Édito. Face à la hausse des prix des carburants, le gouvernement opte pour la rigueur budgétaire coûte que coûte
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Édito. Face à la hausse des prix des carburants, le gouvernement opte pour la rigueur budgétaire coûte que coûte – franceinfo
6 avril 2026Analyse : Voici les faits principaux observés par nos rédacteurs.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « les primaires sont-elles adaptées au paysage politique actuel ? ».
Récapitulatif des informations
Et vous, vous avez un avis sur la primaire ? À l’approche de l’élection présidentielle, tous les responsables politiques en ont un et ne se privent pas de le donner. Il y a ceux qui la défendent coûte que coûte, comme Marine Tondelier. Ceux qui ne veulent pas en entendre parler, comme Jean-Luc Mélenchon ou Xavier Bertrand. Ceux aussi qui appellent au rassemblement de la droite et du centre, mais sont hésitants sur la forme.
Maud Bregeon est de ceux-là. « Je n’ai pas de solution magique » pour atteindre cet objectif d’unité, a-t-elle déclaré sur LCI dimanche 29 mars, rappelant n’avoir « jamais plaidé pour une primaire » en raison de son organisation « éminemment complexe ». La porte-parole du gouvernement donne l’exemple la primaire des Républicains en 2016 qui ne concernait « qu’un seul parti ». Dix ans plus tard, les débats sur la tenue d’une primaire sont devenus indissociables de ceux sur son périmètre : avec qui ? Peut-on vraiment réunir sous la même bannière Gabriel Attal et Bruno Retailleau ? Marine Tondelier et Raphaël Glucksmann ?
La question ne s’est pas toujours posée. De même que les primaires n’ont pas toujours autant rebuté les aspirants à l’Élysée, bien au contraire.
2012, l’exemple de la primaire réussie
L’idée de primaires pour désigner le meilleur candidat de chaque camp à l’Élysée émerge dès le début des années 90. Les partis privilégient alors les primaires fermées, c’est-à-dire réservées aux seuls adhérents. Le scrutin de 2002 et la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour poussent les partis à considérer sérieusement la primaire ouverte, c’est-à-dire accessible à tous les électeurs, afin d’empêcher la multiplication des candidatures et donc l’éparpillement des voix au premier tour.
Le Parti socialiste est le premier à se lancer. Avec succès : en 2012, François Hollande est désigné candidat du Parti socialiste. Quelque 2,5 millions de Français ont voté au premier tour et 2,8 millions au second tour. François Hollande recueille 56,6 % des suffrages au second tour, soit environ 1,6 million de voix. De quoi offrir au candidat PS une vraie légitimité et une bonne dynamique de début de campagne. Elle ne se démentira pas par la suite, puisque François Hollande sera élu président de la République.
L’expérience est un succès et la gauche décide de récidiver. Les Républicains suivent. Mais le dénouement sera moins heureux. À gauche, les vaincus de la primaire Manuel Valls et François de Rugy rallient finalement Emmanuel Macron et le vainqueur Benoît Hamon termine 5e au premier tour du scrutin suprême. À droite, François Fillon ne parvient pas non plus à se qualifier au second tour. Mais son échec s’explique surtout par la retentissante affaire d’emplois fictifs révélée pendant la campagne. La primaire, elle, semble avoir au contraire bénéficié au candidat, seul représentant de la droite. En janvier, deux mois après avoir désigné, François Fillon était donné en deuxième position dans les enquêtes d’opinion. Et en dépit de la tempête judiciaire et médiatique, il parvient à se hisser 3e du premier tour avec 20 % des suffrages. Un score loin d’être déshonorant.
