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6 avril 2026Analyse : Notre rédaction partage quelques observations générales.
L'équipe éditoriale a étudié « En Côte d’Ivoire, la filière du cacao déstabilisée par la chute des prix » et partage son avis.
Les faits essentiels
La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial d’un cacao en crise. Il assure plus de 40% de la production mondiale pour une filière qui représente tout de même 14% de son PIB. Le prix garanti aux planteurs a lourdement chuté, passant de plus de 4 euros à moins de deux euros le kilo, et de nombreux stocks sont bloqués dans des ports du pays. Certains acteurs de la filière menacent l’État de faire grève et de nombreux planteurs vont devoir encore un peu plus se serrer la ceinture dans un contexte déjà très compliqué.
Les cours mondiaux du cacao se sont effondrés ces derniers mois en raison des incertitudes sur la production en Afrique. En cause : une année 2025 très compliquée, liée au dérèglement climatique et aux maladies du cacaoyer. Conséquence : une baisse de la production, des ventes, et de la demande, à tel point que les négociants internationaux refusent désormais d’acheter à des prix trop élevés. Et depuis quelques semaines, des milliers de tonnes de cacao s’accumulent dans les coopératives et les principaux ports du pays, à Abidjan et à San Pedro. Certains planteurs, privés de revenus, écoulent même leur cacao au rabais ou finissent par détruire leurs stocks.
L’État fixe le prix du cacao quand un million de personnes y travaillent
En Côte d’Ivoire, c’est l’État qui fixe le prix du cacao, c’est-à-dire le revenu que reçoit le planteur pour un kilo vendu. L’objectif affiché est de stabiliser le niveau de vie des planteurs. C’est aussi lui qui organise la commercialisation via des coopératives, des acheteurs locaux et des exportateurs. C’est un marché qui fonctionne par anticipation, c’est-à-dire que l’État vend une grande partie de son cacao aux acheteurs en amont pour éviter la volatilité des cours puis fixe les prix. Il y a six mois, le prix avait atteint des records, 2 800 francs CFA soit plus de 4 euros le kilo. Mais face à la crise, il a rétropédalé et annoncé en mars une baisse de 60% du prix.
Entre 800 000 et un million de personnes travaillent dans les champs ivoiriens, ce qui ferait vivre 5 millions de personnes sur le territoire ivoirien, soit un sixième de la population, notamment de nombreux Burkinabè qui ont massivement migré ces dernières décennies dans le pays. On estime qu’ils ne gagnent aujourd’hui que l’équivalent de 5% du prix d’une tablette de chocolat. Leur vie est donc très précaire. Et cela ne devrait pas s’améliorer avec le nouveau prix au kilo fixé par l’État en mars. Cette chute des cours met en péril le quotidien des petits planteurs, à tel point que nombre d’entre eux exploitent des champs au Libéria, pays voisin très forestier où la terre est bien plus fertile et où le prix au kilo est bien plus élevé qu’en Côte d’Ivoire. À tel point que le Libéria pourrait connaître le même sort que son voisin, comme l’explique le sociologue Oscar Toukpo, spécialiste des questions de vulnérabilité dans la filière cacao :
« Le constat c’est que compte tenu de la faible rentabilité en Côte d’Ivoire, ces paysans aujourd’hui migrent massivement au Libéria pour créer de nouvelles plantations. Je pense que d’ici quelques années, le Libéria pourrait devenir le premier producteur de cacao, vu l’intensité de la migration des producteurs ivoiriens, et ouest-africains notamment burkinabè qui vont s’installer massivement dans ces localités-là. »
Si la dynamique continue, certains observateurs craignent que le Libéria ne connaisse la même déforestation qu’en Côte d’Ivoire… Près de 90% des forêts primaires ivoiriennes ont disparu en soixante ans.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Les prochaines informations compléteront notre analyse.

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