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Notre équipe propose un aperçu rapide des éléments de « on a testé un vol zéro gravité reproduisant l’apesanteur dans l’ISS – franceinfo ».
Points essentiels de l’article
Franceinfo a pu embarquer à bord de l’Airbus A310 Zero G de Novespace, à Mérignac, en Gironde. Sophie Adenot, Thomas Pesquet et les astronautes de l’Agence spatiale européenne sont tous montés à bord de cet appareil lors de leur entraînement de base.
« Boum ! » « Vlam ! » C’est le vacarme à l’arrière de l’Airbus A310 Zero G de Novespace, une filiale du Centre national des études spatiales (Cnes), l’agence spatiale française. Ce léger tapage provient de sacs à dos qui, après avoir flotté quelques secondes dans l’air, s’écrasent au pied des sièges de l’avion. L’appareil vient de mettre fin à une parabole, une ascension à 50 degrés et une descente abrupte à 42 degrés. Le tout, à 7 500 m d’altitude. L’engin appartient au seul organisme au monde à organiser, à grande échelle, des vols paraboliques qui permettent de se retrouver brièvement en apesanteur et de ressentir exactement les mêmes sensations qu’un astronaute à bord de la Station spatiale internationale (ISS).
Franceinfo a pu embarquer à bord de l’un de ces vols organisé à Mérignac (Gironde), mercredi 18 mars, pour découvrir ces sensations extraterrestres. Les particuliers qui souhaitent y goûter doivent débourser 7 500 euros. Mais ce jour-là, comme 95% du temps, l’appareil embarque une trentaine de scientifiques. Au programme : des expériences de physique fondamentale ou des tests en vue de futurs vols habités lointains. Au total, 31 paraboles sont prévues, soit autant de séquences de 22 secondes pendant lesquelles les occupants de l’avion se retrouvent en apesanteur (ou impesanteur).
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L’astronaute française Sophie Adenot, présente à bord de l’ISS depuis février pour une mission de huit mois, est montée dans ce même appareil lors de son « entraînement de base ». Avant elle, Thomas Pesquet est passé par la même case. Les séances des astronautes européens s’apparentent davantage à de la « découverte » et de la « sensibilisation » à l’apesanteur qu’à de l’entraînement, relève auprès de franceinfo Yannick Bailhé, ingénieur vols paraboliques chez Novespace.
C’est aussi une grande découverte pour moi. Dans ma combinaison du Cnes, j’effectue les onze premières paraboles dans la zone de « flottement libre ». Cette « cage à écureuils », comme l’appellent les équipes de Novespace, s’apparente à un carré de 2 mètres de côté, encadré par des filets, et équipé de matelas au sol pour éviter de se fracasser sur la carlingue, comme de simples sacs à dos.
La première parabole est la plus surprenante, forcément. La sensation est à la fois douce et soudaine. Le corps voit son poids s’envoler, comme vidé de sa substance ou rempli d’hélium. Me voilà sur un tapis volant porté par de délicates vagues invisibles. La lévitation est irrésistible. Si le voyageur ne s’accroche pas, le corps se soulève. Il se met à flotter. Ou plutôt à dériver. Il a vite fait de se retrouver au plafond, à se cogner contre les parois ou contre ses voisins.
Tous les sens sont désorientés, l’esprit peine à comprendre ce que le corps subit. Le cadre de cette expérience étant connu, sécurisé et rassurant, l’incompréhension ne se teinte pas de peur. Si le phénomène survenait spontanément, assis à un bureau, ou dans un lit en pleine nuit, cette sensation anormale pourrait être perçue comme effrayante, digne d’une scène de L’Exorciste.
Mais dans le cas présent, cette légèreté pour laquelle l’humain n’est pas adapté s’avère agréable. L’injection de scopolamine, reçue une heure avant le vol, pour combattre le mal des transports, doit aussi jouer son rôle. A bord de l’ISS, un astronaute sur deux souffre, les premiers jours, du mal de l’espace, qui se caractérise par des nausées et des maux de tête.
