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La voie d’amour est le quatrième des cinq épisodes de la série Les Chemins de la connaissance : La tradition japonaise et la mort volontaire, diffusée sur France Culture le 29 novembre 1984. Claude Mettra y retrouve Maurice Pinguet, anthropologue et écrivain spécialiste du Japon, pour explorer une forme de mort volontaire bien distincte du sacrifice guerrier : le suicide amoureux, ou shinju, mot qui s’écrit avec deux caractères qui signifient littéralement « le fond du cœur ».
L’amour, valeur suspecte pour le confucianisme
Là où la théologie chrétienne fait de l’amour la valeur suprême, le confucianisme qui régit la société japonaise le considère avec méfiance. L’amour y est perçu comme un désordre dangereux, un aveuglement irrationnel, une forme d’égoïsme à deux. Le mariage n’est qu’un contrat entre familles, tourné vers la continuité du lignage. « Il est dissocié de l’amour. » La conjugalité et l’amour romantique, n’y ont aucune place.
La passion, une transgression
C’est pourtant dans les marges de cette société très codifiée que la passion surgit, et c’est au théâtre qu’elle s’exprime. Chikamatsu, le plus grand dramaturge japonais du début du 18e siècle, met en scène dans ses drames lyriques pour le bunraku, le théâtre de marionnettes, des amours impossibles entre hommes mariés et courtisanes. Ces passions, en conflit ouvert avec l’ordre social, qui naissent parfois dans les maisons de plaisir, n’ont souvent d’autre issue que la mort des deux amants. « L’amour ne serait pas l’amour s’il n’avait pas le courage d’affronter la mort. » Face à la multiplication de ces suicides, le gouvernement des Tokugawa ira jusqu’à interdire les pièces de shinju et menacer de représailles posthumes les amants retrouvés morts ensemble.
La beauté de l’amour
Ce « romantisme de la mort d’amour », que l’Europe n’élaborera qu’au 19e siècle, des Souffrances du jeune Werther de Goethe à Tristan et Isolde de Wagner, le Japon l’a donc devancé d’un siècle. Et Pinguet y voit le reflet d’une constante anthropologique, mais aussi d’une esthétique profondément japonaise : celle de l’aware, l’émotion devant la beauté des choses précisément parce qu’elles sont fragiles. Non pas le vase de marbre éternel de Keats, mais la fleur de cerisier qui éclot le matin et disparaît le soir.
- Production : Claude Mettra
- Avec Maurice Pinguet (écrivain, chercheur, anthropologue)
- Les chemins de la connaissance – La tradition japonaise et la mort volontaire 4/5 : La voie d’amour (1ère diffusion : 29/11/1984)
- Edition web : Caroline Chaussé-Domergue, Documentation de Radio France
- Archive Ina-Radio France
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Ces informations seront suivies attentivement par notre rédaction.

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