sur les côtes nord-africaines et européennes. Les habitantes et habitants des zones côtières, musulmans, chrétiens ou juifs, peuvent être capturés, faits esclaves et astreints à des travaux forcés.
L’esclavage en Méditerranée, des mémoires et des sources inégales
L’esclavage en Méditerranée est moins important démographiquement et économiquement que la traite atlantique, dont l’histoire et la mémoire ont été plus largement questionnées. Plus encore, les trois provinces ottomanes que sont Alger, Tunis et Tripoli sont inégalement documentées. Le nombre de captifs et captives à Alger et Tunis est plus important qu’à Tripoli si bien que les témoignages de la captivité dans cette ville sont plus rares. L’ouvrage d’Antoine Quartier, publié en 1690 sous le titre de L’Esclave religieux, narre la trajectoire de ce voyageur né en 1632 en Bourgogne et emprisonné à Tripoli entre 1660 et 1668. Édité scientifiquement par l’historien Mathieu Grenet en 2026 et publié chez Anarchasis sous le titre de Tripoli, cet ouvrage documente également les circulations qui traversent l’espace méditerranéen.
Des images et des textes
L’exposition « Esclaves en Méditerranée, 17ᵉ-18ᵉ siècle » donne à voir la pluralité des sources qui peuvent éclairer l’histoire de l’esclavage. Elle rassemble des œuvres occidentales, notamment produites par des artistes français et italiens qui utilisaient les esclaves comme modèles, et montre la circulation des modèles iconographiques. Le motif des « Quatre Maures » (Quattro Morri en italien), utilisé en 1626 dans une sculpture monumentale de Pietro Tacca dans le port de Livourne, est à cet égard repris dans un ensemble de sculptures. Certaines œuvres présentées à l’Institut du monde arabe ont quant à elles été réalisées par les captives et captifs eux-mêmes. L’exposition met aussi en lumière les pratiques de l’écrit des personnes esclavisées. Celles-ci, parfois lettrées, rédigent des lettres adressées à leurs proches, gravent leur nom sur les murs de leurs geôles ou bien obtiennent des fonctions de copistes. L’expérience de la captivité fait également l’objet de récits, tel que celui d’Antoine Quartier. Le sous-genre littéraire du récit de captivité donne à lire la trajectoire d’esclaves chrétiens rachetés, dans un registre apologétique.
Exposition « Esclaves en Méditerranée, 17ᵉ-18ᵉ siècle »
Du 31 mars au 19 juillet 2026 à l’Institut du monde arabe à Paris.
Entrée gratuite pour toutes et tous.
Informations pratiques Ouverture dans un nouvel onglet
Commissariat :
- Djamila Chakour, chargée de collections, Institut du monde arabe.
- Meredith Martin, professeure New York University.
- M’hamed Oualdi, professeur d’histoire du Maghreb, Institut universitaire européen, Florence.
- Gillian Weiss, professeure Case Western Reserve University.
À lire pour aller plus loin :
- Meredith Martin et Gillian Weiss, Le Roi-Soleil en mer, éditions de l’EHESS, 2022.
- Gillian Weiss, Captifs et Corsaires. L’identité française et l’esclavage en Méditerranée, Anacharsis, 2014.
- « Méditerranée, XVIᵉ siècle-1830. L’esclavage oublié Ouverture dans un nouvel onglet« , L’Histoire, n° 541, mars 2026.
Pour en savoir plus sur l’émission
Djamila Chakour est historienne de l’art islamique, chargée des collections du musée de l’Institut du monde arabe à Paris. Elle est co-commissaire de l’exposition « Esclaves en Méditerranée, 17ᵉ-18ᵉ siècle ».
Mathieu Grenet est maître de conférences en histoire moderne à l’Université Toulouse – Jean Jaurès.
Il a notamment publié :
- (édition scientifique) Antoine Quartier, Tripoli. Tribulations et aventures d’un captif dans une cité corsaire, Anacharsis, 2026.
- (avec Guillaume Calafat) Méditerranées. Une histoire des mobilités humaines (1492-1750), Points, 2023.
- (dir.) La Maison consulaire : espaces, fonctions et usagers : XVIᵉ-XXᵉ siècle, Presses universitaires de Provence, 2021.
- (études réunies avec Arnaud Bartolomei, Guillaume Calafat et Jörg Ulbert) De l’utilité commerciale des consuls. L’institution consulaire et les marchands dans le monde méditerranéen (XVIIᵉ-XXᵉ siècle), École française de Rome, 2018.
- La Fabrique communautaire : les Grecs à Venise, Livourne et Marseille : 1770-1840, École française de Rome, 2017.
M’hamed Oualdi est historien du Maghreb, professeur d’histoire du 19ᵉ siècle à l’Institut universitaire européen à Florence.
Il a notamment publié :
- L’Esclavage dans les mondes musulmans : des premières traites aux traumatismes, Amsterdam, 2024.
- Un esclave entre deux empires. Une histoire transimpériale du Maghreb, Seuil, 2023.
- Esclaves et maîtres : les Mamelouks des Beys de Tunis du XVIIIᵉ siècle aux années 1880, Éditions de la Sorbonne, 2011.
Générique : « Gendèr » par Makoto San, 2020.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Notre rédaction reste attentive à l'évolution de cette actualité.

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