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7 avril 2026plus d’un mois après le blocage du détroit d’Ormuz, l’ONU tranche ce mardi sur un texte visant à « assurer la sécurité de navigation »
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Résumé des éléments principaux
Le 2 avril, les pays du Golfe ont appelé l’ONU à donner son feu vert à l’usage de la force pour libérer le détroit d’Ormuz. Après l’opposition de la France, de la Russie et de la Chine, la version finale du texte « encourage fortement les États » concernés « à coordonner les efforts ».
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se prononcer ce mardi 7 avril sur un projet de résolution édulcoré réclamant le déblocage du détroit d’Ormuz, loin de l’objectif initial des pays du Golfe qui voulaient un clair mandat pour le libérer par la force.
Ce vote, à l’issue toujours incertaine sur un texte affaibli pour tenter d’éviter un rejet, est prévu à 11 heures locales (17 heures en France), soit quelques heures avant l’expiration de l’ultimatum du président américain.
Donald Trump a menacé de détruire l’Iran « tout entier » mardi soir si Téhéran ne rouvrait pas cette voie maritime vitale notamment pour l’approvisionnement mondial en pétrole.
Précautions du côté de la France
Soutenu par les pays du Golfe et les États-Unis, Bahreïn, membre élu du Conseil de sécurité, avait lancé il y a deux semaines des négociations sur un texte qui aurait autorisé tout État ou coalition d’États à utiliser « tous les moyens nécessaires » pour garantir la sécurité des navires et empêcher le blocage du détroit.
« Nous ne pouvons pas accepter que le terrorisme économique affecte notre région et le monde entier », avait justifié la semaine dernière l’ambassadeur de Bahreïn, Jamal Alrowaiei. Mais cette idée a entraîné de fortes objections notamment de la France, de la Russie et de la Chine.
L’ajout la semaine dernière d’une formulation stipulant que les moyens employés ne pouvaient être que « défensifs » a semblé lever l’opposition française. Le Conseil, qui a déjà adopté mi-mars une résolution très ferme contre Téhéran, condamnant notamment le blocage du détroit, doit « mettre au point rapidement la réponse défensive nécessaire », avait ainsi déclaré jeudi l’ambassadeur français Jérôme Bonnafont.
Mais face au risque persistant de vetos de la Russie, alliée de longue date de l’Iran, et de la Chine, le vote prévu vendredi avait été reporté.
Efforts défensifs
Après de nouvelles modifications, la dernière version du texte, vue lundi par l’AFP, ne parle plus d’autorisation de l’usage de la force, même défensive. Il « encourage fortement les États » concernés « à coordonner les efforts, de nature défensive et proportionnés aux circonstances, pour assurer la sécurité de navigation dans le détroit d’Ormuz, y compris en escortant les navires marchands et commerciaux ».
Le projet de résolution « exige » également que l’Iran « cesse immédiatement toute attaque contre les navires » qui transitent par cette voie commerciale cruciale et « toute tentative » d’empêcher la liberté de navigation. Le texte indique aussi que le Conseil serait prêt à « envisager d’autres mesures » contre ceux qui sapent cette liberté de navigation.
Une adoption permettrait au moins au royaume de « Bahreïn et à ses soutiens de s’assurer d’un rejet diplomatique clair du blocage du détroit par l’Iran », indique à l’AFP Daniel Forti, de l’International Crisis Group. Et « la Chine et la Russie réussiraient à empêcher le Conseil de soutenir une potentielle escalade militaire », poursuit-il, voyant dans ce « compromis » une preuve que le Conseil « est toujours un lieu de diplomatie, même limité ».
Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l’Iran, la quasi-paralysie par Téhéran du détroit d’Ormuz, par où passe en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale, ainsi que du gaz naturel liquéfié, a entraîné une forte hausse du prix des hydrocarbures, avec un incidence économique mondial.
Les mandats du Conseil de sécurité autorisant les États membres à utiliser la force sont relativement rares. Lors de la guerre du Golfe en 1990, un vote avait permis à une coalition dirigée par les États-Unis d’intervenir en Irak après l’invasion du Koweït. En 2011, l’Otan avait obtenu le feu vert pour intervenir en Libye, grâce à l’abstention de la Russie, ensuite furieuse que cela ait conduit à la chute du colonel Kadhafi.
Source : www.bfmtv.com
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