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Un regard éditorial sur « trois questions sur l’obligation du port du voile en Iran – franceinfo » pour mieux comprendre l'article.
À retenir
Plusieurs internautes ont semblé s’étonner de voir des images en provenance d’Iran montrant de nombreuses femmes non voilées dans les rues de Téhéran. Il s’agit en réalité d’un acquis du mouvement « Femme, vie, liberté, », rappelle la sociologue franco-iranienne Azadeh Kian.
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Temps de lecture : 4min
Plus d’un mois après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, les images des journaux télévisés en direct d’Iran ont suscité de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux. « Mais je vois des femmes non voilées en arrière du journaliste à Téhéran, un pays où les femmes sont strictement interdites de sortie sans voile ? », s’interroge un internaute en partageant les images du journaliste Siavosh Gazi en direct de Téhéran. « On nous dit que le voile est obligatoire en Iran, avec des lois très strictes, et pourtant on voit des images de femmes non voilées. Donc soit ces images ne viennent pas d’Iran, soit il y a une réalité sur le terrain qu’on ne nous explique pas », peut-on lire dans un autre message.
En réalité, explique la spécialiste de l’Iran et professeure de sociologie franco-iranienne Azadeh Kian, le gouvernement avait décidé de lâcher du lest concernant la répression des mœurs. Toutefois, précise-t-elle, ce régime « reste un régime répressif dictatorial » qui continue « d’emprisonner, torturer et exécuter » les opposants politiques.
franceinfo : Pourquoi voit-on des femmes non voilées circuler librement dans les rues de Téhéran ?
Le mouvement « Femme, vie, liberté », a obtenu plusieurs acquis. Malgré une loi encore plus dure qu’avant, qui avait été approuvée en décembre 2024, le président iranien Massoud Pezechkian et le président du Haut Conseil de la Sûreté nationale Ali Larijani — qui a été tué par des frappes israéliennes récemment — ont décidé de ne pas appliquer cette loi, craignant que cela ravive de fortes tensions au sein de la société. Ils ont bien compris que la majorité écrasante des Iraniens voulaient que les femmes décident elles-mêmes de porter le voile ou non. La majorité des Iraniens était contre le voile obligatoire. C’est la raison pour laquelle, malgré l’existence d’une loi d’interdiction, on peut voir aujourd’hui des femmes se promener sans voile, et en ce moment, alors que c’est le printemps, des dames portent même des jupes. Même des femmes plus âgées se mettent à ne plus porter le voile.
Est-ce le cas dans l’ensemble du pays ou seulement dans la capitale ?
C’est surtout le cas dans les grandes villes, à Téhéran, mais également à Ispahan, à Chiraz, à Machhad et même à Qom qui est quand même l’équivalent du Vatican en Iran : là, de plus en plus de femmes ne portent pas le voile. C’est quelque chose qui est maintenant acquis. C’était déjà le cas avant la guerre, puisque le gouvernement avait décidé de laisser une certaine marge de liberté individuelle aux Iraniens sur le voile mais également par exemple sur la question des couples non mariés qui peuvent désormais fréquenter des cafés sans être dérangés par la police des mœurs. Mais encore une fois, je ne parle pas des milieux ruraux.
Que répondre aux personnes qui en déduisent que le régime iranien n’est pas si répressif qu’on le prétend envers sa population ?
Premièrement, si les femmes iraniennes aujourd’hui peuvent ne pas porter le voile, c’est grâce à leur lutte et grâce à leur résistance. Ce sont les femmes iraniennes qui ont contraint le régime à respecter leur volonté. Ce n’est pas le régime qui leur a accordé cela. C’est passé à travers des luttes. Deuxièmement, le régime reste un régime répressif dictatorial.
« Cet allègement concerne certes les libertés individuelles, mais absolument pas les libertés collectives puisqu’en même temps, si vous êtes un opposant politique, le régime continue à arrêter, emprisonner, torturer et exécuter. »
La télévision iranienne vient d’ailleurs de déclarer que si vous sortiez dans la rue pour manifester, les autorités auraient le doigt sur la gâchette. Par ailleurs, si le gouvernement laisse les femmes sortir sans voile, c’est pour ne pas envenimer les tensions existantes au sein de la société iranienne, mais n’oublions pas que la loi reste la même et n’a pas été abolie. Cette loi de décembre 2024 est encore plus répressive que la loi précédente. L’application de cette loi a été suspendue, mais la loi existe toujours.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Quelques points à garder à l'esprit selon notre rédaction.

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