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Un point rapide sur l'article « Procès libyen : Nicolas Sarkozy est-il seul ? » selon nos journalistes.
Points clés à retenir
Seul devant la justice, ou plutôt devant l’injustice… Depuis des mois, voilà comment Nicolas Sarkozy se présente. Un coupable ? Non. Un innocent, et même une victime. Ces cinq ans de prison pour association de malfaiteurs ? Une « infamie » : « Je suis innocent. Ceux qui me haïssent à ce point pensent m’humilier. Ce qu’ils ont humilié aujourd’hui, c’est la France« , déclarait-il en sortant du tribunal, juste après sa condamnation, le 25 septembre dernier.
Depuis, il a passé trois semaines derrière les barreaux. Il a été libéré sous contrôle judiciaire. Il a publié son Journal d’un prisonnier – plus de 200 000 exemplaires vendus. Il a livré son récit, sa vision. Mais surtout, il a fait appel. Tout à l’heure, il va prendre la parole. Pas pour un discours, pas pour présenter son livre, mais pour répondre à la justice, ce qui n’a rien à voir.
Trois jours pour la vérité
Trois jours d’interrogatoire, au moins. De nouveaux juges. Et, pour l’ancien président, une page blanche. C’est le principe de l’appel : le condamné est à nouveau présumé innocent. Mais attention : chaque mot va peser lourd. Chaque mot va l’engager. Pour sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a-t-il perçu des fonds secrets de la Libye du dictateur terroriste Mouammar Kadhafi ? Tout à l’heure, l’ancien chef de l’Etat pourra pas uniquement se présenter comme un homme seul, broyé par une machine aveugle. Au procès, il y a tous les autres.
Les autres ? Tous ceux qui sont venus à la barre, avant lui, ces dernières semaines. Ses co-prévenus, qui font appel, eux aussi : l’homme d’affaires Alexandre Djouhri, ou Brice Hortefeux, qui fut ministre de l’Intérieur… Des hommes confrontés à des questions brûlantes. Retenons en deux.
Des questions brûlantes
En mai 2012, pourquoi Alexandre Djouhri a-t-il organisé la fuite de Béchir Saleh, le grand argentier de Kadhafi, réfugié à Paris ? C’était juste après les premières révélations de Mediapart. Cet homme d’affaire, Alexandre Djouhri était un proche de l’Elysée. Sous Nicolas Sarkozy, il s’y est rendu des dizaines de fois.
Surtout, bien plus tôt, en 2005, juste avant la campagne, pourquoi Brice Hortefeux a-t-il eu ce rendez-vous, en Libye, avec le chef du renseignement de Kadhafi, Abdallah Senoussi, comme Claude Gueant avant lui ? De quoi ont-ils parlé ? Pouvaient-ils ignorer qui est Senoussi ? Un terroriste condamné à perpétuité, par contumace, en 1999, pour un attentat commis dix ans plus tôt : l’attentat du DC-10 d’UTA – 170 morts, donc 54 français.
A la barre, la semaine dernière, on a entendu les familles des victimes de cet attentat, si émouvantes, dont l’une de ces proches : « On est entré dans une ère de post-vérité où les accusés seraient les victimes. Je ne voudrais pas que la justice contribue à banaliser le mal ». Que savait Nicolas Sarkozy ?
Face aux faits
L’ancien président va devoir répondre à des questions précises. Il ne lui suffira pas de dénoncer la haine, l’humiliation, l’infamie, ou de se comparer, encore une fois, au comte de Monte-Cristo. Nicolas Sarkozy va être confronté à des faits, et aux déclarations des autres protagonistes de cette affaire tentaculaire – à leurs nouvelles déclarations.
Depuis l’ouverture de ce procès en appel, l’ancien chef de l’Etat a pris beaucoup de notes. Il en aura besoin. Trois jours d’interrogatoire, au moins. Trois jours cruciaux, où tout peut basculer, dans un sens ou dans un autre. Le temps judiciaire n’a rien à voir avec le temps médiatique. Les mots n’y ont pas le même poids, la même portée. Ni les mêmes conséquences.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

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