Lundi de Pâques dans l’Aude : cet hommage aux marins disparus à la chapelle Notre-Dame-des-Auzils de Gruissan
Analyse : Les rédacteurs ont examiné cette actualité pour en tirer quelques conclusions.
Voici les éléments principaux de « Lundi de Pâques dans l’Aude : cet hommage aux marins disparus à la chapelle Notre-Dame-des-Auzils de Gruissan » pour nos lecteurs.
Les éléments principaux
Veillant sur les marins depuis des siècles, perchée sur les hauteurs de la Clape, la chapelle des Auzils de Gruissan est le théâtre d’un pèlerinage majeur le lundi de Pâques : l’hommage aux marins disparus. Les habitants perpétuent une tradition née de la mer, de la foi et des drames : l’hommage aux marins disparus. La rédaction de L’Indépendant vous raconte cette histoire singulière.
Chaque lundi de Pâques, une file se forme dans la Clape, cohorte de marcheurs gravissant la pente rocailleuse, paniers de pique-nique à la main.
L’accès à la Chapelle escarpée se fait par un chemin de pierre partant du parking des Auzils. La rédaction – VD
Ferveur du pèlerinage
La tradition de faire « Pâquette » pour le pèlerinage des Auzils remonte à Gruissan en 1797, lorsque, le 28 février, une terrible tempête emporta trente-deux marins. Frappés par la douleur, les Gruissanais instaurèrent dès le printemps un pèlerinage pour rendre hommage aux disparus, et depuis, chaque année, le lundi de Pâques, fidèles et habitants montent jusqu’à la chapelle pour honorer leur mémoire. Et cela sera encore le cas ce lundi 6 avril.
La vue magique depuis la Chapelle. La rédaction – VD
Autrefois, les pèlerins partaient de Gruissan, gravissant à pied l’allée bordée de cénotaphes. Les plus fervents montaient pieds nus, chapelet en main. Les pêcheurs avaient l’honneur de porter la lourde croix du Christ, remplie de pierres et de sable. Le pèlerinage donnait lieu à une fête populaire, joyeuse et fervente.
En sillonnant le cimetière marin
Le témoignage gravé d’une famille de marins décimée. La rédaction – VD
En montant vers la chapelle, le visiteur longe 26 cénotaphes, monuments dressés à la mémoire des marins dont le corps n’a jamais été retrouvé. Le plus ancien date de 1844. Chaque tombeau porte le nom du disparu et le récit de son naufrage, telle l’inscription gravée dans le granit : « À la mémoire de Pierre Rouquette décédé à Philippeville le 2 juin 1902 à l’âge de 17 ans, regretté de tous les siens… »
Ce cheminement émouvant fait surgir le visage flou d’un jeune mousse englouti dans une mer déchaînée, aux antipodes de sa terre natale. On pense à ces familles endeuillées lorsqu’on déchiffre : « Joseph Pons capitaine marin et son fils Joseph Werter Pons ont péri dans un naufrage en 1857 », et tout à côté, une plaque de marbre rappelle que d’autres Pons, père et fils, « ont péri corps et biens en 1846 sur la côte de Sicile » ou encore la famille Louis et Hyacinthe Azibert, qui perdit deux fils de 19 et 24 ans… Des corps perdus au large de contrées lointaines, Hong Kong, Algérie, Sicile. « Nous garderons leur souvenir et d’autres après nous et ainsi tant que le soleil se lèvera sur la mer », ont solennellement promis les marins de Gruissan.
La Chapelle a retrouvé ses 73 ex-voto et ses 27 maquettes. La rédaction – VD
Pourtant, malgré la gravité du thème, le site dégage moins une impression de tristesse que de paix et de protection. Beaucoup parlent d’un lieu où souffle l’âme de Gruissan, mêlant fidélité, courage et gratitude envers la mer.
Les marins en perdition implorent l’aide du ciel, mais lorsqu’ils réchappent à la tempête, une fois revenus à terre, ils offrent à Notre-Dame des Auzils de petits tableaux où le navire en perdition brave les flots déchaînés. Ces ex-voto ornaient les murs de la chapelle jusqu’en 1967, où une cinquantaine a été volée. Le plus ancien datait de 1816. Grâce aux photos et sous la conduite des Monuments historiques, les ex-voto ont été peints à l’identique directement sur les murs de la chapelle en « trompe-l’œil ». Une façon de narguer les malfaiteurs et d’immortaliser la ferveur des familles gruissanaises sur les murs de la chapelle.
Ce lundi 6 avril, le pèlerinage partira à 10 heures du départ du cimetière marin et la messe sera célébrée à 11 heures avec le Réveil gruissanais.
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