2017, la première élection de Macron contredit les certitudes
Même si elles ne sont pas infaillibles, le recours à une primaire a donc fait ses preuves. Mais alors comment expliquer le manque d’engouement global autour de ce mode de désignation pour 2027 ? Pour Laurence Morel, professeure de science politique à l’Université de Lille, tout a basculé à partir de 2017. « Emmanuel Macron n’est pas passé par une primaire, il n’était même pas soutenu par un parti, il a dû créer sa propre formation… Et il a gagné, dans un contexte très dispersé, avec beaucoup de candidatures. Dès ce moment, la primaire n’apparaît plus comme nécessaire pour gagner », explique la politologue au HuffPost.
Cinq ans plus tard, la présidentielle de 2022 renforce cette idée. Trois partis se lancent dans une primaire en vue de l’élection : le PS, les Républicains et les Écologistes. Leurs résultats seront désastreux. Au premier tour, Valérie Pécresse et Yannick Jadot n’atteignent pas les 5 %. Anne Hidalgo s’effondre à moins de 2 %. La faute, en partie, à une primaire structurellement différente.
En 2012 et 2017, il suffisait de signer une charte, s’inscrire en ligne et payer une somme modique pour participer aux primaires organisés à gauche et à droite. En 2022, « il n’y a pas eu de primaire ouverte. Les électeurs se sont sentis un peu exclus, ils ont assisté au spectacle des candidats qui discutaient entre eux, sans avoir leur mot à dire », souligne Laurence Morel. Résultat ? La base électorale des candidats désignés est bien inférieure. Là où François Hollande savait pouvoir compter sur plus d’un million d’électeurs, Anne Hidalgo n’avait reçu le soutien que d’une partie des 50 000 adhérents socialistes, selon les chiffres communiqués par le parti à l’époque.
2027, « tout le monde à l’impression d’avoir sa chance »
Tous ces précédents ont de quoi refroidir pour une ou des primaires en 2027. Au contraire. Dans un paysage politique où les partis sont affaiblis, aucun candidat naturel ne s’est imposé hors Rassemblement national et LFI, ce qui laisse le champ libre à une multitude de candidatures. Avec ou sans parti derrière, « tout le monde à l’impression d’avoir sa chance », note Laurence Morel. Mais, ajoute la spécialiste, « ce morcellement n’est pas la conséquence d’une absence de primaire. C’est la cause de l’absence de primaire. »
Parmi tous ceux qui aspirent à succéder à Emmanuel Macron, certains bénéficient déjà d’une bonne cote de popularité et des intentions de vote qui vont avec. C’est le cas d’Édouard Phillippe, seul potentiel gagnant d’un duel contre le RN selon une enquête d’opinion Elabe pour BFMTV et La Tribune fin mars. Ou encore de Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon
Pour ces candidats pressentis ou déclarés, participer à une primaire ne présente qu’un intérêt limité. En supposant que le périmètre leur convienne et qu’ils en sortent vainqueurs, cela pourrait renforcer leur dynamique dans la course. Mais sans garantie de l’emporter. À l’inverse, ne pas y participer leur permet de s’extraire de cette image de petits arrangements entre partis – a fortiori en cas de primaire fermée -, pas forcément prisés des électeurs. Et quant à se départager pour savoir qui dans un camp est le mieux placé, ils peuvent compter sur au moins deux autres outils : les 500 parrainages, pas toujours évidents à obtenir, et surtout, les 13 mois restants d’ici au scrutin, avec la possibilité de ralliements et retraits sous la pression des études d’opinion. Enfin, un troisième tri sera fait dès le premier tour par les électeurs, qui plutôt que de voter pour leur candidat préféré, pourraient reporter leur voix sur un candidat susceptible de l’emporter au second tour. Une sorte de « vote utile », estime Laurence Morel.
En résumé ? Dans le contexte de 2027, où les pro-primaire se positionnent surtout dans une logique d’opposition (contre l’extrême droite pour la gauche, contre les mélenchonistes et l’extrême droite pour la droite et le centre), la primaire permet certes d’éviter la dispersion des voix. Mais elle n’est pas synonyme de victoire systématique. Et si elle ne dessert pas les candidats, une primaire peut en revanche ne pas leur servir.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre équipe continuera à suivre l'évolution de cette actualité.

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