
« Un véritable succès tactique », pour le général Pellistrandi
5 avril 2026
Vous êtes éligible » : appels et démarchages en lien avec l’énergie, les conseils du président de Tecsol, André Joffre, pour contrer ces « éco-délinquants
5 avril 2026Vincent Bouget, maire de Nîmes, à Midi Libre : « On veut aller vite, mais de façon sereine »
Analyse : L’équipe éditoriale a repéré les points les plus pertinents.
Les journalistes partagent leur point de vue sur « Vincent Bouget, maire de Nîmes, à Midi Libre : « On veut aller vite, mais de façon sereine » ».
Ce qu’il faut observer
Le nouveau maire de Nîmes Vincent Bouget a réservé à Midi Libre sa première interview depuis le conseil municipal d’investiture du 27 mars.
Quand Vincent Bouget reçoit Midi Libre dans le bureau de maire, à l’hôtel de Ville, les affaires de Jean-Paul Fournier ne sont pas encore toutes parties. L’emménagement est encore en cours mais les rendez-vous, déjà, s’enchaînent. Moins de deux semaines après les élections, et une semaine après le conseil municipal d’installation, le maire donne sa première interview officielle. Avec un message à porter : l’équipe est au boulot.
Il y a eu un vrai mouvement de liesse dans les rues de Nîmes après la victoire de la gauche, le 22 mars. Difficile de se mettre au travail dans la foulée ?
Je vais tous les matins à pied à la mairie et souvent on m’interpelle encore. Les gens me disent « On est soulagé », « On est heureux »… Mais en vrai, on n’a pas le temps de s’arrêter. Dès le lendemain du second tour, j’étais là 8 h 15 aux ateliers municipaux pour rencontrer les agents. C’était un engagement. Ils étaient un peu surpris, cela faisait longtemps qu’ils n’avaient pas vu d’élu. Et puis on a enchaîné. On rencontre l’administration, les élus, un certain nombre d’acteurs : préfet, présidente du Département, président d’Université, maires de l’Agglo… On veut aller vite, mais de façon sereine.
« Au-delà de la question du nombre de policiers, on peut gagner en efficacité si on travaille ensemble »
Vous avez mis, d’emblée, le curseur sur la sécurité. Pourquoi ?
C’était une demande de la population. L’arrêté de fermeture des épiceries de nuit entre 22 h et 6 h était prévu par l’ancien maire et devait rentrer en application le 1er avril et je l’ai confirmé. Il y a eu des tirs et un blessé par balle dans la nuit de lundi à mardi, j’ai rencontré le préfet le lendemain. Je m’étais engagé à solliciter le gouvernement pour obtenir des moyens supplémentaires de police et de justice tout en disant que nous jouerions pleinement notre rôle de tranquillité publique, de sécurité et de prévention.
Avez-vous déjà obtenu des avancées ?
On a écrit au ministre de l’Intérieur pour pouvoir le rencontrer. Il pourrait venir à l’occasion d’une sortie de promotion de l’école de police. Si c’est le cas, on le rencontrera avec plaisir. Le préfet, lui, s’est engagé à ce que la collaboration entre l’État et la Ville, avec sans doute d’autres partenaires, soit étroite et efficace. On a des marges de progression là-dessus. Au-delà des questions qui dépendent du national sur le nombre de policiers, il y a des choses à faire immédiatement et je pense qu’on peut gagner en efficacité si on arrive à travailler ensemble. Ce qui visiblement était beaucoup plus difficile dans la période qui vient de se terminer.
Votre liste était composée de nombreuses tendances de la gauche. Est-ce que ça a été difficile de composer votre exécutif municipal ?
On a créé une journalistes soudée qui, au-delà des élus de la majorité, est bien plus large. On travaille en confiance. On a réussi rapidement à mettre les uns et les autres sur les missions les plus pertinentes. Et l’idée, c’est qu’ils travaillent en transversalité, en complémentarité. Il y a une collaborateurs extrêmement motivée, qui a déjà commencé à travailler. On a parlé de la sécurité, on a aussi travaillé sur les questions d’éducation, avec les annonces de fermetures de classes. Les autres élus rencontrent leurs services. Je veux que l’on soit au plus près des équipes municipales et de la population.
Il se dit qu’il y aurait plusieurs groupes au sein de la majorité. Le confirmez-vous ? Et si oui, ne craignez-vous pas un peu de désordre ?
La volonté c’est bien qu’il y ait plusieurs groupes au sein de la majorité, qui est une majorité plurielle. C’est pas forcément plus difficile à organiser. Ça existe déjà au Département et à la Région. Ça peut permettre de structurer le débat et de porter une parole complémentaire. La diversité n’est pas à mettre sous le tapis, c’est un enrichissement. Par contre, dans les délégations, les élus sont amenés à travailler ensemble.
Le premier conseil d’Agglo a lieu le 14 avril. Il semble que vous fassiez plutôt consensus, auprès des maires, pour être président. Ça vous étonne ?
A priori, je suis aujourd’hui le seul candidat à la présidence. Je rencontre l’ensemble des maires depuis une semaine. J’en ai vu une vingtaine. Sur les deux semaines, j’aurai vu tout le monde. Dans l’agglomération, il y a des sensibilités différentes. Il y a des maires de gauche, des maires plutôt de droite. Et puis il y a beaucoup de maires qui sont des maires sans étiquette, qui ont conduit des listes d’intérêts communaux. Mais tous ceux que j’ai rencontrés ont dit leur volonté de travailler pour l’intérêt général. Après il y aura aussi des choses sur lesquelles les avis seront plus nuancés. Mais on va y arriver. Mon ambition principale, pour Nîmes métropole, c’est d’avancer ensemble. Je n’ai pas d’enjeu politique personnel à briguer la présidence. Mais par contre si le maire de Nîmes est dans cette optique-là, on va gagner en fluidité, en efficacité et au bénéfice de tous.
