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5 avril 2026Excédent d’électricité, pénurie de gaz, énergies renouvelables… Quelles solutions face à la crise énergétique en cours ?
Analyse : L’équipe éditoriale a repéré les points les plus pertinents.
Un résumé rapide de « Excédent d’électricité, pénurie de gaz, énergies renouvelables… Quelles solutions face à la crise énergétique en cours ? » selon notre rédaction.
Résumé synthétique
André Joffre, président du bureau d’études Tecsol, basé à Perpignan et pionnier du photovoltaïque en France depuis plus de quarante ans, fait le note sur la crise énergétique en cours, qualifiée de « choc pétrolier » par Roland Lescure, ministre de l’Économie. Il partage également son expertise sur les nouvelles façons de produire et de consommer l’énergie.
Quelle est la situation actuelle concernant l’énergie ?
Aujourd’hui, je pense qu’on a des situations qui risquent d’être assez tendues. Pas trop sur la production d’électricité, parce qu’on a ce qu’il faut. On a plutôt de l’excédent. On en vend à l’extérieur, on exporte. Ça rapporte 5 milliards par an à peu près. Et comme le prix est indépendant du produit pétrolier, il n’y a aucune raison que les prix augmentent en matière d’électricité. Par contre, pour le gaz, c’est plus compliqué.
C’est-à-dire ?
On se chauffe surtout au gaz en France. Et là, il y a un vrai problème parce qu’il y a eu des destructions de moyens de production de gaz et qu’il est transporté par des méthaniers. Alors, en général, toute l’année, ils prennent le gaz, notamment dans la zone du Qatar, et le ramènent en France et en Europe, et le stockent dans les réserves. Mais aujourd’hui, tout est arrêté à cause de la guerre au Moyen-Orient, ce qui fait que tout ce qui aurait dû être stocké ne l’est pas depuis un mois. Et on nous dit que pour remettre en route les installations, il y en a pour au moins un an, voire plus.
Y a-t-il donc un risque de manquer de gaz ?
Oui, car tout ça est calculé de telle façon que les réserves que l’on accumule pendant l’été servent à répondre à la pointe de demande pour le chauffage en hiver. Deux secteurs vont surtout être touchés dès la rentrée : les maisons et l’industrie. Je pense qu’il va y avoir des tensions en septembre et cet hiver. On peut espérer que, par miracle, les choses viennent à s’arranger, que les entreprises puissent se remettre en route, mais tout ça prendra du temps.
Quelles sont les solutions face à cette crise énergétique ?
Le gouvernement devrait présenter un plan « d’électrification des usages ». Soit transformer tout ce qui est pétrole, accélérer le passage de la voiture thermique à la voiture électrique, avec aussi un certain nombre de mesures. Et encore plus d’aides. Ensuite, il y a la solution de remplacer tout ce qui est chaudière au fioul et au gaz par des pompes à chaleur. Ça avait déjà commencé, mais ils veulent accélérer la cadence.
Peuvent-ils aller encore plus loin ?
Je pense que s’ils sont astucieux, ils rajouteraient dedans le observation d’autoriser les systèmes de climatisation parce que ça, c’est un vrai « game changer » chez nous. Si vous passez de la chaudière à gaz à la pompe à chaleur, vous obtenez le même service : vous aurez de la chaleur et vous aurez un prix qui va être à peu près pareil. Donc l’intérêt n’est pas majeur. Si, par contre, dans les subventions, vous autorisez, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, des systèmes réversibles qui font à la fois du chaud en hiver et du rafraîchissement en été, ça, ça a du sens. Je pense que ce sont des sujets qui vont émerger.
On arrive à ce qu’on voulait, de l’énergie solaire qui permet d’alimenter directement la maison
Aujourd’hui, comment un particulier peut-il maîtriser ses dépenses énergétiques ?
Déjà, utiliser le bois comme énergie. Soit les poêles à granulés ou les inserts bois. Il y avait une recrudescence d’achats là-dessus et là, il y a un phénomène nouveau. Avec la tempête qu’il y a eue, on a eu énormément de bois disponible, ce qui va faire chuter son prix. Je pense que c’est une piste vraiment importante, qui, en plus, présente l’avantage de pouvoir, même si vous avez une chaudière au gaz, passer de l’un à l’autre. Vous avez aussi le chauffe-eau solaire, pas assez connu, alors que ça fonctionne, soit une chaudière pour le chauffage qui produit également de l’eau chaude. Et quand on arrête la chaudière, à cette saison-là, vous vivez entièrement avec le chauffe-eau solaire. Donc, c’est très intéressant, parce que pendant six mois de l’année, vous économisez vraiment du gaz. Après, on peut aller encore un peu plus loin avec le chauffage solaire combiné. C’est-à-dire qu’on ne fait pas que de l’eau chaude, mais on chauffe aussi les locaux. Ça s’adresse plutôt aux climats un peu plus froids, comme celui de la montagne. Et il y a les pompes à chaleur classiques. Mais l’option climatisation, je pense, devrait se développer.
Et les systèmes photovoltaïques ?
Le gouvernement veut mettre le paquet là-dessus pour les particuliers sur les systèmes en autoconsommation. Produire de l’électricité pour éviter d’en acheter grâce au système de panneaux photovoltaïques. Jusqu’à présent, il y avait encore des gens qui produisaient de l’électricité pour la revendre sur le réseau parce que les prix de vente étaient élevés. Mais aujourd’hui, ils ont beaucoup baissé. On arrive vraiment à ce que l’on souhaitait depuis toujours, c’est-à-dire que l’énergie solaire permette d’autoalimenter directement sa maison sans qu’on ait à passer par le réseau.
Quelles sont les nouveautés dans ce secteur ?
C’est l’arrivée des batteries. Les nouvelles voitures électriques, comme la nouvelle Renault 5, par exemple, permettent non seulement de la charger, évidemment, mais elle peut aussi alimenter la maison. L’idée consiste à charger sa voiture ou sa batterie quand l’électricité est bon marché pour ensuite la consommer quand elle est chère. Mais le prix des batteries de stockage est aussi devenu abordable. Vous avez une petite batterie à 1 400 € que vous branchez sur une prise de courant et qui fait le boulot toute seule. Elle regarde vos habitudes de consommation et, en fonction de ça, elle achète de l’électricité sur le réseau en heures creuses et vous la restitue au moment où vous en avez besoin. Il y a plein de choses qui évoluent.
Et après le solaire et les batteries ?
André Joffre voit plus loin et évoque déjà les perspectives après le solaire et les batteries. Notamment l’hydrogène. « On a des entreprises à Béziers qui fabriquent des électrolyseurs. Ce sont les systèmes pour l’eau salée. Vous prenez ça, vous balayez de l’électricité dedans et vous sortez de l’hydrogène et de l’oxygène. Et vous pouvez le stocker le temps que vous voulez« , explique-t-il. Il évoque un système qui se développe déjà en Espagne. « Ils ont beaucoup de zones désertiques. Ils font d’immenses centrales solaires de plusieurs hectares. Ils vont produire de l’hydrogène qu’ils espèrent exporter via une canalisation qui va partir d’Espagne, qui va passer par Fos-sur-Mer et qui va remonter dans le Rhône, pour alimenter l’Allemagne. Les produits sont déjà partis. On voit que ça, c’est l’étape suivante. Franchement, on a suffisamment d’énergie sur Terre pour pouvoir se passer complètement des produits fossiles« , conclut-il.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Une information à suivre dans les jours à venir.

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