
Les QR codes piégés sont collés sur les bornes de recharge : attention à cette nouvelle arnaque qui vise les conducteurs de voitures électriques, des victimes privées de leur carte bancaire
8 avril 2026
le ministre n’avait rien à nous dire
8 avril 2026Analyse : Cette nouvelle a été étudiée par nos journalistes pour une synthèse rapide.
Un résumé rapide de « Comment la commission d’enquête sur l’audiovisuel public a viré au fiasco en cinq mois » selon notre rédaction.
Résumé pour le lecteur
AMAURY CORNU / Hans Lucas via AFP
Charles Alloncle et Jeremie Patrier-Leitus, respectivement rapporteur et président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public.
• En cinq mois, le rapporteur Charles Alloncle a multiplié les provocations et dérapages qui ont décrédibilisé la commission.
• La question de la communication du rapport de cette commission montre le piège tendu par l’extrême droite.
« Les commissions d’enquête sont formées pour recueillir des éléments d’information soit sur des faits déterminés, soit sur la gestion des services publics ou des entreprises nationales, en vue de soumettre leurs conclusions à l’assemblée qui les a créées ». Voici comment le règlement de l’Assemblée nationale définit le cadre des commissions d’enquêtes parlementaires. Un outil démocratique qui permet d’explorer un sujet en profondeur, et d’en tirer des idées législatives en fonction des résultats. Le tout consigné dans un synthèse adopté par les membres ayant mené les travaux.
Or, celle qui prétendait se pencher « sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », et dont les auditions s’achèvent ce mercredi 8 avril avec celle de Delphine Ernotte, dépasse largement ce cadre. Car, dès le début, l’objectif du rapporteur UDR de cette commission, Charles Alloncle, est moins de comprendre le fonctionnement du système que de récolter des éléments étayant sa vision caricaturale du groupe dont il souhaite la privatisation. « Est-ce qu’il y a un éventuel agenda politique ? Est-ce qu’il y a des collusions d’intérêts ? », faisait-il mine de s’interroger dès le mois d’octobre, avant même le début des travaux de la commission.
« Grand gâchis »
Ce qui, automatiquement, a provoqué de nombreuses étincelles. Pas franchement subtil dans ses intentions, l’élu de l’Hérault a fait l’objet d’un rare et formel rappel à l’ordre de la part de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Durant les auditions (qui ont souvent tourné au cirque), Charles Alloncle a aussi plusieurs fois été recadré par le président de la commission, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus. Jusqu’à cet incident de séance qui a confirmé le caractère grotesque de cette initiative érigeant la politique spectacle à un niveau paroxysmique, et permettant à la notoriété de Charles Alloncle de s’envoler.
Applaudi par la sphère Bolloré et tout l’écosystème de l’extrême droite médiatique, cet ancien de l’UMP ne cache pas son penchant maccarthyste, qu’il déverse dans les médias proches de ses idées, achevant de parasiter les travaux de la commission d’enquête. Si le rapporteur connaît les conclusions de l’enquête avant même qu’elle ne soit menée à son terme, à quoi bon participer à ce spectacle ? Voilà, entre autres, ce que lui ont reproché plusieurs personnalités auditionnées, donnant souvent lieu à des échanges électriques.
AMAURY CORNU / Hans Lucas via AFP
Charles Alloncle photographié lors d’une audition de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public le 2 avril (Photo by Amaury Cornu / Hans Lucas via AFP)
Professeure en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris-Panthéon Assas, Nathalie Sonnac déplore auprès de l’AFP le « grand gâchis » que représente à ses yeux cette commission d’enquête, passée à côté des « enjeux majeurs » qui concerne l’audiovisuel public, comme « la concurrence des grandes plateformes » et « des réseaux sociaux, qui ne sont pas soumis à une régulation comme celle du temps de parole politique ».
Vérité alternative
En réalité, et aidé par un président ayant du mal à faire respecter le cadre, Charles Alloncle avait une ambition : dépeindre l’audiovisuel public en gouffre financier, peuplé d’une caste de privilégiés hostiles au RN et imposant une vision du monde éloignée de ce que veulent les Français. Qu’importent les audiences des différentes antennes, la popularité de plusieurs de ses programmes et la diversité de l’offre produite par le service public. Les indicateurs positifs n’intéressent pas Charles Alloncle, qui préfère accorder une importance démesurée à des anecdotes censée démontrer le système fantasmé. Quitte à sombrer dans la vérité alternative.
Illustration avec le reproche fait à Patrick Cohen d’avoir qualifié de « néonazis » des « proches » du jeune Thomas tué à Crépol. Problème : l’éditorialiste a utilisé ce terme pour désigner ceux qui étaient impliqués dans l’expédition punitive, ce qui correspond aux conclusions de l’enquête les concernant. Autre exemple d’arrangements avec la réalité, la présentation tronquée de « frais de cocktail » à France Télévisions, s’élevant selon lui à 126 000 euros par jour en 2020. Or, c’est totalement faux. Non seulement l’expression « frais de cocktail » n’apparaît même pas dans le note de la Cour des comptes dont il affirme tirer ces chiffres, mais le montant de ces frais correspond à une somme près de 15 fois inférieure.
Voter le analyse Alloncle ou non, le dilemme de la commission
Des méthodes qui ont provoqué la suspension des travaux et un rappel des règles. Au sein même de la commission d’enquête, plusieurs membres déplorent la tournure des auditions, ce qui rend plus qu’incertain l’adoption du rapport censé conclure les travaux. En effet, il suffirait qu’une majorité des 31 députés membres de cette instance décident de voter contre pour que tout ceci parte en fumée. Et le RN et ses alliés comptent seulement six élus dans cette instance. Ce qui serait rarissime et aurait pour conséquence la non-publication des travaux et la disparition des vidéos des auditions du site de l’Assemblée. « Évidemment on s’opposera à cette commission d’enquête qui a été un pathétique objet de communication politique de l’extrême droite », prévient au HuffPost un socialiste de l’Assemblée.
Mais au sein de la commission, certains jugent qu’une telle issue jouerait en faveur du député UDR, lequel aurait beau jeu de crier à la censure et de présenter librement les choses à sa façon. Dans un livre publié chez Fayard, propriété de Vincent Bolloré, par exemple. De quoi mesurer le piège tendu par l’extrême droite, qui a su dévoyer un outil démocratique à des fins idéologiques, très loin de la rigueur du travail parlementaire et du caractère transpartisan des commissions d’enquête.
Voici le dilemme qui se présente aux membres de la commission. Face : les députés adoptent le compte-rendu, et Charles Alloncle réussit le tour de force d’obtenir le sceau de l’Assemblée après des semaines de « cirque » parlementaire et d’auditions surréalistes. Pile : son rapport est enterré, et l’élu ciottiste brandit ce rejet comme la preuve éclatante de l’existence d’un système corrompu refusant que lumière soit faite sur ses activités. Peu importe le scénario, le fiasco est déjà total.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : La rédaction reste attentive et continuera à observer les faits.

9999999
