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3 avril 2026faut-il contrôler les animateurs au niveau national, comme le réclament de nombreux parents d’élèves ? – franceinfo
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Un résumé concis de « faut-il contrôler les animateurs au niveau national, comme le réclament de nombreux parents d’élèves ? – franceinfo » selon notre équipe.
Points saillants
Le ministre de l’Education nationale a nommé Cristelle Gillard déléguée à la protection des enfants à l’école, y compris sur le temps périscolaire. Un nouveau poste accueilli tièdement par les collectifs et associations de parents, qui attendent des mesures plus fortes.
Une défenseure des droits pour répondre à la crise du périscolaire. Le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, a nommé Cristelle Gillard en tant que déléguée à la protection des enfants à l’école, selon un communiqué publié mercredi 1er avril. Son rôle ? Intervenir « en recours », sur le temps scolaire mais aussi celui de la cantine et de la garderie, lorsque des familles ou des personnels de l’école estiment « qu’un signalement de violence ou de maltraitance n’a pas été pris en charge de manière satisfaisante par les autorités locales compétentes ».
Alors que les révélations de violences physiques et d’agressions sexuelles se multiplient ces dernières semaines, dans le périscolaire parisien comme ailleurs, le ministre Edouard Geffray a assumé sur RTL vouloir reprendre la main. « Le niveau de contrôle a été manifestement insuffisant pour certains animateurs », a-t-il reconnu, annonçant également la mise en place d’une « liste noire » pour que les agents du périscolaire aux comportements inacceptables – mais n’ayant pas eu de sanction pénale – ne puissent plus retravailler au sein de l’Education nationale.
Aujourd’hui, les contrôles sont surtout effectués par les communes, tout comme le recrutement et la gestion des animateurs. Le département peut également intervenir en cas d’« information préoccupante », tout comme la justice si un signalement est adressé au procureur de la République. L’Etat, lui, fixe certaines règles générales, comme le taux d’encadrement minimum.
Elisabeth Guthmann, cofondatrice du collectif SOS Périscolaire, demande depuis des années une réflexion « nationale » sur le temps périscolaire, principalement sur le sujet de la prévention et des contrôles. Cette lanceuse d’alerte déplore l’existence d’interférences dans des villages « où tout le monde se connaît ». Et explique que, de manière générale, par manque de moyens ou de volonté politique de certains maires, la protection des enfants reste inégalement assurée. Un constat appuyé par Barka, membre du collectif #MeTooEcole.
« Un enfant à Paris, à Roubaix ou en zone rurale doit bénéficier des mêmes garanties de sécurité, des mêmes protocoles, des mêmes contrôles. L’égalité de protection ne peut pas être laissée à la discrétion des collectivités locales. »
Barka, membre du collectif #MeTooEcoleà franceinfo
« Aujourd’hui, la sécurité d’un enfant dépend encore trop souvent de la commune où il vit. Ce n’est pas acceptable », ajoute Barka. Selon elle, #MeTooEcole ne défend pas un « modèle de gestion en particulier », mais « un cadre national contraignant pour la protection des enfants ».
La nomination de Cristelle Gillard est « un signal positif », souligne Barka.
« Mais soyons lucides : nous n’avons pas besoin d’un dispositif de plus, nous avons besoin d’une politique nationale de protection de l’enfance, portée au plus haut niveau, avec un protocole commun appliqué partout. »
Barka, membre du collectif #MeTooEcoleà franceinfo
Camille, également membre de #MeTooEcole, redoute de son côté un énième « effet d’annonce ». « Arrêtons de diluer les responsabilités avec des postes qui n’ont ni corps, ni constance », martèle cette mère de famille, qui demande avant tout « des moyens ».
