
Mission Artemis II : nouveau problème aux toilettes, l’urine gèle, la solution insolite trouvée par les ingénieurs
5 avril 2026Delta lance une saison de résultats axée sur la flambée des prix du gaz et la guerre en Iran
5 avril 2026Analyse : Un rapide aperçu des faits pour mieux suivre cette actualité.
Un point rapide sur l'article « DOSSIER / Les petits papiers buvards de Maryse et Bernard n’ont pas fini de parler » selon nos journalistes.
Ce qu'il faut connaître
Témoignages sans tache d’une France révolue, les papiers buvards n’ont pas fini de parler. Imprégnés d’émotions, « ils porteront à jamais l’image de leurs illustrateurs et de notre mémoire de petits écoliers », aime à penser Maryse, 78 ans et des meubles remplis de milliers de mini sous-main absorbants.
Dans sa maison « des tocs » comme Maryse la baptise, en mémoire de ses multiples collections lancées et souvent oubliées, l’Audoise de Coursan se plaît à remonter le temps. Et, laisser parler les petits papiers, surtout le soir, papiers buvards collectionnés en couple, en compagnie de son feu mari. Papibeverophiles, ils en ont recherché toute leur vie, ensemble. « Bernard était né en 1942, cela aura été sa passion jusqu’au bout », raconte la septuagénaire, nostalgique. Comme lui, elle a connu les tableaux noirs et leurs grinçantes craies de couleur, les bureaux en bois à encrier, la plume sergent-major et la douceur du buvard sous la main, absorbant les ratures aussi proprement que les affres des interrogations, et dictées surprises.
Autrefois offerts par les épiciers, les libraires, les médecins…
« Bernard était informaticien, il avait commencé les buvards à l’âge de 10 ans. » À l’époque où nombreux étaient les gamins des villages à se précipiter chez l’épicier à la sortie de classe. « Le marchand nous offrait un buvard publicitaire qu’il glissait dans le paquet de courses. On repartait heureux. » Maryse se souvient d’avoir elle aussi conservé ces précieux trésors d’enfance. Fan de ces petits rectangles d’antan, elle était faite pour rencontrer un autre mordu, plus assidu encore qu’elle à rassembler ces souvenirs empreints d’une mémoire sociétale infinie. Maryse pense aux exemplaires colorés, amusants ou de toute beauté signés par des « illustrateurs tels Francisque Poulbot, Albert Dubout », ou le peintre Gustave Fayet.
Certes, elle regrette de ne plus feuilleter aussi souvent qu’antan ces grands albums soigneusement conservés dans une armoire. Depuis huit ans et le décès de Bernard, elle le sait, elle doit se remettre à classer, répertorier par rubriques puis déposer sous couverture plastique des centaines de buvards aux thèmes divers. Scènes de la vie quotidienne, fables de La Fontaine, anciennes marques iconiques des géants de l’automobile, de l’industrie, de l’alimentaire, de la pharmacopée. « Les médecins en recevaient des laboratoires et nous les distribuaient. Les libraires également contre l’achat d’un cahier ou d’un livre », se replonge l’orthophoniste retraitée.
Chaque image raconte une histoire, un produit, un artiste
« Aujourd’hui, l’encre n’existe plus, les buvards ont disparu et les pubs à la télé ont changé mais, nous, on perpétue ce patrimoine » Chaque image raconte une histoire, un savon, une boisson, un artiste, une époque. Des témoignages sans tache d’une France révolue. En tournant ainsi les pages de son passé, Maryse repense à leur quête conjointe et incessante de papiers buvards, d’échanges, parfois d’arnaques. « On faisait partie d’une association, à une ou deux reprises des membres sont venus à la maison pour des doublons. Ils connaissaient la valeur de certains buvards, ils nous ont roulés ! » Aujourd’hui, Maryse s’en amuse. « Une collection c’est comme une maladie. Quand on laisse une pièce s’échapper, on a l’impression de vivre la fin du monde. »
Durant des décennies, elle a parcouru avec Bernard les vide-greniers, les brocantes où les buvards surgissaient des cartons de cartes postales. « Dès que nos filles en trouvaient un, elles nous le rapportaient. C’était devenu addictif. » Jusqu’à la disparition de l’époux. Ce jour où les papiers buvards ont semé la zizanie dans la famille. « La sœur de mon mari a prétendu que la collection lui appartenait. Elle revendiquait le cas d’être allée à sa place récupérer les buvards chez les commerçants. Elle les réclamait en héritage. Je n’ai pas cédé, j’ai gardé les classeurs, mes filles y sont attachées, ce sont elles qui décideront de leur devenir. » Pour l’Histoire, cette fois, le buvard a été détrôné en septembre 1965 par un décret du ministre de l’Éducation nationale, autorisant l’usage du célèbre stylo « Bic » inventé par un certain Marcel Bich.
À lire aussi :
DOSSIER / Les collectionneurs en vogue : Les stylos « trop stylés » d’Esther, future styliste de mode
À lire aussi :
Après une vie de corridas, la Catalane Cathy Calvet s’est constituée un trésor hors du commun
À lire aussi :
DOSSIER / « Je ne risque pas de me noyer dans un dé à coudre, je me suis digitabuliphée très jeune », s’amuse Sylvie, Catalane de cœur
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : L'équipe continuera de fournir des mises à jour régulières.

9999999
