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6 avril 2026« La partie de poker continue » autour du détroit d’Ormuz : Pascal Ausser analyse la stratégie de l’Iran et des États-Unis
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Selon nos experts, « « La partie de poker continue » autour du détroit d’Ormuz : Pascal Ausser analyse la stratégie de l’Iran et des États-Unis » mérite une attention particulière.
Résumé des éléments principaux
Donald Trump a menacé, dimanche 5 avril 2026, insultes à l’appui, de s’en prendre aux infrastructures vitales iraniennes faute de réouverture du détroit d’Ormuz. Ouverture dans un nouvel onglet Le locataire de Maison Blanche a fini par repousser son ultimatum de 24 heures et de son côté, l’Iran continue de mener des frappes et ne compte pas répondre à cet ordre. L’Amiral Pascal Ausseur, directeur général de la Fondation pour la maîtrise des enjeux stratégique, répond aux questions de franceinfo.
L’Iran continue de mener des frappes et ne compte pas, pour l’instant, répondre à cet ultimatum. Est-ce un aveu de faiblesse de Donald Trump ?
La partie de poker continue et chacun mise de plus en plus fort. Donald Trump attend que le régime iranien capitule. Il a mis la barre très haute puisqu’il n’a pas laissé la place à une véritable négociation. En face, il a un régime qui se durcit, car il sait qu’il n’a pas beaucoup d’options non plus. Ce report montre bien que Donald Trump a du mal à réagir face à cette réaction de durcissement qu’il n’avait pas vraiment anticipée, mais en même temps, c’est lui qui décide. Militairement, cette guerre coûte cher, mais les Américains ont largement la supériorité, donc ils peuvent continuer à bombarder.
Cela suffirait-il à libérer le détroit d’Ormuz, par lequel une partie du pétrole mondial ne circule plus, et qui est peut-être le problème majeur pour Donald Trump ?
Donald Trump ne pourra pas libérer le détroit d’Ormuz militairement. Il faudrait que les Iraniens arrêtent de le bloquer. Mais ce que je note, c’est qu’ils ont commencé à négocier pour laisser passer des bateaux amis, en tout cas qui ne sont pas hostiles à l’Iran, donc le trafic reprend partiellement, certainement parce que la Chine leur a dit : « Vous ne pouvez pas rester complètement bloqués comme ça. » Ces dernières 24 heures, on a vu passer une quinzaine de bateaux, notamment un de la compagnie française CMA-CGM. Les Iraniens laissent passer gratuitement certains bateaux amis : les Chinois, les Irakiens, probablement les Pakistanais, les Indiens, les Russes. D’autres payent, et puis les bateaux ennemis, les Américains, les Israéliens, les pays du Golfe, eux ne passent pas du tout.
L’Iran a-t-il trouvé la carte maîtresse pour maintenir la pression à moindre coût ?
Avec le détroit d’Ormuz, l’Iran a une carte maîtresse. le incident qu’ils rouvrent un peu le robinet montre deux choses : ils ne peuvent pas s’isoler complètement et ont besoin d’un peu d’argent pour fabriquer des fusées, des missiles et obtenir des renseignements de pays comme la Chine. En même temps, si le blocage n’est plus total et que la pression économique est un peu moins forte que prévu, ça donne aussi un peu d’oxygène à Donald Trump.
L’autre crainte réside dans le détroit de Babel-Mandeb, qui donne accès à la mer Rouge et au canal de Suez. Des menaces sont proférées, faut-il craindre une escalade et un blocage ?
À mon avis, la menace est moins importante pour plusieurs raisons. Depuis plusieurs années, les Houthis bombardent des navires dans ce secteur. Conséquence, la moitié du trafic a fait le tour de l’Afrique, mais on n’a pas vu de gros changements économiques, de gros impacts économiques avec ce détournement. Pour les Iraniens, c’est plus compliqué de complètement bloquer le trafic à Bab-el-Mandei. Une partie du pétrole, notamment saoudien, passe par ce détroit, notamment pour aller vers la Chine. Et les Chinois n’ont aucune envie de voir ce trafic bloqué, car c’est un moyen pour eux de faire marcher leur économie. Je ne crois pas que cette menace soit vraiment crédible.
Il y a quatre ans, les Houthis ont décidé de perturber le trafic en mer Rouge. La moitié du trafic a changé de route et n’est pas revenue alors que les Houthis ne tirent plus. On constate qu’il est très simple de freiner le trafic maritime quand il se rapproche des côtes, et dans le cas d’Ormuz, on passe très très près de l’Iran. Ça fait monter les primes d’assurance et ça perturbe les bateaux. Mais ce trafic maritime est aussi très souple et il y a souvent des contournements possibles, c’est ce qui est en train de se passer.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Cette situation sera observée de près par nos journalistes.

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