Pour Elisabeth Guthmann, la présence d’un « garde-fou » national au sein du ministère de l’Education reste « une belle avancée » face à des violences et maltraitances « systémiques ». « On jugera sur pièce, mais on ne va pas fermer la porte à cette initiative », réagit Grégoire Ensel, président de la FCPE. Le responsable de la fédération de parents d’élèves se dit favorable à ce que l’Etat s’implique davantage sur le périscolaire, mais il ne souhaite pas pour autant voir les collectivités être dépossédées de leur compétence. « On reste attachés au fait que la gestion reste locale, car c’est quand même la réponse la plus adaptée aux besoins des enfants. »
Certains parents réclament également une nouvelle loi sur le périscolaire. C’est le cas de Maude*, qui a porté plainte pour viol et agression sexuelle sur sa fille contre deux animateurs après les révélations de « Cash Investigation » fin janvier sur l’école Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement de Paris. Elle fait partie des 242 parents qui ont récemment adressé un courrier à Emmanuel Macron, l’exhortant notamment à engager « une réforme » sur le périscolaire. Le poste de défenseure des droits de l’enfant au sein de l’Education nationale ? « Du pipeau, du droit mou », juge Maude.
« Le seul moyen de prévenir les actes ou de condamner les auteurs de violences, c’est de mettre des caméras dans les lieux qui accueillent des mineurs. Et cela doit passer par une loi nationale. »
Maude*, mère d’une ancienne élève à l’école Saint-Dominique à Parisà franceinfo
Fin février, une proposition de loi contre les violences en milieu scolaire, née du scandale Notre-Dame de Bétharram et portée par Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Renaissance), a été rejetée par la conférence des présidents de l’Assemblée nationale. Le texte n’a donc pas été inscrit à l’ordre du jour, regrette amèrement Grégoire Ensel.
« Il faut cesser les guéguerres politiques sur un sujet aussi grave. Il est urgent de remettre ce projet de loi à l’agenda parlementaire. »
Grégoire Ensel, président de la FCPEà franceinfo
Selon ce représentant des parents d’élèves, la problématique du périscolaire aurait pu y être débattue et travaillée via des amendements.
Mercredi, au palais du Luxembourg, la sénatrice Agnès Evren (LR) a par ailleurs interpellé le gouvernement sur la possibilité pour l’Etat de se porter partie civile dans les affaires d’agressions sexuelles sur mineurs durant le périscolaire. Elle a particulièrement dénoncé « l’omerta » parisienne, selon des propos rapportés par Public Sénat.
« J’ai demandé qu’on expertise la question de la partie civile pour pouvoir venir en appui. Ça suppose d’être soi-même victime. Et donc, on n’est pas sûr actuellement qu’on puisse nous-mêmes, en tant qu’Etat, se porter partie civile lorsque des enfants sont victimes dans le périscolaire », a répondu Edouard Geffray. Il a par ailleurs assuré que près de deux millions de contrôles d’honorabilité étaient effectués chaque année sous le contrôle de Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative.
Au Sénat, le ministre de l’Education nationale a aussi plaidé pour cesser l’hypocrisie entre le temps périscolaire – qui dépend des collectivités, donc – et le temps scolaire – une compétence nationale – dénonçant un jeu du « chat perché ». « Un problème s’est produit à 12h01 ? ‘Ah c’est le périscolaire’. Il s’est passé à 11h59 ? ‘Non c’est le scolaire' », a illustré Edouard Geffray, suggérant que ces situations étaient récurrentes. A ce sujet, Maude souhaiterait par exemple voir émerger dans les écoles un « conseil » rassemblant enseignants, animateurs et familles.
Au-delà des crimes commis sur des mineurs, le périscolaire pâtit d’un manque d’« ambition » de la part de l’Etat, regrette la FCPE. « Ils ont été conçus pour être des temps d’éducation, que l’on a petit à petit vidés de leur substance », souligne Grégoire Ensel, rappelant que les animateurs sont peu formés et mal payés. C’est aussi le aspect de vue de Julien Fonte, cosecrétaire général de la FSU-territoriale, syndicat qui représente notamment les animateurs.
« On paye une vision politique selon laquelle les enfants, il faut avant tout s’en occuper pour que les parents aillent bosser. »
Julien Fonte, cosecrétaire général de FSU-territorialeà franceinfo
Selon lui, l’Etat doit mieux « reconnaître la professionnalité de l’animation », rehausser les taux d’encadrement et réfléchir à une « continuité éducative ». En 2021, un revue publié par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) relevait que le « pilotage multiple » entre périscolaire et scolaire nuisait « à la définition et la mise en œuvre de stratégies communes organisées autour des besoins éducatifs de l’enfant ».
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Notre rédaction suivra les développements à venir et partagera des analyses.

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