Auto-écoles sous pression : la hausse du carburant pousse la profession à alerter sur une situation « critique »
Analyse : Voici les points saillants relevés par nos journalistes.
Nos journalistes proposent un aperçu de l'article « Auto-écoles sous pression : la hausse du carburant pousse la profession à alerter sur une situation « critique » ».
Analyse rapide
La crise énergétique frappe de plein fouet les auto-écoles, étranglées par la flambée du carburant. Dans le Narbonnais, certaines envisagent déjà d’augmenter le prix du permis, faute d’aides suffisantes pour compenser leurs charges. Alain Vico, directeur général de Nougaret s’en explique.
La crise énergétique continue de produire ses effets sur les acteurs de la mobilité. Dans un communiqué publié le 31 mars, le pôle Éducation et sécurité routières de Mobilians alerte sur une situation devenue « critique » pour les écoles de conduite, directement impactées par l’augmentation du prix des carburants. Dépendantes de leurs véhicules pour assurer les heures de formation, ces structures voient leurs charges exploser, sans dispositif de compensation comparable à ceux dont bénéficient d’autres professions du transport.
« Le simulateur est une solution qui a forcément ses limites »
Alain Vico, directeur des autos-écoles Nougaret, fait face aux difficultés de la profession qui s’accumulent. Independant – PHILIPPE LEBLANC
Face à cette hausse continue, certaines pourraient être contraintes d’augmenter le prix des leçons de conduite, et donc le coût global du permis.
Une facture qui s’alourdit
Dans le Grand Narbonne, la situation est déjà palpable. Alain Vico, directeur général des auto-écoles Nougaret, détaille l’impact concret sur son activité : « Nous disposons d’une flotte de onze véhicules qui roulent en moyenne 25 km par heure, huit à neuf heures par jour. Grosso modo, le coût du carburant est de 2 000 euros en temps normal pour l’entreprise. Avec l’augmentation de 25 %, nous nous serrons la ceinture ! » Et le recours aux simulateurs ? « Nous en sommes équipés, bien sûr. Mais c’est une solution qui a ses limites, notamment car nous ne pouvons l’utiliser que trois heures maximum sur les vingt heures minimum obligatoires de formation », explique le chef d’entreprise.
Une hausse difficile à absorber pour ces entreprises de proximité, déjà confrontées à des marges réduites. Pour les élèves actuellement inscrits, les conséquences restent limitées à court terme. « La crise pétrolière actuelle n’impacte pas les candidats inscrits depuis un an. Et pour cause, un contrat les lie à l’école de conduite », précise Alain Vico. Mais pour les futurs candidats, la donne pourrait changer. « Déjà que le permis est cher, il y aura forcément un répercussion pour les nouveaux candidats. C’est une obligation et non de gaieté de cœur dans un contexte déjà compliqué pour nos entreprises », souligne-t-il.
Le simulateur de conduite ne peut être utilisé que trois heures sur la durée minimale de 20 heures de formation. Independant – PAUL MANGIN
Cette perspective inquiète la profession, d’autant que les aides au financement se raréfient. Le communiqué de Mobilians évoque notamment la réduction des possibilités de prise en charge via le compte personnel de formation (CPF), aggravant les inégalités d’accès à la mobilité.
Des difficultés multiples
Au-delà du carburant, les auto-écoles doivent faire face à d’autres défis. « La profession est en proie à de grandes difficultés ; idem pour les élèves qui travaillent et ont un faible revenu. En effet, les demandeurs d’emploi peuvent encore utiliser leur compte épargne personnel de formation pour financer le permis. Mais celui qui travaille n’a rien », regrette Alain Vico. À cela s’ajoutent des tensions sur le recrutement. « Nous avons du mal à embaucher alors que pour prétendre à devenir formateur, il suffit d’une année d’école pour obtenir un titre professionnel, avec pour seule condition d’avoir un casier judiciaire vierge de toute condamnation », ajoute-t-il.
Face à cette accumulation de difficultés, la profession appelle le gouvernement à agir rapidement, notamment via une détaxation du carburant. Sans réponse, les écoles de conduite redoutent une hausse généralisée des tarifs, qui pourrait freiner encore davantage l’accès au permis, pourtant essentiel pour l’emploi et l’insertion. Dans le Narbonnais comme ailleurs, l’équation devient de plus en plus difficile à résoudre pour ces acteurs indispensables du quotidien.
Nous utilisons des cookies pour personnaliser le contenu et les publicités, pour proposer des fonctionnalités de réseaux sociaux et pour analyser notre trafic. Nous partageons également des informations sur votre utilisation de notre site avec nos partenaires en réseaux sociaux, publicité et analytics, qui peuvent les combiner avec d’autres informations que vous leur avez fournies ou qu’ils ont collectées lors de votre utilisation de leurs services.
Les cookies sont de petits fichiers textes qui peuvent être utilisés par les sites web pour rendre l’expérience de l’utilisateur plus efficace.
La loi stipule que nous pouvons stocker des cookies sur votre appareil s’ils sont strictement nécessaires au fonctionnement de ce site. Pour tous les autres types de cookies, nous avons besoin de votre consentement. Cela signifie que les cookies catégorisés comme nécessaires sont traités conformément à l’article 6 (1) (f) du RGPD. Tous les autres cookies, c’est-à-dire ceux des catégories préférences et marketing, sont traités conformément à l’article 6 (1) (a) du RGPD.
Ce site utilise différents types de cookies. Certains cookies sont déposés par des services tiers qui apparaissent sur nos pages.
Vous pouvez à tout moment modifier ou retirer votre consentement depuis la Déclaration des cookies de notre site.
Pour en savoir plus sur qui nous sommes, comment nous contacter et comment nous traitons les données personnelles, consultez notre Politique de confidentialité.
Veuillez indiquer votre ID de consentement et la date lorsque vous nous contactez concernant votre consentement.