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9 avril 2026« Avant qu’il me mette le second soufflet, je lui ai mis une gifle réflexe » : le maire de Saint-Cyprien condamné
Analyse : Un rapide aperçu des faits pour mieux suivre cette actualité.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « « Avant qu’il me mette le second soufflet, je lui ai mis une gifle réflexe » : le maire de Saint-Cyprien condamné ».
Les éléments principaux
Thiery Del Poso était jugé devant le tribunal correctionnel de Perpignan ce jeudi 9 avril 2026 pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique sans ITT » sur un ancien opposant politique, aujourd’hui décédé. L’élu a invoqué la légitime défense qui n’a pas été retenue et a été condamné à trois mois de prison avec sursis.
De la « pichenette » au « soufflet » un peu suranné, toute la sémantique y est passée ce jeudi au tribunal correctionnel de Perpignan. Pour parler de l’affaire de cette « gifle » que le maire de Saint-Cyprien Thierry Del Poso est accusé d’avoir donnée, voilà 10 ans maintenant, à un ancien conseiller municipal d’opposition Jean Jouandet.
Le 8 juillet 2016, comme d’habitude à cette époque, la séance du conseil municipal est assez houleuse. À l’ordre du jour est notamment inscrite la vente par la commune d’œuvres d’art (acquises dans le cadre de malversations par l’ancien maire Jacques Bouille qui s’est suicidé en prison en mai 2009 NDLR). Jean Jouandet, 78 ans, ancien préfet et ancien trésorier-payeur général, estime la mise à prix trop basse. Il entend bien faire des observations. Et ce d’autant qu’il mène « une véritable guérilla pour la probité publique » et vient tout juste d’obtenir de la justice l’annulation de la délibération sur la vente du camping Al Fourty. Parmi les 23 procédures administratives et 7 pénales qu’il a engagées concernant la gestion de la majorité. Thierry Del Poso demande à abréger et passe directement au vote. Fin du débat démocratique. Une trentaine de personnes n’ont pas encore quitté les lieux quand les deux hommes se retrouvent face à face. Le maire est « furibond » déclareront certains. Jean Jouandet (qui n’est plus là pour en témoigner) est « très très virulent » raconte Thierry Del Poso à la barre. Campé sur une seule et nouvelle ligne : « la légitime défense ».
« En 2009, quand je me suis présenté, je suis allé le chercher, il était adjoint aux finances. Au bout de 5 semaines, il est parti pour rentrer dans l’opposition. Il n’a pas aimé que je lui tienne tête. On a eu des combats de coqs, qui sont allés crescendo dans l’intensité, mais toujours courtois… », retrace le maire. Qui, ce soir-là, dérape. « Il m’a traité de menteur, m’a jeté des insultes et d’autres noms d’oiseaux, ll voulait en découdre physiquement, il était dans la provocation et n’a pas pris de gants. Il s’est collé devant moi. Il a pointé son doigt sur ma joue. Et il m’a mis un soufflet, comme à un gamin, Et avant qu’il me mette le second, je lui ai mis une gifle réflexe. Mesurée. » Le coup brise la prothèse auditive du septuagénaire qui, désorienté, est raccompagné par un élu. Peu après, son état se dégrade. Aucun jour d’ITT n’est pourtant retenu par la justice.
« On ne parle pas comme ça à son maire »
« C’est un réalité malheureux qui me pourrit la vie depuis. Un geste que je regrette car j’aurais aimé ne pas être obligé d’en arriver là. Mais c’est le fruit de la violence verbale et procédurale de monsieur Jouandet. On ne parle comme ça à son maire », poursuit Thierry Del Poso. « Je n’en suis pas fier. Après ça, j’ai fait une reconversion comme médiateur dans le but de mieux gérer le conflit. «
« Y avait-il une menace réelle d’atteinte à votre intégrité physique ? »; interroge le président, non sans avoir rappelé que l’élu affiche une ceinture noire de judo face à un homme âgé, souffrant de sérieux problèmes cardiaques, sans compter deux prothèses de hanches. « J’avais peur qu’il s’agrippe à moi et qu’il me jette à terre. Que ça aille plus loin. Mais je ne lui ai pas mis un coup de poing ou un coup de tête », justifie le maire. « N’y avait-il pas d’autres solutions possibles ? » insiste le président. « Vous savez, ça va très vite. C’est pif et puis paf. »
« J’espère que lorsqu’il apportera des conseils en tant que médiateur il fournira une autre réponse que pif paf », ironise la procureure. Elle prévient, la justice n’est pas là pour arbitrer les vieilles « animosités politiques ». Mais elle écarte d’emblée la légitime défense et réclame une peine de 4 mois avec sursis. Le tribunal est du même avis. la remarque de Thierry Del Poso « n’était ni proportionnée, ni nécessaire« , avec la circonstance aggravante qu’elle provient d’un élu. Il prononce une peine de trois mois de prison avec sursis. La toute première inscrite au casier vierge du maire de Saint-Cyprien.
« Quand il reçoit la gifle il est maire, mais quand il en donne une, il ne l’est plus ! »
Les échanges, bien que dans la bienséance, ont été quelque peu aiguisés de chaque côté de la barre. D’une part, Me Raymond Escalé, plaidant la légitime défense au nom du maire de Saint-Cyprien, dénonce « une attaque injustifiée ». » La réalité de ce dossier est qu’un maire a été agressé, insulté par un élu de la République et tout le monde s’en moque. Du haut des 78 ans, monsieur Jouandet a eu un comportement assez énergique, injurieux et provocant envers monsieur Del Poso. Quand il vient l’invectiver, il hurle et personne ne bouge. Thierry Del Poso est seul et il doit réagir en quelques secondes. La médiation, avec un homme en furie, ça ne marche pas. Il a eu une réponse proportionnée pour mettre un terme à cette escalade physique et verbale. Et à l’issue du conseil municipal, on n’est plus dans le débat démocratique, ce n’est plus l’élu à ce moment-là. S’il avait été agressé à une pompe à essence et s’il avait riposté, est-ce que qu’il est maire ? »
« Donc, quand il reçoit la gifle il est maire, mais quand il en donne une, il n’est plus maire ! », riposte Me Stéphane Fernandez, l’avocat de la veuve de Jean Jouandet. Dénonçant « une procédure de connivence ». « L’ordonnance de renvoi ne prend aucunement en compte le contexte politique de cette affaire, ni les rétractations soudaines d’une grande partie des témoins, ni le caractère vulnérable et les conséquences pour Jean Jouandet, un homme avec une carrière exemplaire de grand commis de l’État français derrière lui, qui est décédé quatre mois après les faits. Ce dossier est symptomatique de la difficulté de juger les personnalités politiques sur leur territoire. »
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Une information à suivre dans les jours à venir.

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