Donald Trump maintient son ultimatum et menace de renvoyer l’Iran à « l’âge de pierre » s’il n’y a pas d’accord
7 avril 2026
les stations de ski ont fait le plein
7 avril 2026Donald Trump s’est toujours relevé de tout mais avec la guerre en Iran, ça pourrait être différent
Analyse : Cette nouvelle a été analysée par nos rédacteurs pour vous donner un aperçu.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « Donald Trump s’est toujours relevé de tout mais avec la guerre en Iran, ça pourrait être différent ».
Récap des faits principaux
KENT NISHIMURA / AFP
Donald Trump, ici à la Maison Blanche ce lundi 6 avril, lors d’une conférence de presse sur la guerre en Iran.
• Aucun de ses discours ne rassure les marchés et la hausse des prix va vite devenir le principal problème du président américain.
• Les électeurs, notamment les jeunes et les minorités, se détournent de lui, menaçant les perspectives républicaines aux élections de mi-mandat.
Le président Donald Trump a survécu à des scandales politiques, des crises et des niveaux d’approbation faibles comme aucun président avant lui. Difficile de croire donc que le président américain ne parviendra pas, une fois de plus, à se sortir d’une nouvelle chute désastreuse de sa popularité. Mais cette fois, cela pourrait vraiment être différent.
Avant même l’expiration de l’ultimatum qu’il a donné à l’Iran et qui s’achève ce mardi à 20h (3h heure de Paris), cette guerre a fait plonger sa popularité. « Ses chiffres sont les plus bas pour un président à ce stade de son mandat, en remontant jusqu’à Roosevelt », a écrit le sondeur G. Elliott Morris sur son site Strength In Numbers vendredi 3 avril.
Son discours chaotique du mercredi 1er avril a montré qu’il ne pouvait pas s’en sortir cette fois-ci : au milieu d’affirmations peu convaincantes selon lesquelles les États-Unis « gagnent plus que jamais » (depuis, l’armée iranienne a abattu un avion américain, NDLR), Trump n’a offert aucune justification claire pour la guerre, aucun plan pour y mettre fin ni résoudre les perturbations économiques que cela engendre. Résultat, la bourse a chuté et le prix du pétrole a grimpé dès la fin de son intervention.
Trump n’a pas de plan B
Ce discours a montré que Trump est coincé. Il est incapable de reconnaître qu’il a commis une erreur en attaquant l’Iran sans plan initial ni pour corriger la situation. À la place, il affirme désormais que c’est « le problème de quelqu’un d’autre » et, dans son discours, a appelé les pays européens et asiatiques à « s’en emparer et à en prendre soin ». Comme cela ne se produira pas, les autres options semblent désespérées.
Donald Trump pourrait intensifier le conflit et envahir l’Iran avec des troupes au sol, ce qui aggraverait catastrophiquement la crise énergétique. Ou bien il pourrait faire le choix d’une désescalade unilatérale ce qui signifierait probablement que l’Iran mettrait en place un système de péage dans le détroit d’Ormuz. « Quelle que soit la manière dont nous en sortons, nous sommes dans une situation bien pire pour le marché pétrolier qu’auparavant », a déclaré l’analyste Rory Johnston dans son podcast Oil Ground Up le 31 mars.
Dangereuse pour n’importe quel président, la situation l’est encore plus Donald Trump dont le second mandat est marqué par une série d’initiatives impopulaires. Les droits de douane (désormais jugés inconstitutionnels) ont provoqué un chaos immédiat sur les marchés. Sa campagne d’expulsions massives, impliquant des forces paramilitaires dans les villes américaines, a transformé sa position la plus populaire en désavantage net. Sa gestion désastreuse de l’affaire Epstein a retourné contre lui son propre goût pour le complotisme. Sa « Big Beautiful Bill » a réduit les dépenses de santé, poussant des millions de bénéficiaires de l’Affordable Care Act à perdre leur couverture à cause de fortes hausses de prix.
Ce dernier point est son plus grand problème : la plupart de ses décisions majeures ont entraîné des hausses de prix, en contradiction totale avec sa promesse principale de campagne de réduire le coût de la vie. Ses droits de douane fluctuants ont provoqué des augmentations généralisées des prix, tandis que sa politique migratoire a fait grimper les coûts dans des secteurs comme l’aide à domicile pour les personnes âgées et l’agriculture. Pendant ce temps, l’impact complet de la guerre contre l’Iran sur les prix, notamment de l’essence, ne s’est pas encore pleinement fait sentir. Mais il est déjà considérable.
L’inflation, le pire problème pour Trump
Trump et ses conseillers économiques tentent déjà de faire valoir que ces effets ne sont que temporaires. Lors de son discours de mercredi, Trump a affirmé qu’à la fin de la guerre, « les prix de l’essence redescendront rapidement ». Le directeur du Conseil économique national, Kevin Hassett, a déclaré vendredi que « les prix de l’énergie baissent à mesure que la situation se calme », en pointant la baisse des contrats à terme sur le pétrole pour l’automne.
Mais ce n’est qu’un discours rassurant du même type que celui tenu par Trump au début du COVID, lorsqu’il affirmait que les cas « diminuaient » et que le virus allait « disparaître ». En réalité, les prix du pétrole sont actuellement soutenus par un « optimisme irrationnel », selon Rory Johnston, qui ajoute que « les marchés à terme sous-estiment gravement la situation ».
C’est exactement l’inverse de ce que voulaient les électeurs qui se sont tournés vers Trump en 2024. Le principal enjeu de cette élection, notamment pour les électeurs indécis, était le coût de la vie et l’inflation. Cette question a permis à Trump de constituer une coalition lui donnant la majorité du vote populaire. Mais cette victoire lui a fait croire qu’il avait carte blanche, et il s’est empressé d’ignorer la principale préoccupation des électeurs.
la opinion des électeurs est conforme aux attentes. Les électeurs noirs et latino-américains des classes populaires qui s’étaient tournés vers lui en 2024 s’en détournent désormais. Les jeunes de 18 à 34 ans s’étaient rapprochés de Trump en 2024 et lui avaient accordé une opinion favorable au début de son mandat, mais un récent sondage CNN indique que 80 % le désapprouvent désormais. De même, 73 % des électeurs indépendants désapprouvent aujourd’hui Trump, selon ce même sondage.
Trois échecs en un
Il n’est pas surprenant que Trump devienne de plus en plus impopulaire, puisqu’il a réussi à recréer à lui seul certains des pires problèmes rencontrés par ses prédécesseurs : l’inflation de Joe Biden, le choc énergétique de Jimmy Carter (déjà causé par un conflit avec l’Iran) et la guerre désastreuse de George W. Bush au Moyen-Orient. Et tout cela après avoir lancé sa propre guerre, alors qu’il promettait de ne pas en déclencher de nouvelles. Il est difficile d’imaginer une série de décisions politiques pire que celle-ci.
À sept mois seulement des élections de mi-mandat, les perspectives sont sombres pour les républicains en novembre. Même s’ils ne perdaient que la Chambre des représentants, cela mettrait de facto fin au soutien du Congrès à la concentration de pouvoir autoritaire de Trump — et condamnerait probablement ses deux dernières années au pouvoir à des enquêtes, des procédures de destitution et un rejet politique.
Note : Cet article est une traduction réalisée par la rédaction du HuffPost France, à partir d’un texte paru en mars 2026 sur le HuffPost US. L’article original est à lire ici.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Un regard constant de notre équipe permettra d’éclairer cette situation.

9999999
