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9 avril 2026Analyse : Un regard rapide de nos rédacteurs sur cette information.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « les free parties menacées de « criminalisation » ».
Ce qu’il faut observer
Les rave party ou free parties, sont menacés de « criminalisation ». Un texte qui doit être débattu à l’Assemblée nationale, prévoit une peine de six mois de prison et 5.000 euros d’amende pour sanctionner « le action de contribuer de manière directe ou indirecte à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement » d’une free party non déclarée ou interdite. « C’est complètement aberrant et disproportionné », regrette sur RMC un DJ et acteur du mouvement depuis 15 ans.
Les députés débattent ce jeudi 9 avril d’un texte visant à durcir l’arsenal juridique contre les free parties (ou rave-party) accusées de multiples nuisances. Nombre d’acteurs dénoncent eux une approche sécuritaire contre des rassemblements présentés comme des modèles de contre-culture.
Tigné, petit village de 700 habitants au milieu des vignes au sud d’Angers. Depuis 5 ans, des centaines de teufeurs ont pris l’habitude de venir régulièrement sur un terrain privé. Au grand dam du maire de la commune Médérick Thomas. « Nous avons eu cinq rave-party de 300 à 15.000 teufeurs. On est très proche d’un village, avec la butte, le son s’amplifie. Ca arrive le soir vers 21h, ils installent le mur et ça fait boom-boom tout le week-end. Il n ‘y a pas de gros débordements mais du stress permanent », explique l’élu au micro de RMC.
« Nous, on fait une fête chez nous, on dépasse 2h du matin, on a la gendarmerie… Là, le nombre fait que c’est plus compliqué », regrette le maire, qui ne veut pas toutefois accabler les forces de l’ordre. « Ils n’ont pas les moyens de faire mieux. Je ne suis pas contre les festivals », cite-il en exemple mais les free parties, « il faut que ce soit encadré. »
Une rave-party polémique dans l’Aude après le méga-feu
Des exemples comme celui-ci il y en a des dizaines un peu partout sur le territoire. Pas plus tard que le week-end dernier dans les Landes, 2.000 teufeurs se sont réunis illégalement. Autre rave qui a marqué l’opinion publique : les 2.500 fêtards qui s’étaient retrouvés dans l’Aude en septembre dernier quelques jours seulement après les incendies historiques qui avaient ravagés 16.000 hectares.
Face à ces débordements, une loi est donc débattue ce jeudi à l’Assemblée nationale. Elle prévoit deux choses principalement. Déjà la création d’un délit de participation à une rave party. Jusqu’à présent les forces de l’ordre devaient trouver un motif annexe: consommation de stupéfiants, conduite en état d’ivresse. Désormais le seul fait de participer à un développement festif illégal vous exposerait à une amende de 1.500 euros.
Deuxième mesure : toute personne qui aidera à l’installation ou amènera du matériel sera considéré comme participant à l’organisation et risquera jusqu’à six mois de prison.
La députée Horizons du Maine-et-Loire Laetitia Saint-Paul, est la rapporteuse de cette loi: « Dans ma circonscription, il y a une à deux rave party illégales par an et elles ont fait disjoncter mes concitoyens. La ruralité mérite le respect, 87% de ces événements ont lieu en milieu rural. Le risque encouru pour les organisateurs est tellement ridicule qu’ils n’ont pas du tout intérêt à entendre la voix des victimes. Il va falloir nous entendre parce qu’ils risquent désormais une peine de prison », fait-elle valoir auprès de RMC.
Les opposants plaident pour de la concertation
Les opposants à cette proposition dénoncent une criminalisation de la fête. Eric Labbé est DJ, militant, il a écrit une tribune parue dans Libération contre ce projet de loi: « Dans l’histoire de ces mouvements on sait que les seuls moments ou ça s’est plutôt bien passé c’est quand on a fait de la concertation et pas de la pénalisation. Quand on chasse ces événements d’un lieu à l’autre pendant tout un week-end, ça finit par mal se passer. Quand on met au contraire de la concertation et qu’on met tout le monde autour d’une table, trouver des emplacements satisfaisants loin des habitations c’est toujours possible il y en a dans tous les départements. »
« Une politique qui criminalise et réprime aussi violemment la fête libre, ce n’est pas de la sécurité, c’est de l’autoritarisme », ont déploré dans Télérama les signataires d’une tribune, dont l’association Technopol (pour la défense des musiques électroniques). « Pousser la fête encore davantage dans la clandestinité aggrave exactement ce que l’on prétend combattre », font-ils valoir. « Les associations de réduction des risques perdent l’accès au terrain. Les participants n’appellent plus les secours. Les organisateurs ne peuvent plus coopérer avec les autorités. »
De la concertation voulue également par les élus locaux. Certains réclament, par ailleurs, des aides pour les communes touchées critiquant en creux un projet uniquement sécuritaire. Pour Eric Labbé c’est tout un pan de la culture française qui est attaqué en instaurant un deux poids deux mesures.
« De la bonne et de la mauvaise musique électronique », regrette Eric Labbé, DJ militant
« Mouvement libertaire, zone de détente »
« On fait comme si d’un côté il y avait la bonne musique électronique celle à qui on remet des médailles et qui fait la gloire de la France au niveau mondial et de l’autre une mauvaise musique électronique qui serait dans les champs et qui serait tenu par des sauvages. La plupart des gens qui jouent aujourd’hui dans des festivals ont commencé dans des free parties. Il faut arrêter de l’oublier », rappelle-t-il auprès de RMC. D’ailleurs plusieurs grands noms de la scène française comme Laurent Garnier ou encore Pedro Winter ont signé cette tribune.
« C’est complètement aberrant et disproportionné! Je suis DJ et acteur du mouvement depuis 15 ans. C’est un mouvement libertaire qui apporte énormément de plaisir aux gens, c’est une zone de détente », assure sur RMC Ludovic, 40 ans. Celui-ci l’assure, même si les agriculteurs donnent l’autorisation, les forces de l’ordre viendront faire de la répression. Car, selon lui, le concept même de rave-party est retoqué en préfecture. « Si par contre c’est un bal de village, la préfecture dit oui », regrette l’intéressé ». « La seule solution qu’on a eue, c’est la répression. »
Source : rmc.bfmtv.com
Conclusion : Un suivi attentif permettra de compléter notre point de vue.

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