La baisse démographique est invoquée pour justifier des suppressions de classes. Quel est votre regard ?
La baisse démographique est un action. Et dans la doctrine actuelle de l’Éducation nationale, cela entraîne mécaniquement des suppressions de postes et des fermetures de classes. Mais on peut aussi regarder les choses autrement. Plusieurs études, notamment de la Chambre régionale des comptes, montrent que la réussite scolaire passe par des classes moins chargées. On aurait pu profiter de cette baisse pour améliorer les conditions d’apprentissage, en maintenant les effectifs enseignants.
Vous contestez donc ces décisions ?
Oui, clairement. Je l’ai dit au directeur académique : ce n’est pas une critique personnelle, mais une position politique. Nous serons aux côtés des parents et des enseignants mobilisés. Sur les 18 fermetures annoncées, j’espère que certaines pourront être évitées. Il faut être lucide : tout ne sera pas sauvé, mais nous défendrons chaque situation.
La carte scolaire est-elle à revoir ?
C’est un sujet complexe. Il faut d’abord analyser les données de manière précise : démographie, répartition des écoles, enjeux de mixité. Aujourd’hui, il y a une forme de déséquilibre, avec une part importante d’élèves dans le privé. Je ne juge pas les familles, leurs choix sont légitimes. Mais il faut comprendre les raisons de cette situation et y répondre.
Vous n’excluez pas des évolutions ?
Il y a sans doute des choses à revoir, mais ce serait prématuré de trancher sans une appréciation complète.
À l’approche de la feria, souhaitez-vous impulser une nouvelle dynamique ?
À court terme, le programme est déjà largement fixé par l’ancienne équipe, donc il sera difficile de tout bouleverser. En revanche, il faudra engager une réflexion de fond pour les prochaines éditions. La feria doit rester une fête populaire, qui rassemble tous les Nîmois. Aujourd’hui, certains ne s’y retrouvent plus ou n’y viennent tout simplement pas et ça c’est un vrai sujet.
Avec quelle ambition ?
Retrouver une fête plus inclusive, plus partagée. C’est un moment clé pour la ville, il doit appartenir à tous.
Au niveau des corridas, on se rappelle que lors de la présentation des cartels, Simon Casas a eu des propos violents à votre égard. L’avez-vous rencontré ?
Non, j’ai reçu un SMS de félicitations le soir de mon élection, mais pas d’excuse. Une réunion n’est pas pour l’heure calée, mais j’ai toute confiance en mon adjointe à la tauromachie, Sylvette Fayet pour gérer. Et j’ai pu m’entretenir de maniètre très apaisée avec son collaborateur, Denis Allegrini. Et puis, il y a quelques chances que je le croise à la feria ! (sourires).
Nîmes mise beaucoup sur son image romaine. Faut-il rééquilibrer avec son identité méditerranéenne ?
Nous l’avons toujours dit : Nîmes est une ville méditerranéenne. Son identité est plurielle. Bien sûr, nous sommes fiers de notre patrimoine romain, mais la ville est aussi marquée par des influences espagnoles, italiennes camarguaises, cévenoles. C’est un carrefour culturel, et c’est cette richesse qu’il faut remettre en avant.
« J’ai reçu un SMS de félicitations de la part de Simon Casas. Pas de message d’excuse »
L’Espagne doit-elle retrouver une place plus visible ?
Oui, elle fait pleinement partie de notre histoire. Mais elle s’inscrit dans un ensemble plus large. L’enjeu, c’est de permettre à tous les Nîmois de se reconnaître dans l’identité de leur ville.
Vous aviez présenté vos priorités pour les 100 premiers jours. Quelles sont les premières actions ?
Nous avançons sur plusieurs fronts : sécurité, éducation, dialogue avec les agents municipaux. Nous voulons aussi lancer rapidement des projets concrets, comme la végétalisation partagée en ville ou encore des actions en direction de la jeunesse, notamment permettre à 1000 enfants de partir en vacances dès cet été.
Et sur les transports, la question de la gratuité ?
La priorité ira aux scolaires, puis aux moins de 25 ans. Nous travaillons aussi sur un système de gratuité progressive, basée sur l’usage, pour encourager les habitants à utiliser les transports en commun.
Polémique : le parc Chirac s’appelera-t-il au final… Pichon ?
Durant les mois précédents, Vincent Bouget s’est fait plusieurs fois l’écho du comité de quartier des Marronniers. Pour ce dernier, le nom de Jacques Chirac, n’est pas adapté au futur parc en cours de chantier. Pourtant le petit-fils de Jacques Chirac était venu lui-même assurer le lancement. A la question « Comptez-vous débaptiser le futur parc Jacques Chirac, il a donc apporté cette réponse » : « Moi, j’ai toujours dit que le nom de Chirac n’ était pas adapté. Je souhaite que Jacques Chirac ait un lieu à Nîmes. Mais les pépiniéres Pichon qui sont pour les Nîmois les pépiniéres Pichon.. On ne peut pas effacer l’histoire de la ville. Donc on va en discuter tranquillement avec le comité de quartier. »
Source : www.midilibre.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale restera vigilante et partagera ses observations.

9999999
/2026/02/19/maxstockworld490282-69974c3ee8322947263763.jpg?w=960&resize=960,750&ssl=1)