La première découverte sensorielle passée, la mobilité se révèle déroutante. Les jambes cherchent désespérément à retrouver le sol, la colonne vertébrale tente de rester droite. Bref, la posture bipède essaie de s’imposer. Mais il est vain de s’efforcer à renouer avec ses repères terriens. La meilleure façon de se déplacer consiste à adopter une posture horizontale.
En situation de flottement, les gestes doivent être dosés sous peine de partir en rotation incontrôlée. Une légère poussée de la main (ou du pied) dans la direction opposée à celle visée suffit à se mouvoir en douceur. Quelques paraboles sont nécessaires pour le comprendre, grâce aux conseils de Sébastien Rouquette, responsable vols paraboliques au Cnes. Une impulsion du pied sur le sol, comme celles de la marche, ne fait pas avancer : elle envoie vers le plafond, explique-t-il. Pour aller vers l’avant, il faut appuyer sur un support et pousser vers l’arrière.
Quelques travaux pratiques illustrent cette nouvelle gestion de l’espace. Le premier exercice consiste à se déplacer à travers les deux mètres de la cage de flottement libre. L’idée : détacher un mousqueton placé sur un filet pour l’attacher en face, le tout avec des gants de ski, pour tenter de simuler des gants de scaphandre lors des sorties extravéhiculaires dans l’espace. Le premier essai tourne à l’échec. A cause d’un manque d’impulsion et d’une position trop verticale, les pieds se décollent du matelas, le corps part vers le plafond. Chaque parabole passe en un clin d’œil et ne laisse aucune marge pour tâtonner. Malgré tout, la deuxième tentative se révèle concluante.
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Un autre objectif vise à reproduire un atelier réalisé par Sophie Adenot à bord du même avion : la simulation d’un massage cardiaque en apesanteur. La particularité de ce geste dans de telles conditions réside dans la nécessité de trouver un appui afin d’avoir assez de force dans les bras pour effectuer une pression. Sophie Adenot a pu réaliser ce geste sur un mannequin sanglé au sol, les pieds au plafond, la tête en bas.
Avec un peu d’aide, je parviens à adopter la même position, et à simuler un vague massage cardiaque sur une peluche. Le timing est serré : il faut réaliser le geste assez rapidement pour retrouver, à la fin de la parabole, une position permettant de retomber sur les pieds… et non sur les dents.
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D’autant qu’à l’issue des 22 secondes d’apesanteur, l’avion passe par une phase à 1,8 G, c’est-à-dire qu’un voyageur se retrouve comme écrasé par une personne faisant presque le même poids que lui.
Les vingt autres paraboles sont dédiées à l’observation des diverses expériences menées à bord, et au curieux bouillonnement qui agite ce laboratoire. Pendant que les manipulations se poursuivent, les scientifiques défilent en solo ou en duo pour profiter à leur tour de la « cage à écureuils ». Les deux tiers de l’avion étant consacrés aux activités de recherche, il est interdit d’y flotter pour ne pas perturber le travail en cours, casser le matériel ou blesser quelqu’un. Par les mains ou les pieds, tout le monde doit se tenir à l’une des multiples sangles située au sol ou au plafond. La ceinture est obligatoire si l’on préfère s’asseoir dans un siège.
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Au bout de la 31e parabole, le corps fatigue. Les 62 phases à 1,8 G, à l’entrée et à la sortie de chaque cloche, finissent par peser. A l’atterrissage, le pas traîne légèrement. Impossible de dire si la tête est un peu alourdie ou si elle flotte encore. Cette sensation s’estompe vite, aussi rapidement que l’esprit et les membres retrouvent leurs repères. Il était quand même temps de retrouver la terre ferme.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Notre équipe continuera à fournir une analyse régulière.

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