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8 avril 2026Comment les politologues russes et ukrainiens se livrent-ils bataille autour du concept de civilisation ?
Analyse : Cette nouvelle a été analysée par nos rédacteurs pour vous donner un aperçu.
Notre équipe propose une synthèse des informations de « Comment les politologues russes et ukrainiens se livrent-ils bataille autour du concept de civilisation ? ».
Ce qu’il est utile de savoir
Nous poursuivons aujourd’hui dans les Chantiers de la Recherche la série que nous consacrons toute la semaine à la mobilisation du concept de civilisation dans les conflits contemporains.
Pierre-Louis Six, travaille sur l’usage du concept de civilisation par les politologues russes et ukrainiens entre 1991 et 2022. Comment ces récits civilisationnels ont-ils évolué entre la chute de l’URSS et la guerre en Ukraine ? Comment cette idée a-t-elle été mobilisée, voire instrumentalisée ?
De la marginalité du concept à sa centralité politique
Jusqu’à la chute de l’URSS, le mot « civilisation n’était pas fréquent » reste peu employé dans l’espace soviétique, où la politologie n’existe pas véritablement comme discipline autonome, elle « est bannie » car « considéré comme une science bourgeoise » et la figure du politologue apparaît avant tout comme étrangère et suspecte : « on parle des politologues américains qui seraient dans les sous-sols de la Maison-Blanche à Washington ». Ce n’est qu’à partir de 1991, avec l’effondrement soviétique, que la discipline se structure en Russie et en Ukraine, portée par l’émergence d’experts appelés à commenter la transformation des nouveaux régimes indépendants.
Dans les années qui suivent la disparition de l’URSS, l’idée dominante est celle d’un rapprochement avec l’Occident et de la fin de la division entre Est et Ouest. Mais cette perspective s’efface progressivement au profit de nouvelles lectures civilisationnelles, devenues centrales avec la guerre en Ukraine. En Russie, elles s’expriment à travers les notions de « monde russe », d’« État-civilisation » ou d’« étranger proche », tandis qu’en Ukraine « on va beaucoup plus insister sur l’appartenance à l’Europe ». Ces discours « dessinent une géographie qui va au-delà de celle des États et des États-nations » et servent à légitimer des projets politiques dépassant le simple cadre national, jusqu’à devenir une manière de « justifier la guerre en Ukraine ».
Une politologie au croisement du savoir et du pouvoir
Avec l’institutionnalisation de la politologie le politologue « devient une figure régulmière de l’espace médiatique » en Ukrain et en russie car il est nécessaire « pour commenter l’actualité politique ». Leur présence s’intensifie avec l’essor des nouveaux médias, notamment Telegram et les réseaux sociaux, qui renforcent leur visibilité et leur influence. Certains apparaissent comme des relais du pouvoir, d’autres comme des voix critiques de la société, brouillant parfois la frontière entre expertise scientifique et engagement idéologique.
L’étude de cette évolution est aujourd’hui rendue plus complexe par la guerre, qui empêche les recherches de terrain en Russie et en Ukraine. Pour contourner ces obstacles, l’analyse repose sur des bases de données biographiques permettant de suivre les trajectoires des politologues et leurs divisions internes. Mais le conflit de 2022 ouvre aussi une nouvelle phase : celle de l’exil de nombreux chercheurs russes et ukrainiens, un phénomène qui pourrait avoir « profondément modifié la discipline » en transformant durablement les conditions de production du savoir politique dans l’espace post-soviétique.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L’équipe continuera à analyser les points saillants.

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