Rebond de soulagement en Europe pour saluer la trêve entre les USA et l'Iran
8 avril 2026Reuters.com
8 avril 2026« Il est peut-être temps de se désensibiliser massivement de notre dépendance au pétrole », suggère Stéphanie Villiers, économiste – franceinfo
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Un point rapide sur l'article « « Il est peut-être temps de se désensibiliser massivement de notre dépendance au pétrole », suggère Stéphanie Villiers, économiste – franceinfo » selon nos journalistes.
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Temps de lecture : 4min – vidéo : 25min
Stéphanie Villiers, économiste et conseillère économique au cabinet PWC France, était l’invitée du 11h/13h sur franceinfo, mercredi 8 avril.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
France Télévisions : On s’habitue à cette volatilité des cours du pétrole.
Stéphanie Villiers, économiste et conseillère économique au cabinet PWC France : On a vu qu’à partir du moment où on a annoncé le déblocage du détroit d’Ormuz pour 15 jours, tout de suite, les prix des matières premières énergétiques, pétrole et gaz, se sont mis à décrocher fortement. C’est plutôt une bonne nouvelle pour nos économies européennes, parce qu’on dépend clairement de ces importations. Après, il reste quand même cette incertitude. Est-ce que ça va bel et bien être maintenu, ce déblocage du détroit d’Ormuz ? Et est-ce qu’il peut durer ? Et va-t-on aller vers un commerce qui ressemblait à celui qu’on connaissait avant la guerre en Iran ?
Une baisse de 5 à 10 centimes par litre est attendue selon Olivier Gantois, président exécutif d’Ufip Énergies et Mobilités. Cela veut dire qu’il faut s’attendre effectivement à un retour à la normale assez rapidement ?
La normale, je ne pense pas, parce qu’on a eu des hausses plus importantes depuis le conflit iranien. On va se retrouver avec des niveaux de prix pour le pétrole qui restent, pour l’ensemble du carburant, plus élevés que les prix qu’on a connus avant la guerre en Iran. Il faudra du temps pour restabiliser parce que ce n’est pas qu’un niveau de prix de pétrole brut. Il faut voir le coût nécessaire à la raffinerie pour transformer ce pétrole en carburant qu’on a l’habitude d’utiliser, que ce soit le gazole ou l’essence. Et ces marges-là, ces prix-là ne vont pas baisser en réalité, ce qui laisse peu espérer une décrue massive du prix du carburant à la pompe. Il y aura certainement une bouffée d’oxygène qui permet de laisser penser que les carburants puissent baisser de 5 à 10 centimes. Mais de là à avoir un recul massif, ce n’est pas les 15 jours d’ouverture du détroit d’Ormuz qui permettent ce retour à la normale.
Il faut vraiment s’y habituer et que les automobilistes mettent en place une stratégie pour l’avenir, peut-être pour moins dépendre du carburant. On n’arrête pas de se dire que les conflits nous poussent à ça.
Aujourd’hui, au deuxième choc pétrolier en quatre ans d’intervalle, il est peut-être temps de se désensibiliser massivement de notre dépendance au pétrole. On n’a pas tellement de choix parce que beaucoup d’entreprises dépendent trop majoritairement des prix des matières fossiles totalement importées. Le gouvernement, aujourd’hui, on connaît ses marges de manœuvre, elles sont extrêmement faibles.
Les caisses sont vides, c’est ce qu’il répète.
On a bien essayé le bouclier tarifaire, on était un des seuls pays à le faire il y a trois ans, ça nous a coûté extrêmement cher et ça n’a pas permis d’éviter que la croissance fléchisse. Le bouclier tarifaire n’est pas la solution pour la croissance économique, on l’a vécu. Il y a certainement, dans l’urgence, des mesures ciblées à prendre, mais il faut s’attendre à des économies à faire sur d’autres postes de dépenses. On a quand même notamment les retraites qui sont indexés sur l’inflation, ça va être des dépenses supplémentaires pour l’État. Il faut peut-être aller rogner sur cette indexation qui, aujourd’hui, coûte trop cher. 7 milliards d’euros en 2024, c’est le montant de la revalorisation des pensions de retraite liées à l’inflation. Il y a là des marges de manœuvre si on veut récupérer quelques milliards d’euros.
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Source : www.franceinfo.fr
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