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8 avril 2026Analyse : Cette nouvelle fait l'objet d'une attention particulière de notre équipe éditoriale.
Nos rédacteurs mettent en avant les points clés de « Le porte-parole de Gérald Darmanin pointé du doigt après la garde à vue de Rima Hassan ».
Points clés à connaître
BASTIEN OHIER / Hans Lucas via AFP
Rima Hassan lors de sa conférence de presse le 3 avril à Paris.
Quel rôle exact a joué Sacha Straub-Kahn dans la garde à vue de Rima Hassan ? Jeudi 2 avril, la députée européenne de La France insoumise était entendue dans les locaux de la police judiciaire à Paris pour apologie du terrorisme. En cause : un tweet publié quelques jours plus tôt dans lequel elle reprenait une citation du terroriste japonais Kōzō Okamoto, auteur d’une tuerie en Israël en 1972.
Tout au long de son audition, qui a duré plusieurs heures, la presse en a relayé le contenu, avec parfois des éléments extrêmement précis. Ainsi, à 12h30, soit peu de temps après l’arrivée de Rima Hassan face aux enquêteurs, Le Parisien révélait son placement en garde à vue. Quelques heures plus tard, on apprenait, dans le même quotidien, que de la drogue de synthèse avait été retrouvée dans son baise-en-ville. D’autres médias, proches de la galaxie Bolloré, ont également participé à cette course à l’échalotte en livrant des informations en temps réel sur la garde à vue de la députée européenne.
Ce mercredi 8 avril, Le Canard enchaîné dévoile les coulisses de ces fuites, normalement interdites puisque faisant partie du secret de l’instruction. Le porte-parole du ministère de la Justice Sacha Straub-Kahn aurait échangé en direct avec de nombreux journalistes. Ce proche de Gérald Darmanin aurait ainsi « discuté avec eux du contenu de la garde à vue », affime le palmipède. Ce que l’intéressé dément, jurant n’avoir fait que répondre aux questions « juridiques » portant sur l’immunité parlementaire de Rima Hassan.
Le parquet a dû saisir l’IGPN, la police des polices, le 3 avril, pour tenter de remonter le fil de ces fuites. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez venait, quelques instants plus tôt, de taper du poing sur la table dans la matinale de BFM, expliquant : « Je regrette qu’il y ait eu des fuites avant que le parquet s’exprime. Il n’y a que le parquet qui peut s’exprimer sur ces sujets ».
Un profil et des doutes
Les révélations du Canard enchaîné indignent Rima Hassan, qui parle dans un tweet de « scandale d’État ». « Gérald Darmanin doit rendre des comptes », interpelle la présidente du groupe de La France insoumise à l’Assemblée Mathilde Panot. Pour son collègue Ugo Bernalicis, « si ces faits se confirment, nous sommes face à quelque chose de gravissime ». « Le pouvoir exécutif utiliserait ses relais au sein du ministère de la Justice pour organiser des fuites en temps réel, orienter le récit médiatique et salir une opposante politique », regrette-t-il, à l’unisson de plusieurs responsables LFI, dont Jean-Luc Mélenchon ou le président de la Commission des finances, Éric Coquerel.
Ce dernier juge que que Sacha Straub-Kahn devrait « démissionner » à la suite des révélations du Canard enchapiné. Mais avant, « il conviendrait de savoir s’il obéissait ainsi à celui dont il porte la parole », à savoir Gérald Darmanin. Si tel est le cas, poursuit le député LFI, « c’est aussi ce dernier qui devrait démissionner ». Le profil de Sacha Straub-Kahn est aussi plus largement en question. Cet ancien proche de Nicolas Sarkozy a déjà fait parler de lui dans le cadre de ses fonctions, allant par exemple jusqu’à s’attaquer à ceux qui oseraient critiquer la décision de Gérald Darmanin de rendre visite en prison à l’ancien Président. Quand Nicolas Sarkozy était incarcéré en octobre dernier, Sacha Straub-Kahn s’en était pris sur X au juge Éric Halphen, qui s’inquiétait pour « l’indépendance des magistrats ».
« N’hésitez pas à faire preuve de la mesure qui accompagne le devoir de réserve et de neutralité des magistrats », lui avait froidement répondu le porte-parole de la chacellerie. Pour de nombreux avocats, ce message cachait mal une « menace à peine voilée » portée contre un magistrat. Lors de la campagne pour la primaire de la droite en 2016, alors community manager de Nicolas Sarkozy, il s’était fait remarquer en raillant l’affiche d’Alain Juppé, la comparant à un faire part de décès. De quoi nourrir les interrogations sur l’exercice de ses missions au sein du ministère de la Justice.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : La rédaction reste attentive et continuera à observer les faits.

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