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7 avril 2026une centaine d’avocats parisiens en grève ce mardi pour s’opposer au projet de loi sur la justice criminelle
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Éléments à garder en tête
Ce 7 avril, des avocats du barreau de Paris opposés à la réforme de la justice criminelle voulue par Gérald Darmanin ont fait entendre leur colère devant le tribunal judiciaire de Paris… puis à l’intérieur. En participant à des opérations de « défense massive »: 4 avocats pour un prévenu.
Un fumigène s’embrase, des slogans fusent. Sur le parvis du tribunal de Paris, une centaine d’avocats en grève se sont rassemblés pour protester contre la réforme à venir de la justice.
« On ne veut pas de cette justice de Darmanin, de cette justice aux ordres ! », lance au mégaphone Me Jane Peissel, avocate au barreau de Paris, ce 7 avril. « On se battra jusqu’au bout », enchérit sa consoeur Lucie Le Carpentier, sous des applaudissements.
Ces deux jeunes avocates sont les figures de « Colère noire », un collectif fondé en 2026 et qui milite pour le retrait pur et simple du projet de loi de Gérald Darmanin, dite loi « SURE ». Plus d’un mois que des avocats de toute la France, de Nice à Bobigny en passant par Montbéliard, mènent la fronde aux côtés d’organisations (classées à gauche) : Syndicat de la magistrature (SM), Syndicat des avocats de France (SAF), Ligue des droits de l’homme (LDH)… Le 31 mars, le barreau de Paris a voté l’entrée en grève. Il l’a reconduite ce 7 avril au matin.
Le « plaider-coupable criminel » vivement critiqué
Au pied du tribunal, les banderoles et pancartes disent le sentiment général: « Darmanin, injustice », « Justice en Sure-sis », « Faut pas cracher sur les jurés »… Au cœur de leurs critiques figure le « plaider-coupable criminel ». Une mesure phare du Garde des Sceaux, qui prévoit de désengorger les cours d’assises et de réduire les délais de jugement.
« Ce plaider-coupable crée une situation où les accusés seront sous pression. Des innocents pourraient avouer des crimes qu’ils n’ont pas commis », redoute Me Raphaël Kempf, un des détracteurs de projet de loi, auprès de BFMTV.
Même principe qu’aux Etats-Unis: si l’accusé reconnaît son crime, et sous réserve d’accord de la victime et du procureur, il pourra être jugé pour homicide ou pour viol en une après-midi. Sans procès public. Et s’il accepte ce plaider-coupable criminel, il bénéficiera d’une réduction de la peine encourue : vingt ans pour homicide (au lieu de 30). Dix ans pour viol (au lieu de 15).
« Ce n’est plus de la justice, mais une transaction: entre un procureur qui contrôle tout, et un mis en cause vulnérable et prêt à tout accepter pourvu qu’on lui propose des années de prison en moins », craint de son côté l’avocate Lisa Giraud.
La qualité de l’enquête judiciaire pourrait aussi largement en pâtir à ses yeux: « Si un mis en cause reconnaît les faits très tôt dans la procédure, cela pourra amener à des négociations dès l’instruction [l’enquête judiciaire]. Au risque que certains actes d’enquête ne soient pas réalisés, par exemple des expertises psychiatriques ». Selon les estimations de la Chancellerie, entre 10 et 15% des dossiers criminels pourraient être concernés, si la loi est appliquée.
Après avoir replié leurs pancartes, les avocats gagnent les étages du tribunal – non sans avoir été empêchés de déployer leur banderole dans la salle des pas perdus. Par grappes, ils se répartissent dans les différentes salles d’audience de comparution immédiate, aux 2e et 6e étage, pour prêter main-forte à leurs confrères et consoeurs commis d’office.
« Défense massive »
2e étage, 23e chambre correctionnelle. « Quelque chose d’inhabituel se passe aujourd’hui », s’exclame au micro dans la salle noire de monde un des avocats, badge « en grève » punaisé sur la robe. « Les avocats ont décidé de faire une défense massive. C’est-à-dire une grève du zèle: au lieu d’un avocat pour 4 dossiers, il y aura 4 avocats pour un dossier », poursuit-il face aux juges qui allaient ouvrir l’audience.
Cette « défense massive » et cette « grève du zèle » consistent à court-circuiter les comparutions immédiates, ces audiences fréquemment décriées pour leur caractère expéditif – environ 1h par dossier. Manière de rappeler le rôle des avocats de la défense et l’importance du procès public – aux antipodes de la philosophie de la loi SURE d’après eux.
Premier dossier de « défense massive »: Erwan A. a passé 48 heures en garde à vue. Il comparaît avec un complice pour « tentative d’enlèvement » et « tentative de vol ». Erwan A. a tenté de voler les téléphones et les chaussures de de deux lycéens dans le 6e arrondissement le 2 avril dernier, ce qu’il admet. Selon le parquet de Paris, il aurait également tenté de faire monter l’un d’eux de force dans sa voiture, ce qu’il conteste.
Une journée « justice morte » le 13 avril
Trois avocats se succèdent pour soulever des nullités de procédure. Son avocate commise d’office soulève d’abord que le menottage d’Erwan A. n’était pas nécessaire et a porté atteinte à sa dignité. Une élève-avocate demande elle l’annulation d’un procès-verbal : la garde à vue d’Erwan A. a été levée la veille à 18h50 et il n’est arrivé qu’à 23h18 au dépôt du tribunal : il a donc été retenu « 4h30 hors cadre légal et de manière abusive », selon elle. Puis Raphaël Kempf reprend les déclarations de son client, selon lesquelles les policiers auraient été violents avec lui au cours de sa garde à vue.
« Ils ont fouillé mon téléphone, ma voiture est dans un état pas possible et j’ai subi des coups au pied », répète Erwan A. dans son box, tout en reconnaissant avoir voulu racketter ces adolescents. Il avait, dit-il, « des soucis niveaux sous ».
Les opérations de défense massive vont se poursuivre toute la semaine. Le barreau de Paris a d’ores et déjà appelé à une journée « justice morte » le 13 avril, jour du début de l’examen du projet de loi au Sénat.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Nous vous tiendrons au courant des prochaines évolutions importantes.

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