
Drones, hélicoptères, avions… Voici le matériel militaire qui a permis aux Américains de sauver le soldat porté disparu en Iran
6 avril 2026
Mauritanie: reprise prévue de négociations entre pouvoir et oppositions autour d’un dialogue national
6 avril 2026En être ou pas ? Devenir citoyen dans la Grèce antique : épisode du podcast Quoi de neuf en Grèce antique ?
Analyse : Une équipe d'experts a étudié cette information et partage son avis général.
Quelques observations clés de notre rédaction sur « En être ou pas ? Devenir citoyen dans la Grèce antique : épisode du podcast Quoi de neuf en Grèce antique ? ».
À ne pas oublier
Dans la Grèce antique, deux termes désignent le citoyen : astos et politès. Ils sont utilisés de manière concomitante dans les sources dès l’époque archaïque. La citoyenneté peut s’obtenir d’abord par le droit du sang. Le citoyen se définit traditionnellement comme un individu né de deux parents citoyens. Il est également possible d’obtenir la citoyenneté par un don de la cité, et plus rarement par l’achat.
Les femmes sont aussi des citoyennes en Grèce antique. Elles exercent d’abord un rôle central au sein du lignage, puisque ce sont elles qui donnent des héritiers légitimes. Elles participent également aux fêtes religieuses et à la vie économique de la cité. Les femmes citoyennes sont cependant exclues des fonctions politiques et judiciaires. De même, les esclaves ou les femmes et les hommes étrangers libres ne sont pas considérés comme citoyens.
Donner la preuve de sa citoyenneté
Dans la plupart des cités grecques, les citoyens et citoyennes ne se distinguent pas du reste de la population par un habit ou d’autres signes distinctifs particuliers. Ils ressemblent aux métèques et aux esclaves. Sans élément distinctif, donner la preuve de sa citoyenneté devient dès lors crucial. Dans des sociétés où l’état civil n’existe pas, le premier moyen de preuve est l’inscription de son nom sur la liste de dèmes. Les témoignages de la famille et de la phratrie –groupe de famille – sont également centraux. Parfois, le citoyen doit venir prouver sa citoyenneté jusqu’au tribunal dans le cadre d’un procès.
À Athènes, les exemples de fraudes sont nombreux. L’un des cas les plus connus est celui de Nééra au 4e siècle avant notre ère. Ancienne prostituée, Nééra s’élève dans la hiérarchie sociale et statutaire, avant d’épouser un Athénien du nom de Stéphanos. Ce mariage fait scandale. Un procès est intenté à Nééra par Apollodore et Théomneste afin de l’amener à prouver qu’elle est citoyenne, et non esclave et étrangère.
Gare à l’ostracisme…
Certains citoyens et citoyennes perdent parfois leurs droits. Dans l’Athènes classique, la pratique de l’atimie consiste en une sanction sous la forme de privation de droits civiques à l’encontre d’un ou d’une citoyenne. Une autre pratique importante de punition est la pratique de l’ostracisme, qui consiste à exiler pour dix ans un citoyen susceptible de menacer la démocratie. L’ostracisme se déroule généralement en deux temps : un premier vote à main levée pour savoir si la procédure peut être lancée ; puis un second vote secret pour désigner le banni. Les votes se font généralement sur des tessons, dits ostraka, fabriqués par les votants eux-mêmes. À Athènes comme à Sparte, la citoyenneté reste un privilège fragile sans cesse remis en question.
Pour en savoir plus
Vincent Azoulay est historien spécialiste de la Grèce antique, directeur d’études de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).
Ses publications :
- Ostracisme ! Du bon usage de l’arbitraire en démocratie, Éditions de l’EHESS, 2026.
- (avec Paulin Ismard) Athènes 403. Une histoire chorale, Flammarion, 2020.
- Les Tyrannicides d’Athènes. Vie et mort de deux statues, Seuil, 2014.
- Périclès. La démocratie à l’épreuve du grand homme, Armand Colin, 2010.
Christel Müller est professeure d’histoire grecque à l’université Paris-Nanterre. Elle est spécialiste des questions d’histoire sociale et politique.
Elle est l’autrice de La Fabrique du citoyen. Les Grecs et la politeia d’Aristote à Auguste (Passés composés, 2026).
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Un suivi régulier permettra de mieux comprendre cette information.

9999999